miroirs-LE PEINTRE TITIEN
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Titien Tiziano Vecellio
Peintre italien (Pieve di Cadore, Belluno, v. 1488-1489 - Venise 1576).
Radioscopie de la Venus de Titien, en cliquant ici
Titien, qui va pendant plus d'un demi-siècle et pratiquement sans partage, dominer la peinture à Venise, arrive fort jeune dans la cité. À partir de 1508, l'activité du jeune homme est étayée par des sources : il travaille pour Giorgione et participe avec lui à la décoration du Fondaco dei Tedeschi, sur le Grand Canal ; il peint à fresque la façade donnant sur la Merceria, décor aujourd'hui ruiné, dont l'Académie de Venise conserve quelques débris de frise.

Les trois fresques peintes en 1511 à la Scuola del Santo à Padoue sont ses premières œuvres importantes. Elles témoignent d'un souci naturaliste avec des figures solidement campées et une grande attention portée au paysage (Le Musée du nouveau-né,Le Mari jaloux et Saint Antoine guérit un jeune homme).
En 1516, Titien est honoré par une première commande religieuse importante avec l'immense et grandiose retable de l'Assomption de la Vierge, peint à l'huile sur panneau, inauguré en 1518 (Venise, Frari), dont l'audace colorée et la fougue suscitent l'enthousiasme.
Le classicisme continue cependant de marquer de nombreuses compositions religieuses, des portraits, souvent à mi-corps et d'une souveraine beauté (Flore, Florence, palais Pitti) et des scènes mythologiques, dont la toile aujourd'hui nommée L'Amour sacré, l'Amour profane (v. 1515, Rome, galerie Borghèse) est un des sommets : nourrie par le climat humaniste, cette composition en longueur présente deux jeunes femmes assises devant un sarcophage, la beauté nue symbolisant l'amour céleste, la beauté parée, l'amour profane.

Plus tardives sont les trois bacchanales peintes pour le cabinet du duc Alfonse d'Este à Ferrare, dont l'élégante scène de Bacchus et Ariane (1523, Londres, National Gallery).

Le portraitiste des puissants
Titien, déjà célèbre par ses commandes, est lié avec l'Arétin humaniste et pamphlétaire, qui chante ses louanges et dont, à diverses reprises, il fera le portrait (Portrait de l'Arétin, 1545 ?, Florence, palais Pitti).
En courtisan accompli, Titien sait plaire et transfigurer ses puissants commanditaires à travers l'innombrable galerie de portraits qu'il a laissés : François I er (1538, Paris, musée du Louvre), Charles Quint assis (1548, Madrid, Prado), Alphonse d'Avalos haraguant ses soldats (1540-1541, Madrid, Prado), Le Pape Paul III et ses neveux (1546, Naples, Capodimonte)...
Titien a également exécuté de nombreux Autoportraits (v. 1562 ?, musée de Berlin ; v. 1567, Madrid, Prado). On lui doit aussi, à la fin de sa vie, le saisissant portrait de l'antiquaire Jacopo Strada (1567-1568, Vienne, Kunsthistorisches Museum). Un maniérisme tempéré marque certaines œuvres, la Vénus d'Urbino (1538, Florence, Offices), le plafond peint pour l'église San Spirito in Isola (1542-1544, Venise, Santa Maria della Salute), des portraits (L'Impératrice Isabelle de Portugal, 1548, Madrid, Prado).

L'" impressionniste magique "
Les vingt dernières années de la vie de Titien sont marquées par une activité prodigieuse, tant dans la peinture religieuse que dans les scènes mythologiques. Sa manière se fait sombre et prend des accents visionnaires dans Le Martyre de saint Laurent (1559, Venise, Gesuiti).
La peinture, désormais, semble se diluer et se fondre dans les nombreuses scènes mythologiques, Vénus et Adonis, par exemple, illustrant les Métamorphoses d'Ovide (New York, Metropolitan Museum of Art). Les empâtements deviennent plus puissants (Tarquin et Lucrèce, v. 1570, Vienne, Academie der Bildenden Künste), les tons sourds marquent l'atmosphère romantique de Nymphe et Berger (v. 1570-1576, Vienne, Kunsthistorisches Museum).


Tiziano Vecellio, dit Le Titien (1488/90-1576), acteur indiscutable de la scène artistique européenne du XVIe siècle, est réputé pour les portraits qu'on lui commande de toute l'Italie, puis de l'Europe entière. Ses portraits, que l'on peut qualifier «d'officiels » ou « d'État » ne se contentent plus seulement de capturer la physionomie et le maintien de l'individu mais reflètent désormais son statut social: au-delà de la simple représentation, ses portraits formalisent et pérennisent la place occupée par le modèle dans la société.
Grâce à cela, il reçut d'importantes commandes, notamment des ducs de Ferrare, de Mantoue et d'Urbino, et des familles Gonzague, d'Este et della Rovere. Puis l'empereur Charles Quint le nomma premier peintre de la cour des Habsourg.

Titien parvint à l’acmé de son succès lorsque l’empereur Charles Quint, qui en fit son portraitiste officiel, l’éleva au rang de premier peintre de la cour des Habsbourg, mécénat que poursuivit le fils du souverain, Philippe II, durant les années de maturité de l’artiste vénitien.

Parallèlement à cette production officielle, on note toutefois, au cours de l’évolution du langage titianesque, une autre propension du maître qui se penche avec plaisir sur les « mouvements de l’âme » de ses personnages dont il épie les attitudes et les sensations, en plongeant au coeur de leurs émotions les plus intimes.
Ces effigies, ce sont celles de ses 3 amis et des membres de sa famille, celles des littérateurs, des humanistes et des poètes de l’effervescent milieu culturel vénitien, dont Titien fut lui-même l’un des animateurs car son atelier situé aux Biri Grande était fort fréquenté. Naissent ainsi les portraits fortement caractérisés et « vivants » de l’Arétin, de Pietro Bembo, d’Anselmi, pour ne citer que les plus connus.

Parallèlement aux portraits de ces hommes illustres, Titien peint également celui de nombreux anonymes et aristocrates, souvent définis par un attribut particulier qui permet au peintre d’éveiller l’attention de l’observateur et de l’impliquer dans la scène. Un autre heureux expédient souvent adopté par Titien, consiste à figurer son modèle en pleine action, de manière à saisir une expression cachée, une réaction intime, un mouvement intérieur du psychisme.

Interprète intelligent et éclectique d’une époque qu’il a profondément vécue et incarnée, Titien élargit encore le champ de ses intérêts et se tourne vers une autre couche de la société non moins puissante que l’aristocratie : la riche bourgeoisie des villes dont Lorenzo Lotto fut certes le meilleur interprète, même s’il n’est pas le seul.






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