VALMY, 20 SEPTEMBRE 1792 : UNE NOUVELLE EPOQUE DE L'HISTOIRE DU MONDE
LE PAYS EN DANGERAprès la chute de la monarchie, un mois plus tôt, les Prussiens ont envahi sans difficulté l'est de la France. à Paris, où l'on a proclamé la patrie en danger, beaucoup crient à la trahison.
Des
sans-culotte courent d'une prison à l'autre et massacrent les prisonniers. La terreur de septembre ne se comprend que par référence à la menace d'invasion et de défaite de la Révolution.
Les forces anti ou contre-révolutionnaires envahirent la France le 18 août 1792.
Une armée de 150 000 hommes, troupe combinée de la Prusse, de l'Autriche, et de Hessois sous le commandement du duc de Brunswick, représentant du roi Frédéric Guillaume II de Prusse, à laquelle s'étaient joints 20 000 émigrés, s'était d'abord avancée contre la France, sur toute la ligne de ses frontières, entre Dunkerque et la Suisse.
Le 12 août, au lever du soleil les troupes légères prussiennes pénètrent sur le territoire français. Le 15, l'armée prussienne vient camper entre Sierck et Luxembourg, et le général Clairfayt, à la tête des Autrichiens, coupe la communication entre Longwy et Montmédy. Le 19 le maréchal Luckner résiste courageusement à une attaque de 22 000 Autrichiens à Fontoy.
Le 20 août, le Prussien remporte la bataille de Verdun : la route de Paris est alors ouverte. Les commandants en chef des armées françaises deviennent suspects ; aussi, avant qu'une action sérieuse puisse être entreprise, les trois armées de Rochambeau, de Lafayette et de Luckner sont réparties entre les généraux Dumouriez et Kellermann.
Dès le 11 juillet 1792 l'assemblée législative déclare " la Patrie en danger " et la levée de 50.000 volontaires parmi les gardes nationales.
Le 26 août, l'assemblée approuve alors, sur la proposition de Danton une nouvelle levée de 30.000 hommes. approuve alors, sur la proposition de Danton une nouvelle levée de 30.000 hommes.
Depuis juillet 83 600 hommes étaient appelés pour compléter au Nord et à l'Est l'armée de ligne. Parmi eux, près de 34 000 étaient constitués en bataillons de volontaires.
15 000 volontaires s'enrôlèrent fin juillet à Paris. C'étaient des artisans, des boutiquiers, des commis et des ouvriers. L'élan patriotique était magnifique à Paris.
Les témoignages d'archivent indiquent la profonde unité et diversité de l'armée de la Nation.
Alsaciens ou Bretons, Lillois ou Marseillais, tous s'étaient réunis pour se dire d'abord français, formant volontairement une communauté de citoyens libres et égaux en droit, dictant ses lois et maîtresse de ses destinées.
L'armée de septembre 1792 était composé de 175 000 hommes de troupe dans l'armée de ligne, de 184 bataillons de volontaires et de 20 000 fédérés.
Chaque citoyen-soldat sait qu'il lui faut vivre libre ou mourir. Reculer, c'est livrer Paris à la subversion militaire promise par Brunswick dans son manifeste en juillet 1792, rétablir sur le trône Louis XVI, prisonnier du Temple depuis le 10 août, faire renaître enfin l'Ancien Régime et ses privilèges.
VALMY, LA BATAILLE DU SIECLE

En Champagne, les généraux Dumouriez et Kellermann, fraîchement nommés, arment à la hâte les volontaires. Leurs armées composées de soldats professionnels et de volontaires se regroupent sur le plateau de Valmy.
47.000 Français adossés à un moulin font bientôt face à 34.000 Prussiens sous le commandement du duc de Brunswick. A l'annonce que l'armée des émigrés suivait celle de Brunswick, les paysans avaient tendus préalablement des embuscades meurtrières.
Brunswick ne pouvait continuer son avance vers Paris sans se rendre maître de la route principale permettant une liaison facile avec ses centres d'approvisionnement. Les Français la tenaient encore. Faute de s'en emparer, Brunswick condamnait ses hommes à vivre de porcs fraîchement abattus et de raisins verts, provoquant d'atroces coliques.
VALMY
Etrange combat que celui imaginé par le général français, s'effectuant à front renversé, les français regardant en direction de Paris qu'ils doivent défendre et l'ennemi tournant le dos à une ville qu'ils veulent conquérir.
L'infanterie prussienne monte à l'assaut mais recule presque aussitôt sous le feu de 36 canons.
Pour la première fois depuis le début de la guerre, les Français encaissent l'attaque sans broncher.
Le duc de Brunswick est décontenancé par cette résistance. 20.000 boulets sont au total échangés pendant 12 heures.
La canonnade a fait en tout et pour tout moins de 500 victimes (300 chez les Français, 184 chez les Prussiens).
A midi, après un puissant tir, la ligne prussienne, impeccable, se déploya face aux batteries de Kellermann . Il y avait 1200 mètres à franchir. Les troupes françaises tinrent bon.
Treize heures : à peine voit-on à dix pas devant soi.

Quand le brouillard se dissipe, Kellerman lève son épée, surmontée de son chapeau au panache tricolore, et crie: Vive la Nation. Les soldats l'imitent et entonnent
La Marseillaise.
Les soldats de la Révolution se forment, baïonnettes dressées, en colonne d'attaque.
Ce premier affrontement, long, massif entre une armée de professionnel, loin de ses bases, et une armée massive de sans-culottes et de citoyens était déconcertant pour les envahisseurs.
Les Prussiens, trempés par la pluie et rendus malades par la dysenterie qu'ils ont attrapée dans les vignes de Champagne, battent alors sagement en retraite.
Les Français s'abstiennent de les poursuivre, ce qui vaudra plus tard aux généraux des deux camps d'être soupçonnés de trahison.
Valmy sanctionnait
la légitimité du 10 août et de la Révolution.
Au soir du 20 septembre, face à Valmy, sur le plateau de la Lune où il bivouaquait, Goethe dictait à son ami Eckermann une prophétie célèbre : " Ici de ce lieu, aujourd'hui pour le monde, commence la nouvelle histoire ".
Le lendemain, le 21 Septembre 1792 la République Française est proclamée.
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