La vie de Rubens est une véritable épopée. Les plus grandes cours européennes de l’époque firent appel à son talent et le peintre produisit une œuvre tellement considérable qu’elle vient à peine d’être recensée dans son intégralité…
Fils d'un échevin d'Anvers ayant pris fait et cause pour la Réforme, il se trouve contraint à l'exil à Cologne.
Il travaille ensuit à Anvers avant d’effectuer en 1600 le traditionnel voyage en Italie, où il s’enthousiasme pour l’art de Titien.

Il est de retour à Anvers en 1608 et ses grandes toiles religieuses l’imposent très vite comme le chef de file de l’école baroque flamande.
Les meilleurs peintres su moment vont travailler dans son atelier et l’aident à réaliser ses grands cycles religieux, qui émerveillent l’Europe entière.
Un malheur le frappe en 1626 Isabelle Brant, sa femme, meurt. À partir de 1627, il va de nouveau jouer le rôle d'ambassadeur, cette fois pour rapprocher les Provinces-Unies de l'Angleterre et de l'Espagne. Il séjourne dans ces deux pays (en Espagne, il rencontre Velásquez et sera anobli par Philippe IV).
En 1630, sa mission terminée, couvert d'honneurs, il regagne Anvers, où il épouse Hélène Fourment, âgée de seize ans. Rubens, à 53 ans, renoue avec le bonheur (La Promenade). Follement amoureux, il ne cesse de représenter
sa femme, nue,
à demi vêtue, vêtue (Hélène Fourment au carrosse, 1639, Louvre), avec lui, avec ses enfants (Hélène Fourment et ses enfants, v. 1636-1637, Louvre).
Il s'adonne à la peinture du corps féminin épanoui et moelleux, celle de la carnation. Son coloris est d'un éclat transparent. (" Il peint avec du sang. ") Sa peinture est devenue plus fluide,
passant de la sensualité à la volupté.
Plusieurs influences caractérisent sa peinture et enrichissent sa nature flamande, débordante de vitalité. Sa renommée lui vaut la commande, par Marie de Médicis, de 24 toiles, destinées à son palais du Luxembourg et illustrant la vie de la reine de France (1621-1625, Paris, musée du Louvre).
Il est passé maître dans l'art de l'illusion par la suggestion visuelle et tactile. Sa peinture se débride. La sensualité s'associe à la violence, dans de vives étreintes. La toile est en proie
à une orgie de mouvements.“ Homère de la peinture ”, comme le surnommait Delacroix, il s’éteindra anobli et couvert de gloire dans sa somptueuse demeure d’Anvers.