miroirs-La Révolution Française
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MIROIRS - LA REVOLUTION FRANCAISE


La révolution de 1789-1794 a marqué, dans l'histoire de France, et bien au delà, l'avénement de la société moderne, bourgeoise et libérale. Elle a marqué également une rupture avec l'ancien régime féodal, et une formidable aspiration au changement et à la liberté dans le monde entier. Elle est une référence planétaire pour l'égalité et la justice.

Jean Jaurès en disait : "de la révolution la bourgeoisie en a gardé les cendres, nous, nous en avons gardé le flamme".

7 ANS QUI ONT MARQUE L'HISTOIRE
1789 :
La Révolution française est un événement dont la portée dépasse de loin le cadre de la France de la fin du XVIIIe siècle.
Immédiatement saisie par les contemporains comme une rupture profonde de l'ordre de l'Ancien Régime, elle se tient au centre des enjeux de la vie politique du XIXe siècle, et demeure une référence vivante pour tous les combats pour la liberté.

On peut distinguer plusieurs causes profondes à la Révolution française :

· La crise des finances : le budget de le l'État est déficitaire, à cause des dépenses engendrées par les guerres du XVIIIe siècle et par le train de vie de la cour royale.
· La contestation de la société d'ordres et des privilèges : les deux premiers ordres de la société française (clergé et noblesse) ne paient pratiquement pas d'impôts. L'essentiel de la charge fiscale repose sur le Tiers-État.
· Les idées des Lumières, diffusées dans certains groupes sociaux favorisés (noblesse, bourgeoisie), posent les principes de liberté et d'égalité. Elles contestent la monarchie absolue. Le roi cède à l'immobilisme des ordres privilégiés et refuse les réformes nécessaires.
· Les révolutions anglaises du XVIIe siècle et américaine du XVIIIe siècle donnent des modèles aux élites françaises (La Fayette notamment).
· Les mauvaises récoltes de 1788 provoquent la hausse des prix et la speculation qui déclenchent le mécontentement de la population.

Les préludes (1770-1789)
En 1788 a lieu la " Journée des tuiles de Grenoble " : les protestations des familles touchées par la catastrophe économique se multipliant depuis mai, ces agitations poussent la garnison à intervenir le 7 juin. Celle-ci sera reçue par des jets de tuiles lancées par les habitants de Grenoble montés sur les toits. Après la " journée des tuiles ", une assemblée des trois ordres (noblesse, clergé, tiers état) se réunit au château de Vizille et décide la grève des impôts tant que les États Généraux de la province n'auront pas été convoqués par le roi pour les voter. En faillite et incapable de rétablir l'ordre, Louis XVI cédera en août 1788.

Les états généraux sont ouverts le 5 mai 1789 à Versailles. Le roi y fait un discours sans relief et les députés du Tiers-États sont déçu par l'absence de propositions réformatrices. Attendant un projet de constitution ainsi que des réformes fiscales et sociales, les députés du Tiers se séparent des deux autres ordres pour former une assemblée nationale indépendante. Face à se premier acte révolutionnaire, le roi fait fermer la salle de réunion. Les députés se retrouvent alors dans une salle de jeu de paume où ils promettent le 20 juin de ne pas se séparer avant d'avoir rédigé ensemble une constitution.

L'assemblée constituante et ses suites (1789-1791)

Dès le 20 juin 1789, le serment du jeu de paume fonde l'Assemblée nationale constituante. Marquant la fin du pouvoir absolu royal de Louis XVI, cet acte est le symbole de la prise de pouvoir par ses représentants au nom du peuple.

Les États généraux, ouverts le 5 mai 1789, démantèlent en quelques semaines l'Ancien Régime.
Les députés du tiers état sont porteurs de cahiers de doléances, rédigés par leurs mandants et réclamant de profondes réformes, dont une Constitution qui limiterait les pouvoirs du roi et définirait les droits du peuple, ainsi que l'abolition des privilèges de la noblesse et du clergé.

Mais, à l'ouverture des états, le roi refuse de prendre ces demandes en considération.
Le 17 juin 1789, les députés du tiers état se proclament alors Assemblée nationale, signifiant ainsi au roi qu'il ne peut prétendre être le seul représentant de la nation.
Puis l'Assemblée nationale se déclare constituante, le 9 juillet, et se fixe pour but la rédaction d'une Constitution.

La nation est désormais dépositaire de la souveraineté.
Après l'émeute du 14 juillet 1789 et la prise de la forteresse royale de la Bastille, symbole de l'absolutisme, le roi doit accepter la décision prise par les Parisiens de créer une garde nationale et une municipalité.


Prise de la Bastille le 14 juillet 1789
Dans ce contexte révolutionnaire où la peur et la faim se mêlent, la prise de la Bastille du 14 juillet 1789 constitue une attaque contre l'arbitraire royal.
Recherchant des armes, les Parisiens envahissent et pillent d'abord l'Hôtel des Invalides. Puis, après quatre heures de combat, ils investissent la Bastille, tuent son gouverneur, le marquis Bernard de Launay et plusieurs de ses gardes.
Il n'y eut que sept prisonniers, qui furent libérés - quatre faussaires, deux fous dangereux, et un délinquant sexuel - . La Bastille devait par la suite être démolie, comme l'Ancien Régime fut aboli au cours de la nuit du 4 août 1789. Retournant ensuite à l'Hôtel de Ville, les manifestants accusent le prévôt des marchands (fonction comparable à celle de maire) Jacques de Flesselles de trahison. Sur le chemin d'un procès public au Palais-Royal, il est assassiné.

On associe généralement le 14 juillet 1789 à la fête nationale de la France. En réalité, la fête nationale française commémore plutôt la réunion des gardes nationales le 14 juillet 1790 lors de la Fête de la Fédération au Champ de Mars, symbole de l'union nationale autour du roi.

Constatant l'évidence et tenant à sauver la face, Louis XVI cède à la pression parisienne et vient en personne le lendemain annoncer à l'assemblée le retrait des troupes qui encerclaient Paris. Il rappelle Necker ainsi que tous les ministres renvoyés.

Nouvelles institutions parisiennes
À l'Hôtel de Ville de Paris, tous les membres de l'ancienne administration ayant pris la fuite, Jean Sylvain Bailly est nommé par acclamation "Maire de Paris". La Fayette est nommé Commandant Général de la Garde_nationale. Une nouvelle organisation municipale allait se mettre en place. Louis XVI reconnaît celle-ci en se rendant à Paris le 17 juillet. À cette occasion, Bailly lui remet la cocarde bleu et rouge aux couleurs de la ville de Paris que Louis XVI fixa sur son chapeau, associant ainsi ces couleurs au blanc de la monarchie.

Premières conséquences (été 1789)
· Émigration
Ces événements déclenchèrent la première émigration. Louis XVI craignant pour son jeune frère, le comte d'Artois, que le peuple rendait responsable de tous ses maux, lui enjoignit de se retirer hors du royaume. Il partit dans la nuit du 16 au 17 muni d'un passeport délivré par Lafayette.
Accompagné de son entourage il se dirigea vers Valenciennes puis Bruxelles pour ensuite rejoindre Turin à la mi-septembre. Suivirent les grands du royaume, comme le prince de Condé, le duc de Polignac, le duc d'Enghien. Leurs destinations furent l'Angleterre, les Pays-Bas ou l'Allemagne. Tous pensaient être revenus dans les trois mois.
· Violences parisiennes
Malgré la Garde nationale, les violences n'étaient pas terminées. Foulon, ministre éphémère des finances et Berthier, intendant de Paris, furent arrêtés par le peuple. Ramenés à Paris le 22 juillet, humiliés par la foule, ils furent massacrés à leur arrivée à l'Hôtel de Ville. Ils étaient accusés d'avoir accaparé les grains et d'avoir voulu affamer le peuple.
· Grande peur dans les campagnes françaises et nuit du 4 août 1789
En province, à partir du 20 juillet 1789, les rumeurs de complot aristocratique se faisant de plus en plus insistantes, les paysans s'armèrent et incendièrent plusieurs châteaux seigneuriaux dans un mouvement appelé Grande peur. Ils brûlèrent également les titres seigneuriaux qui établissaient la domination économique et sociale de leurs propriétaires.
Le mouvement s'apaisa le 6 août 1789 après que le clergé et la noblesse ont décidé d'abolir leurs privilèges durant la nuit du 4 août 1789. C'était la fin de la féodalité, l'abolition des trois ordres et de leurs particularités (notamment fiscale, militaire et judiciaire), mais aussi l'unification du territoire national (jusqu'alors, chaque commune, paroisse, province avait ses propres privilèges).
La nuit du 4 août inaugure une nouvelle société d'où est exclu le privilège, forme ancienne des libertés, et où l'égalité juridique sera la règle et le cadre de la liberté nouvelle. Toutefois les députés se ravisent les jours suivants. Les droits résultant d'un " contrat " passé entre le propriétaire du sol et l'exploitant direct (cens, champart, rentes) subsistent mais peuvent être rachetés. Ainsi seuls peuvent se libérer totalement les paysans les plus riches. La désillusion sera grande dans les campagnes et les troubles vont perdurer jusqu'en 1792.

· Le 26 août 1789, l'Assemblée proclame la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. S'inspirant des principes des Lumières et de la Déclaration d'indépendance américaine, ce texte solennel établit des libertés associées à des droits inaliénables.

Paris de nouveau capitale
Les difficultés d'approvisionnement en pain et le refus de Louis XVI de sanctionner la déclaration et les décrets du 4 août, sont à l'origine du mécontentement du peuple de Paris lors des journées du 5-6 octobre 1789. Une marche de femmes ramène la famille royale à Paris, laissant à Versailles le symbole de l'absolutisme.
Pour résoudre la crise financière, on confisqua les biens du clergé par des lois du 2 novembre 1789, 13 février 1790 et 19 avril 1790. La même année, les assignats, forme de papier-monnaie, furent introduits. Vu l'urgence, la Constituante fait de ces " domaines nationaux " la garantie d'un papier que ses détenteurs pourront échanger contre de la terre, les assignats, utilisés d'abord comme bons du Trésor, puis recevant cours forcé en avril 1790 pour devenir une véritable monnaie. On émet ainsi pour 400 millions d'assignats : c'est le début d'une véritable fuite en avant.

L'œuvre politique de la Constituante (1790-1791)
La Constitution civile du clergé fut adoptée le 12 juillet 1790 et ratifiée par le roi le 26 décembre 1790, transformant les membres du clergé en fonctionnaires. Victoire des forces les plus hostiles à l'Église, elle va transformer en adversaires de la révolution des prêtres qui avaient contribué à son succès avec une bonne partie de leurs ouailles. La Constituante a divisé la population en deux camps antagonistes.
Le texte impose, en autres, l'élection des évêques et des curés par tous les électeurs, quelle que soit leur appartenance religieuse. Mieux, l'Assemblée décrète, le 27 novembre, que tous les ecclésiastiques-fonctionnaires vont devoir prêter le serment d'être fidèles à la Nation, à la loi et au roi, faute de quoi ils seront déposés. On comptera environ 45 % d' ecclésiastiques non jureurs ou réfractaires. Le drame de 1792-1793 est en germe.

L'Assemblée législative et la chute de la monarchie (1791 - 1792)

Le 21 juin 1791, le roi et sa famille tentent de fuir Paris pour rejoindre les émigrés, et, avec l'aide des souverains européens, essayer de rétablir l'autorité royale.
C'est la fuite à Varennes. Reconnu et arrêté, le roi est ramenéà Paris. Ce départ manqué suscite un courant violemment antimonarchique. Beaucoup demandent le jugement du roi et la proclamation de la République.
L'activité des clubs est alors très intense. Les Cordeliers, parmi lesquels Danton et Marat, organisent, le 17 juillet 1791, une manifestation au Champ de Mars, réclamant la déchéance du roi.
Le garde nationale tire sur la foule. Cette affaire est à l'origine du départ des modérés du club des Jacobins, qui fondent alors le club des Feuillants. Tandis qu'à Paris l'agitation des sans-culottes s'accroît, le roi, lui, place tous ses espoirs dans une guerre qui entraînerait la défaite de la Révolution.


Un petit groupe de fidèles de la famille royale tenta d'organiser la fuite du roi et de sa famille pour rejoindre les nobles en exil, mais l'impréparation de l'évasion provoqua la fin de l'équipée le 21 juin 1791 à Varennes-en-Argonne et le retour aux Tuileries sous bonne escorte.
Louis XVI accepta à contrecœur la constitution de septembre 1791, qui faisait de la France une monarchie constitutionnelle. Le roi dut partager ses pouvoirs avec l'Assemblée législative (succédant à l'Assemblée constituante, chargée de mettre au point la constitution), mais il conservait son droit de véto royal et le choix des ministres.
Le 17 juillet, les parisiens se réunissent au Champ de Mars, pour demander la déchéance du Roi et l'instauration d'une république. Jean Sylvain Bailly, le maire de Paris, fait tirer la troupe sur les manifestants.

De nouvelles factions émergèrent comme les Feuillants (monarchistes constitutionnels), les Girondins (républicains libéraux) et les Jacobins (révolutionnaires radicaux). Le roi, les Feuillants et les Girondins voulaient la guerre pour des raisons diverses. Louis XVI souhaitait gagner en popularité ou être battu : chaque issue l'aurait renforcé. Les Girondins, quant à eux, espéraient exporter la Révolution dans toute l'Europe.
La France déclara la guerre à l'Autriche (20 avril 1792) et la Prusse se rangea aux côtés des Autrichiens quelques semaines plus tard. Les Guerres révolutionnaires françaises avaient commencé. On déclara " la Nation en danger ".

La Commune de Paris (1792)
Le manifeste de Brunswick ne fit qu'augmenter la défiance du peuple envers Louis XVI. Les républicains prirent de plus en plus d'influences auprès du peuple. Le 10 août 1792, une manifestation de sans-culottes et de fédérés prit d'assaut le Palais des Tuileries et le roi fut arrêté.
La bataille de Valmy entre Français et Prussiens (20 septembre 1792) fut le premier engagement militaire remporté par l'armée révolutionnaire, et une surprise pour les prussiens, qui pensaient affronter une bande désorganisée par les troubles politiques et l'émigration des cadres militaires (nobles). Or l'armée française, en particulier l'artillerie, tint bon, et les Prussiens durent se replier. Il y eut peu de pertes de part et d'autre, mais un retentissement psychologique considérable.

Le 21 septembre 1792, la monarchie fut abolie et la république proclamée. Cette date fut le point de départ du Calendrier républicain.
En pleine guerre civile, l'élection de la Convention nationale au suffrage universel masculin, ne réunit que 700 000 votants sur 7 500 000 électeurs, soit un taux d'abstention de 90%.

La Convention (1792 - 26 septembre 1795)
Maximilien de Robespierre

Maîtres du pouvoir, les Montagnards appliquent leurs idées en instaurant une dictature exercée par les comités de la Convention (gouvernement révolutionnaire).
Le Comité de salut public, créé le 6 avril 1793, est renforcé le 13 juin. Il passe de sept à douze membres, tous députés montagnards (dont Robespierre, à partir du 27 juillet, Couthon, Saint-Just, Philippe Lebas). Il dirige la politique générale de la république.
La lutte contre les ennemis de la Révolution est organisée par le Comité de sûreté générale. Dans les départements ou aux armées, la Convention envoie des représentants en mission, qui remplacent les administrations élues par des agents nationaux fidèles au régime. Dans les villes et les villages naissent des comités de surveillance et des armées révolutionnaires, formés de sans-culottes affirmés.

Le 5 septembre 1793, la Convention met " la Terreur à l'ordre du jour ".
Terreur économique par la loi du maximum, qui bloque le prix des denrées alimentaires pour satisfaire les classes populaires urbaines, puis les salaires pour contenter les patrons, tandis que le grain est réquisitionné.
Terreur religieuse : Montagnards et sans-culottes s'attaquent d'abord aux prêtres réfractaires, puis à la religion elle-même ; il s'agit de remplacer le christianisme par le culte de la Raison (ainsi, le 24 novembre 1793, le calendrier révolutionnaire, imaginé par Fabre d'Églantine, se substitue au calendrier chrétien).

Terreur politique enfin et surtout, avec la création, le 10 mars 1793, du tribunal révolutionnaire. L'accusateur public, Antoine Fouquier-Tinville, envoie à la guillotine les ennemis de la Révolution tels que Marie-Antoinette, ou les adversaires de la Montagne, tels que Mme Roland et les anciens Girondins.
À Lyon, de zélés représentants en mission font massacrer collectivement les suspects, tandis qu'en Vendée, la guerre fait rage, bientôt marquée par les victoires de Marceau et de Kléber (Savenay, décembre 1793).


Dans la nouvelle république, le pouvoir législatif appartenait à la Convention nationale, tandis que le Comité de salut public, dirigé par Maximilien de Robespierre détenait le pouvoir exécutif. Les Girondins étaient majoritaires dans ces deux instances.
Le 21 janvier 1793 Louis XVI est condamné à mort pour " conspiration contre la liberté publique et la sûreté générale de l'État " par 387 voix contre 334. Son exécution entraîne l'extension de la guerre, à laquelle se joignent divers royaumes européens.
Le Comité de salut public proclama le règne de la Terreur (1793-1794). Pendant cette période, 1 200 personnes furent guillotinées. Tout soupçon d'idée contre-révolutionnaire pouvait mener à l'échafaud. Même si en aucune manière cela ne justifie pas cette "terreur", c'est infiniment moins que celui de la terreur blanche qui a suivi cette période, où les dizaines de milliers de pesonnes mortes de famine après les décisions économiques de rigueur et libérales prises par le Directoire en l'an IV "C'est dans les circonstances actuelles que nous devons sentir combien les grands capitalistes pourraient être utiles à la République" (déclaration de Dauchy le 1er décembre), et dans un contexte où la République Française était attaquée de toute part (voir carte).

En 1794, les exécutions des Jacobins ultraradicaux et modérés coupèrent Robespierre de son soutien populaire. Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), le comité de sûreté générale convainc la convention de retirer sa confiance et mettre aux arrêts Robespierre et plusieurs autres membres influents du Comité de Salut Public.
La nouvelle Constitution de l'an III fut votée par la Convention le 29 Messidor (17 août 1795) et ratifiée par plébiscite en septembre. Elle fut effective à partir du 4 Vendémiaire (26 septembre) de la même année.

Le Directoire (4 Vendémiaire an IV - 18 Brumaire an VIII)
Pour la première fois en France, le pouvoir législatif repose sur un parlement bicaméral :
· le Conseil des Cinq-Cents (500 membres)
· le Conseil des Anciens (250 membres)
Le pouvoir exécutif est un directoire de 5 personnes nommées par le conseil des Anciens sur une liste fournie par le Conseil des Cinq-Cents.

Le Directoire prend fin par le coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) de Napoléon Bonaparte qui déclare " Citoyens, la révolution est fixée aux principes qui l'ont commencée, elle est finie ".
Le Consulat est mis en place, un régime autoritaire dirigé par trois consuls, dont seul le premier détient réellement le pouvoir : la France entame une nouvelle période de son histoire en s'apprêtant à confier son destin à un empereur.
Note : pour certains historiens, le Consulat est la dernière phase de la Révolution française. Pour d'autres, il forme, avec le Premier Empire, une nouvelle étape de l'histoire de France.
Depuis 180 ans la France a connu quinze constitutions depuis les premières de 1791 et de 1793. Sous l'influence de Condorcet, la Convention adopta le projet de constitution de 1793 de République des citoyens, tout en repoussant sa mise en œuvre à des périodes plus stables.


Au total, les dix années qui constituent la Révolution fondent la modernité politique : souveraineté de la nation, exprimée par la procédure de l'élection ; contrat constitutionnel entre la nation et le pouvoir ; séparation des pouvoirs pour empêcher l'exercice d'une autorité absolue ; garantie des libertés fondamentales. L'ensemble définit le libéralisme politique.

Ces conceptions s'accordent à la prépondérance d'un groupe social, la bourgeoisie, qui a fait triompher au cours de la Révolution les idéaux issus des Lumières, qu'elle a largement adoptés : reconnaissance de la primauté de l'individu plutôt que du groupe dans la société, suppression des privilèges, égalité devant la loi, libéralisme économique et social.

La Révolution française a eu des conséquences immédiates dans de nombreux domaines, depuis l'abolition de l'esclavage (décret de la Convention en 1794) jusqu'à la prééminence de la France en Europe. Les guerres révolutionnaires ont en effet agrandi le territoire ; malgré la terreur et les conflits internes, les Français sont plus nombreux en 1799 (environ 28 millions) qu'au moment de la prise de la Bastille (environ 26 millions).
Aujourd'hui encore, la Révolution française est source de débats passionnés entre les historiens, qui prolongent l'interrogation sans cesse suscitée par cet événement au cours du XIXe siècle.

Au centre de ces discussions se trouve l'interprétation à donner à l'épisode de la Terreur : l'historiographie marxiste la juge inévitable, compte tenu du contexte de guerre à partir de 1792, tandis que la tradition libérale la considère comme une embardée totalitaire et refuse de parler de la Révolution comme d'un bloc homogène. Quoi qu'il en soit, ses conséquences culturelles et politiques dans toute l'Europe sont telles que l'on peut considérer la Révolution comme un événement fondateur du monde contemporain.








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