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Il s’appelait Guy Môquet, il avait 17 ans
FILS D'UN DEPUTE COMMUNISTE Emprisonné pour avoir diffusé les idées communistes, fils du député communiste Prosper Môquet, il fit partie des otages choisis par le ministre de l’Intérieur de Pétain,Pierre Pucheu, et fusillés par les nazis à Châteaubriant. La station Guy-Môquet est sur la ligne 13 du métro, celle qui va à Saint-Denis et au siège du journal. Sur l’un des quais il y a une sorte de petite cabane vitrée.
Dedans, la photo de Guy Môquet, celle de ses parents et la lettre. Cette lettre-là. Combien de gens, se disait-on souvent, passeront sans la voir, sans la lire. Combien de jeunes gens, filles et garçons, ne sauront même pas qu’il avait leur âge quand il a été fusillé par les nazis, à Châteaubriant, près de Nantes, le 22 octobre 1941, dans la carrière de la Sablière.
Pourquoi faut-il maintenant que revienne avec insistance ce vers de Rimbaud : « On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. » Guy Môquet habitait avec sa mère à deux rues de la station. Rue Baron, dans ce 17e arrondissement dont son père était le député.
L'ANNEE 1936 1936. Il a douze ans. Prosper Môquet est cheminot, militant syndical. C’est le candidat du Parti communiste. Au second tour, il est élu député des Épinettes. Quelque temps après, on va danser dans les usines occupées. Des millions de salariés sont en grève. Jusqu’aux femmes de chambre dans les beaux hôtels de Paris. C’est le Front populaire et la vie est à eux. On imagine sans mal de quoi l’on peut parler dans la famille Môquet, chez les amis, les voisins. Le tout jeune homme est fier de son père. Torturé après son arrestation, à peine trois ans plus tard, il aurait répondu à ceux qui l’interrogent, les policiers français qui lui demandent les noms des amis de son père : « Ce sont tous les braves gens qui l’ont élu en 1936. » La réponse à de l’allure. Guy Môquet aime les belles phrases et s’essaye, maladroitement il faut bien le dire, à la poésie. C’est en alexandrins qu’il écrira au président Édouard Herriot pour demander la libération de son père :
« Monsieur le Président, je suis l’un des enfants d’un de ces députés Qui sont tous en prison, aujourd’hui enfermés »...
MIEUX VAUT HITLER QUE LE FRONT POPULAIRE Car les vociférations de Hitler sont devenues des actes. Les prières d’une partie de la grande bourgeoisie : « Mieux vaut Hitler que le Front populaire » vont bientôt être exaucées. La signature du pacte germano-soviétique va lui donner le prétexte qu’elle attend pour interdire le Parti communiste, interdire l’Humanité. Dès le 4 septembre 1939, des peines de prison de trois à quinze mois vont punir les militants communistes qui distribuent l’Huma devenue clandestine ou des tracts. Le 10 octobre 1939, Prosper Môquet, qui est venu voir sa femme et ses enfants en Normandie où ils se sont réfugiés, est arrêté. Il sera incarcéré avec les autres députés communistes qui n’ont rien renié ou abjuré au bagne de Maison-Carrée, en Algérie. En mars 1940, plus de trois mille militants communistes et syndicalistes sont emprisonnés.
LE TEMPS DE LA HAINE C’est le temps de la haine. Un journal, Gringoire, demande : « Le poteau pour les traîtres communistes. » Le 4 avril, le décret Sérol, du nom du ministre socialiste qui le signe, instaure même la possibilité de la peine de mort pour propagande communiste. Guy a réagi avec panache, ce qui semble être son caractère, à l’arrestation de son père. Avec le sens du devoir aussi peut-être, le sentiment de devenir un homme, sans doute. Il quitte sa mère et revient à Paris : « Papa est arrêté, dit-il, je dois le remplacer. » Dans le 17e arrondissement, il organise les Jeunesses communistes clandestines. À vélo, ils lancent des tracts à la volée. Ils inscrivent la nuit sur les murs :
« Libérez les emprisonnés ».
LE TEMPS DE L'HONNEUR Guy rend compte à la direction du mouvement de l’activité de son secteur : « Tous les soirs en moyenne, trois à quatre cents papillons sont collés, les inscriptions à la craie sont en nombre indéfini. » Et un peu plus loin : « Trois de nos meilleurs camarades se sont fait arrêter et sont maintenant à la Santé, ce sont Planquet, Simon et Bersilli. » Le 13 octobre de cette année 1940, c’est son tour, gare de l’Est. La France, depuis le mois de mai, est occupée par les nazis. La police française, aux ordres désormais du gouvernement de collaboration de Vichy et de Pétain, arrête les communistes français. Guy Môquet est interné à la Santé, puis à Fresnes. Jugé en janvier 1941, il est théoriquement acquitté, sans doute en raison de son âge, mais pratiquement maintenu en détention à Clairvaux, d’abord, puis au camp de Châteaubriant, dans la région de Nantes.
Le 21 août 1941, au métro Barbès-Rochechouart, celui qui deviendra le Colonel Fabien a tiré sur un officier allemand. C’est le premier acte en France de résistance armée. Le 20 octobre à Nantes, le lieutenant-colonel Holtz, commandant de la place, est abattu. À Paris, le général Stülpnagel ordonne de fusiller cinquante otages. Ce n’est pas la première fois que les nazis exécutent des patriotes. À Rouen, en juillet 1940, Étienne Achavanne a été exécuté après un sabotage. Le 23 décembre 1940, Jacques Bonsergent, dont une station de métro porte aussi le nom, est également exécuté.
Mais il s’agit maintenant de représailles de masse. De masse, mais pas aveugles.
L'ARRESTATION Le 21 octobre, le chef du bureau du sous-préfet de Châteaubriant part pour Paris avec un dossier de 200 noms. Pierre Pucheu, ministre de l’Intérieur de Pétain, va choisir 27 noms. Les autres seront choisis dans d’autres lieux de détention. Mais qui est Pierre Pucheu ? Administrateur des fonderies de Pont-à-Mousson, des aciéries de Micheville, fondateur du Cartel international de l’acier, il est l’un des plus éminents représentants de ce qu’on appelait alors le Comité des forges et de cette bourgeoisie qui, après le triomphe de Hitler, entend prendre sa revanche sur le Front populaire. Pucheu, donc, choisit. Politiquement.
Charles Michels, secrétaire général des cuirs et peaux CGT ; Jean-Pierre Timbaud, dirigeant de la métallurgie CGT ; Jean Poulmarch, dirigeant du syndicat des produits chimiques CGT ; Jules Vercruysses, dirigeant du textile CGT ; Désiré Granet, dirigeant du papier-carton CGT ; Jean Grandel, secrétaire de la fédération postale CGT... Les autres sont professeurs, étudiants, ouvriers. Presque tous sont communistes et nombre d’entre eux sont des élus. Charles Michels est député de Paris, Granet est adjoint à Vitry, Grandel est maire de Gennevilliers.
DIX SEPT ANS Guy Môquet, dix-sept ans, est le fils du député communiste de Paris Prosper Môquet. Pucheu choisit. Louis Aragon a raconté les dernières heures des otages. Guy a écrit sur les planches de son baraquement : « Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les vingt-sept qui allons mourir. »
Quelques jours après, une lettre que lui adressée son père depuis le bagne d’Algérie lui revient. Elle porte simplement le cachet : « Retour à l’envoyeur ». Après guerre, la valise en carton bouilli de Guy reviendra à sa mère. Une chemise, un pull, une casquette à chevrons, une autre en toile. La valise est fermée par un bout de ficelle.
Le 22 octobre dans la carrière de la Sablière, il faisait beau à n’y pas croire. À quoi Guy pensait-il avant de s’évanouir ? Au ciel bleu, à ses parents, à Odette, rencontrée au camp et au baiser d’amour qu’elle lui avait promis ? Lui qui aimait la poésie, connaissait-il les vers de Rimbaud ?
« Vous êtes amoureux, loué jusqu’au mois d’août
Vous êtes amoureux, vos sonnets la font rire
Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût
Puis l’adorée un soir a daigné vous écrire !
Ce soir-là... vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade...
On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans
Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade. »
Maurice Ulrich, L'Humanité
La dernière lettre de Guy Mocquet Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean.
J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime
Guy
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La réponse de la Kommandantur à Guy Môquet
A l’attention de M. Môquet, Guy
aux bons soins du directeur du camp de Châteaubriand (Loire-Inférieure).
Nantes, le 30 octobre 1941
Cher Monsieur,
Veuillez trouver ci-joint votre lettre du 21 courant que nous vous retournons pour les motifs suivants :
Vous n’êtes pas sans savoir que votre père est interné à Alger pour propagande bolchevique, or votre courrier accuse un défaut d’affranchissement qui ne lui permet pas d’être acheminé hors métropole.
Votre mère étant sur le point d’être déportée à Ravensbrück, l’envoi de lettres et colis n’est plus du ressort des services des P&T mais doit se faire par l’intermédiaire de la Croix Rouge.
En conséquence, et afin d’éviter d’inutiles encombrements en ces temps de pénurie, vos affaires ont été remises à l’Association des Orphelins de la Division Gross Deutschland qui vous remercie pour votre don.
Veuillez, agréer, cher Monsieur, l’expression de notre considération distinguée.
Et l’on dira que les Allemands n’étaient pas corrects...
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Ils sont morts avec lui
Les 26 hommes qui sont tombés à ses côtés sous les balles du peloton d’exécution étaient tous communistes sauf un, élus, responsables et syndicalistes. Leurs portraits et leurs derniers mots.
- Charles Michels, trente-neuf ans, secrétaire de la fédération CGT des cuirs et peaux, député du Front populaire. Il écrit à sa femme : « Fais de nos filles de braves petites femmes et qu’elles se souviennent que leur père s’efforça toujours d’être un honnête homme et qu’il fit le plus qu’il put pour que les travailleurs aient une vie meilleure. Cela viendra... »
- Jean-Pierre Timbaud, trente et un ans, secrétaire du syndicat CGT des métaux de la région parisienne. Il meurt en criant : « Vive le Parti communiste allemand. » Sa dernière lettre : « Toute ma vie, j’ai combattu pour une - humanité meilleure. »
- Jean Poulmarch, trente et un ans, secrétaire du syndicat CGT de la chimie de la région parisienne. Il écrit à sa femme : « Ton mari tombera la tête haute, le coeur solide, confiant dans l’avenir de bonheur qui régnera dans le monde. Vive le communisme ! Vive la France libre, forte et heureuse ! »
- Titus Bartoli, cinquante-huit ans, instituteur retraité de Digoin. Il répond à l’officier allemand qui annonce qu’ils sont désignés : « Les communistes ne capitulent jamais. » Et écrit dans sa dernière lettre : « Mon seul regret est de ne pouvoir vous embrasser tous avant mon grand départ pour toujours. »
- Henri Barthélemy, cinquante-huit ans, cheminot retraité, arrêté pour avoir diffusé l’Humanité clandestine. Il inscrit ces mots sur le mur : « Vive le Parti communiste ! Qui fera une France libre, forte et heureuse ! »
- Jules Vercruysse, quarante-huit ans, secrétaire de la fédération CGT du textile. II écrit sur les parois de la baraque : « Vive le Parti communiste ! Quelques moments avant de mourir, fusillé par les Allemands. Baisers à ma femme et à mon cher Michel » (son fils).
- David Émile, dix-neuf ans, mécanicien-dentiste, secrétaire des Jeunesse communistes de Nantes. « J’ai fait une paire de sabots à trèfle à quatre feuilles pour toi, chère maman ; et l’hydravion pour mon petit frère... »
- Claude Lalet, vingt et un ans, étudiant parisien, arrêté au début de 1941, lors d’une manifestation contre l’occupant. À sa femme et à sa mère : « Je sais qu’il faut serrer les dents. La vie était si belle ; mais gardons, oui gardons nos rires et nos chants... »
- Désiré Granet, trente-sept ans, secrétaire de la fédération CGT du papier-carton. À sa femme : « Comme tu me l’as demandé, je suis courageux et je n’ai pas peur de la mort. Aime bien notre petit comme je l’aimais, fais-en un homme courageux et honnête. »
- Maurice Gardette, artisan tourneur, soixante-six ans, conseiller municipal de Paris, arrêté en 1939. Il écrit à sa famille : « Arrêté le 19 décembre 1939 comme agent de l’Allemagne, c’est en bon Français que je m’apprête à mourir pour la Liberté. » Il écrit sur le mur : « Je meurs courageux et plein de foi révolutionnaire. »
- Charles Delavacquerie, vingt ans, imprimeur de Montreuil, arrêté en décembre 1940 pour résistance contre l’occupant. « On va venir me chercher pour me fusiller, avec des amis, nous pauvres fils d’ouvriers qui ne demandions qu’à vivre et avions l’espérance, écrit-il à son père. Vivent les Soviets ! vive l’URSS ! »
- Jean Grandel, cinquante ans, secrétaire de la Fédération postale CGT, maire de Gennevilliers, conseiller général. « Pour vous deux, mes chéris, avec mes tendres bises, je vous lègue mon courage en héritage. » Il grave sur le mur : « Nous vaincrons quand même. »
- Henri Pourchasse, trente-quatre ans, métallurgiste d’Ivry, emprisonné fin 1940 pour avoir reconstitué sa section syndicale CGT. Sa dernière lettre : « Je meurs pour mon idéal, mes petits, eux, le verront. Sois persuadée, ma chérie, que je mourrai tout à l’heure, courageusement, aux cris de Vive la France ! Vive le Parti communiste ! »
- Edmond Lefevre, trente-huit ans, métallurgiste, arrêté en octobre 1940.
- Julien Le Panse, trente-quatre ans, ouvrier du bâtiment, arrêté début 1941 pour reconstitution du syndicat CGT. « Je meurs pour mon parti et pour la France. »
-Jules Auffret, trente-neuf ans, dirigeant du PCF de la banlieue est, adjoint au maire de Bondy, conseiller général. « Adieu ! Adieu ! camarades, prenez courage ; nous serons vainqueurs. »
-Victor Renelle, ingénieur chimiste, arrêté fin 1940. « Tu te rappelleras : le 22 octobre, à 2 heures, l’après-midi. ma dernière pensée sera pour toi et elle m’aidera à franchir ce dernier pas », écrit-il à sa femme.
-Maurice Ténine, trente-quatre ans, docteur en médecine, conseiller municipal d’Antony. « Je vous avais toujours recommandé le courage, écrit-il dans sa dernière lettre. Il vous en faut désormais beaucoup plus qu’il nous en a jamais fallu... J’irai à la mort bravement, sans rien regretter ni de ma vie ni de mes actes. » Allant vers la mort, il interpelle l’officier nazi : « C’est un honneur pour un Français de tomber sous les balles allemandes », puis désignant Guy Môquet qui le suit : « Mais c’est un crime de tuer un gosse. »
- Antoine Pesqué, cinquante-cinq ans, docteur en médecine d’Aubervilliers, - arrêté le 2 octobre 1940. « Femme, n’écoute pas les apitoiements, porte en toi le sourire comme une cocarde. »
- Eugène Kérivel, cinquante ans, marin-pêcheur près de Nantes, arrêté pour diffusion de tracts anti-hitlériens. « J’ai vu que tu étais courageuse, écrit-il à sa femme, elle aussi internée et qui avait voulu prendre la place de Guy Môquet sur la liste des otages. Je m’en vais avec moins de regrets. »
- Pierre Gueguen, quarante-cinq ans, professeur, maire de Concarneau.
- Marc Bourhis, trente-quatre ans, instituteur de Concarneau. « Je meurs conscient d’avoir toujours cherché à faire le bien », écrit-il à sa femme.
- Raymond Laforge, quarante-trois ans, instituteur de Montargis, arrêté le 8 février 1941. « Bonjour aux copains et adieu... Les "Fritz" nous attendent avec leurs mitrailleuses. »
- Maurice Tellier, quarante-quatre ans, imprimeur.
- Huynh-Khuong An, vingt-neuf ans, professeur indochinois, licencié de lettres de la faculté de Toulouse, secrétaire des Étudiants communistes de Lyon, arrêté le 18 juin 1941. « Il te faudra beaucoup de courage pour vivre, plus qu’il n’en faut à moi pour mourir. Mais il te faut absolument vivre. Car il y a notre chéri, notre petit que tu embrasseras bien fort quand tu le reverras », écrit-il à se femme Germaine, elle aussi emprisonnée.
- Maximilien Bastard, chaudronnier de Nantes, militant des Jeunesses communistes. « Je suis tout de même un peu troublé, écrit-il à sa famille, mais je n’ai pas peur, vous savez, et je saurai mourir en bon Français. »
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