miroirs-les religions dans le monde
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MIROIRS - LES FRANCAIS ET LA RELIGION


La religion catholique - L'islam - Le boudhisme


Les Français ne croient pas en Dieu.
8 juin 2005

Si une grande majorité de Français se considèrent comme catholiques, près de la moitié ne croient pas en Dieu ou sont agnostiques, souligne un sondage Ipsos pour l'agence Associated Press.
Attachés au principe de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, la grande majorité (85%) sont opposés à ce que le clergé cherche à influencer les décisions du gouvernement.
Selon le sondage, 19% des Français ne croient pas en Dieu, 16% sont agnostiques, tandis que 14% disent croire à une "puissance supérieure".

Carrefour de religions, la France compte la plus forte communauté musulmane et juive d'Europe occidentale.
L'islam, avec un nombre estimé de cinq millions d'adeptes, est la deuxième religion de l'hexagone mais loin derrière le catholicisme. Le sondage montre que 71% des Français se disent catholiques, 4% musulmans, 3% protestants, 1% juifs et 1% bouddhistes.
Les autres religions représentent 1% et ceux qui disent ne pas avoir de religion 19%.

Toutefois, les deux tiers des Français (63%) déclarent que la religion n'est pas importante dans leur vie, alors que 37% sont d'un avis contraire.
Les Français sont 24% à se dire sûrs de l'existence de Dieu tandis que 14% pensent qu'Il existe même s'ils ont des doutes.

En France, le catholicisme est en recul comme le montre la crise des vocations. Pour chaque nouveau prêtre chaque année, il y en a sept qui meurent.
Le sondage AP-Ipsos a été conduit auprès d'un millier d'adultes dans chacun des dix pays étudiés dont la France entre le 12 et le 26 mai et comporte une marge d'erreur de trois points.


Les évolutions de la pratique religieuse

Article paru dans La Croix du 14/08/2006

Une enquête de l'Ifop réalisée pour " La Croix " dresse le profil des catholiques en France. Ils sont moins de 5 % à déclarer assister à la messe chaque dimanche, mais un quart à se qualifier de pratiquants

On peut être catholique sans pratiquer et pratiquant sans aller à la messe : c'est, en résumé, la conclusion de l'enquête réalisée par l'Ifop que nous publions ici.
Une enquête exceptionnelle par son ampleur - près de 30 000 personnes interrogées -, qui permet, pour la première fois depuis longtemps, de mesurer le nombre de " messalisants " en France. Alors que les deux tiers des Français se disent catholiques, ce " noyau dur " des catholiques représente 4,5 % de la population. Un chiffre en nette érosion, surtout depuis le milieu des années 1970. Au point que les sociologues ont renoncé à le prendre en compte et considèrent comme " pratiquants " les catholiques déclarant aller au moins une fois par mois à la messe.

Pour cette enquête, l'Ifop a choisi de laisser aux interviewés eux-mêmes le soin de se qualifier ou non de pratiquants.
25 % des catholiques seraient ainsi pratiquants, tandis que 7 % iraient régulièrement à la messe. " Dans la bouche même des catholiques, on peut donc se dire pratiquant sans aller à la messe tous les dimanches ", relève Jérôme Fourquet, directeur adjoint de l'opinion publique à l'Ifop, qui a supervisé cette enquête.

Comment expliquer ce décalage ?
Une prise de distance des catholiques par rapport à l'Église
L'écart entre appartenance et pratique s'est nettement accentué dans les années 1970 : quelques années seulement après l'encyclique Humanae vitae (1968) de Paul VI, la distorsion entre la morale de l'Église et le discours dominant sur la sexualité s'est donc traduite aussi par une prise de distance des catholiques par rapport à l'Église.

Conflit ? Directeur d'études à l'École pratique des hautes études et auteur de La Crise catholique, Denis Pelletier préfère parler de " distance ". " Le Concile lui-même n'a-t-il pas, dans Dei Verbum, consacré l'individualisation et l'autonomisation des consciences ? ", soulignait-il en 2004 dans La Croix.
Une autonomisation qui va donc jusqu'à une pratique qui ne passe plus par les rites habituels. " Les catholiques perçoivent d'autres manières d'être pratiquants ", complète Jérôme Fourquet.

Mais lesquelles ?
En 2002, les géographes Colette Muller et Jean-René Bertrand avaient eu l'intuition de ce changement dans leur ouvrage Où sont passés les catholiques ? " Aujourd'hui ce sont d'autres comportements, attitudes et engagements qui peuvent situer socialement les catholiques ", affirmaient-ils alors : participation au denier de l'Église, lecture de la presse catholique, groupes de prière, engagement dans une antenne du Secours catholique ou dans un rassemblement d'Église. Une manière de voir, au-delà des catégories habituelles, que les sondages n'ont pas encore mesurée.

Nicolas SENÈZE

Deux Français sur trois se déclarent catholiques
Les deux tiers des Français continuent de se dire catholiques. Même si une légère érosion est perceptible, ce chiffre reste relativement stable au regard de la baisse des années 1970.
Une baisse d'ailleurs plus forte du côté des "messalisants", ceux qui assistent à la messe chaque dimanche. En effet, si les années post-conciliaires ont marqué une remontée de l'adhésion au catholicisme (87 % de catholiques déclarés en 1972 !), ces chiffres ne se sont jamais concrétisés en termes de pratique, constamment en baisse depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. S'est alors matérialisée la véritable prise de distance des catholiques avec l'institution, surtout après l'encyclique Humanae Vitae (1968) sur la vie sexuelle du couple, particulièrement forte en matière de morale individuelle. Cette baisse a continué dans les années 1980 - avec une diminution de moitié des messalisants -, avant de se stabiliser autour de 5 %.

Toujours plus de " sans religion "
La diminution du nombre de catholiques déclarés profite principalement aux "sans religion" : en vingt ans, ceux-ci sont passés de 21 % à 27 % de la population française. Pourtant, les autres confessions semblent également en croissance.

De 1987 à 2006, le protestantisme serait ainsi passé de 1 % à 2 % de la population, soit près de 1,2 million de fidèles. Signe, sans doute, de la place actuelle des évangéliques dans le protestantisme français - ils représenteraient un protestant sur deux.
Les autres religions seraient aussi en hausse sensible, représentant 6 % de la population (soit 3,6 millions de fidèles).
Différentes études estimant la communauté juive entre 500 000 et 600 000 personnes et la communauté bouddhiste à 450 000 fidèles, cela laisse envisager environ 2,5 millions de musulmans en France. Un chiffre loin des estimations habituelles donnant 4 millions de fidèles de l'islam.


Des pratiquants plutôt âgés
C'est sans doute en termes d'âge que les catholiques pratiquants se démarquent le plus du reste de la population française. En effet, si le profil sociologique de ceux qui se déclarent catholiques ne diffère pas sensiblement de celui du reste des Français, 43 % des pratiquants ont plus de 65 ans, alors que cette classe d'âge ne représente que 21 % de la population.
À l'inverse, les 35-49 ans ne représentent que 18 % des pratiquants (28 % de la population). C'est paradoxalement chez les plus jeunes, les 18-24 ans, que le recul semble moindre, avec 7 % des pratiquants (pour 11 % de la population). Un signe qu'il ne faudrait pas surestimer : déjà remarqué depuis quelques années, il ne semble en effet pas se confirmer ensuite, les 25-34 ans - pourtant la " génération JMJ " - continuant à rester en retrait de l'Église (9 % des pratiquants contre 19 % de la population).

Une pratique essentiellement féminine
Majoritaires dans la population française (52 %), les femmes le sont encore plus chez les catholiques, notamment chez les pratiquants. Car si la différence reste faible entre la population française et ceux qui se déclarent catholiques (2 points d'écart), la part très importante des femmes chez les pratiquants (60 %) souligne le visage très féminin du catholicisme français. Catéchistes, animatrices en pastorale, bénévoles des mouvements… : il ne faut en effet pas chercher très longtemps pour se rendre compte que les femmes forment les gros bataillons des catholiques engagés !

Les retraités majoritaires
Effet de l'âge des pratiquants oblige, le catholicisme français est d'abord l'affaire des retraités. Ceux-ci représentent en effet 44 % des pratiquants, alors qu'ils ne comptent que pour le quart de la population française. Pour le reste, le profil des catholiques demeure relativement proche de celui de la population française, avec toutefois quelques nuances.
Ainsi, les ouvriers ne représentent que 8 % des pratiquants (pour 14 % de la population), signe d'une difficulté persistante pour l'Église à toucher les milieux populaires. Même constat (et mêmes chiffres) pour les professions intermédiaires.

Les données présentées ci-après sont extraites d'enquêtes historiques de l'Ifop et d'un cumul de 29 vagues d'enquêtes effectuées. Chacune de ces enquêtes a été réalisée auprès d'échantillons nationaux représentatifs de 1 000 personnes, la représentativité des échantillons étant assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage, après stratification par région et catégorie d'agglomération). Au total, l'échantillon cumulé est constitué de 29 016 personnes. Grâce au cumul d'enquêtes, l'Ifop a obtenu un sous-échantillon de 18 860 interviewés se déclarant de religion catholique, dont 4 821 se déclarent "pratiquants" et 14 039 " non-pratiquants ".


LE CATHOLICISME EN FRANCE
Une enquête de l'institut CSA montre que la lente érosion de la pratique des catholiques en France se poursuit. Cette étude de fond permet, pour la première fois, de dresser un portrait des pratiquants.
La lente érosion du catholicisme français continue. C’est le principal enseignement de l’enquête réalisée par l’institut CSA et que La Croix a publié.
En 2004, 64,3 % des Français se disaient catholiques, contre 69 % lors de la précédente enquête réalisée en 2001. Si cela représente près des deux tiers des Français, le chiffre est bien éloigné des 80 % affichés au début des années 1960. Mais il correspond en fait au recul constant du nombre de Français déclarant avoir une religion (73 % dans notre enquête). Baisse aussi, et c’est peut-être plus inquiétant, de la pratique régulière – les sociologues désignent ainsi l’assistance au moins mensuelle à la messe. En trois ans, elle passe de 10 % à 7,7 % : c’est beaucoup, même en tenant compte des «marges d’erreur» inhérentes à tout sondage !

Le large échantillon de la population française rassemblé par l’institut CSA – plus de 18 000 personnes de plus de 18 ans – a toutefois permis une première : l’étude de ce groupe des «catholiques pratiquants».
Un groupe, en baisse donc, mais qui représente encore plus de 3,5 millions d’adultes en France ! Qui compose donc le «noyau dur» des catholiques français ? Deux profils types peuvent être mis en évidence. D’abord celui d’une femme plutôt âgée, vivant en zone rurale et peu diplômée. C’est ici le visage des «gros bataillons» des catholiques engagés, ceux qui font «tourner» les paroisses, assurent le catéchisme, l’animation des messes.

Des catholiques toujours plus âgés?
À côté, un autre profil émerge également, ce catholique habite la région parisienne et bénéficie d’un haut niveau d’éducation. Ce «catholique des villes» n’est pas moins âgé, ce qui pose inévitablement la question de l’avenir. «Les catholiques sont toujours plus âgés, souligne Jean-Daniel Lévy qui a dirigé l’étude à l’institut CSA. S’agit-il d’un effet de cohorte ou d’un effet générationnel ?» Autrement dit, les catholiques les plus âgés ont-ils échoué à transmettre leur religion aux générations suivantes ou bien est-ce l’âge qui favorise le retour à une pratique religieuse ?

Concernant les jeunes générations, le sociologue Yves Lambert avait livré en 2002, à La Croix, les résultats d’une enquête de l’Insee laissant apparaître un développement du sentiment religieux dans les générations postérieures au baby-boom (La Croix du 24 décembre 2002 ; lire aussi l’entretien de Mgr Dagens en page 4). Une tendance que le sociologue relevait dans tous les pays européens. Dans le commentaire de cette étude qu’il donnait à La Croix, il remarquait notamment que les jeunes catholiques semblaient plus nombreux à participer à des mouvements religieux et à avoir confiance dans l’Église. L’enquête CSA de cette année permet sans doute de confirmer cette tendance.

Les 18-24 ans peu nombreux mais pratiquants
Certes, les 18-24 ans sont toujours relativement peu nombreux chez les catholiques : ils ne sont que 42 % à se déclarer comme tels et ne représentent que 7,5 % des catholiques. Mais quand on regarde leur pratique, elle apparaît légèrement plus élevée que celle des 25-34 ans : ces derniers sont 7,3 % à pratiquer, contre 7,9 % pour les 18-24 ans. Frémissement ? Mouvement de fond ? Seule une étude sur la durée pourra permettre de donner une réponse définitive.
Reste enfin une question : peut-on mesurer la vitalité du catholicisme à la seule pratique dominicale ? Certes, c’est le critère qu’a longtemps appliqué l’Église catholique elle-même. Et en lançant l’Année de l’Eucharistie, Jean-Paul II n’a pas manqué de rappeler le sens particulier de la messe dominicale. «Je souhaite tout particulièrement qu’on s’engage de manière spéciale pour redécouvrir et vivre pleinement le dimanche comme jour du Seigneur et jour de l’Église», écrit-il ainsi dans la Lettre apostolique Mane nobiscum Domine.

«Il semble que le sociologue a tort d’adopter les critères mêmes de l’Église pour apprécier l’étendue de son influence et de privilégier presque exclusivement les taux de pratique, relevait pourtant l’historien René Rémond dans son livre Le Christianisme en accusation (1). Pourquoi appliquer au religieux des critères somme toute plus stricts que ceux adoptés pour les autres faits d’appartenance sociale ?» Et de comparer avec les partis politiques : «Personne n’a l’idée de limiter leur rayonnement à la seule assiduité de leurs militants aux réunions.
Et l’on ne mesure pas l’intérêt pour le football au nombre de ceux qui le pratiquent ou adhèrent à un club, mais à l’Audimat réalisé lors d’une coupe du monde.»

C’est ce qui avait guidé en 2002 les géographes Colette Muller et Jean-René Bertrand, partis à la recherche des catholiques français (2).
«Nous avons été surpris de la profusion qui se dégage», reconnaissait alors Colette Muller dans La Croix. Découvrant un visage inédit de la France catholique, les deux auteurs avaient mis en évidence une multitude d’initiatives, de réseaux, d’innovations… Loin de l’image morose d’une France catholique vieillissante, se dégageait une réalité autrement plus complexe, et mouvante
.

Article paru dans la Croix du 24/12/2004


Les nouveaux convertis de l'islam

Le phénomène toucherait 3 600 personnes par an en France. À côté d'une séduction intellectuelle et spirituelle, c'est dans les banlieues que ces conversions sont les plus fréquentes
Jean Gouraud a embrassé l'islam il y a huit ans. Il avait 18 ans.
" J'étais de culture catholique, mais j'avais arrêté de pratiquer ", raconte ce jeune homme de la région parisienne, âgé aujourd'hui de 26 ans.
Arrêt de la pratique catholique, mais poursuite de la quête spirituelle.
Ailleurs. Et d'abord avec " beaucoup d'amis musulmans que je fréquentais ", explique-t-il.
Une première approche de l'islam, prolongée et nourrie par des lectures et de rencontres avec des musulmans… convertis de la première génération, il y a une vingtaine d'années.
Notamment ceux qui ont fondé l'Institut des hautes études islamiques d'Embrun, lié à la Mosquée de Lyon. " C'est avec eux que j'ai pu avancer ", explique-t-il.
Et embrasser définitivement l'islam, en prononçant la chahada, la profession de foi islamique tirée du Coran : " J'atteste qu'il n'y a pas d'autre divinité que Dieu et que Mohammed est Son Envoyé. " Unique rituel - à faire devant deux témoins - nécessaire pour devenir musulman.

Comme Jean il y a huit ans, prénommé désormais Abd Al Wadoud, ils seraient aujourd'hui une dizaine par jour à se convertir à l'islam en France, " selon les remontées que nous font les responsables associatifs musulmans ", signale Didier Leschi, chef du bureau des cultes au ministère de l'intérieur.
Soit 3 600 convertis par an environ.

Entre 30 000 et 70 000 convertis à l'islam en France Combien sont-ils aujourd'hui en estimation cumulée ?
Difficile à dire, mais des chiffres circulent.

Évaluation basse : 30 000. Haute : 70 000.
" Il y a toujours eu des conversions à l'islam, rappelle Didier Leschi. Ce qui change aujourd'hui, c'est le type de mouvements vers lequel les jeunes convertis se dirigent. "Il y a vingt ans, en effet, la grosse majorité des convertis français issus de la culture judéo-chrétienne passaient par le soufisme, au terme d'une quête spirituelle dans le sillage notamment d'un René Guénon, qui a joué un rôle spirituel très important dans les conversions à l'islam après-guerre.

Aujourd'hui, les convertis découvrent de plus en plus l'islam dans le cadre d'une proximité vécue avec celui des banlieues. Et, contrairement à Jean " Abd Al Wadoud " Gouraud, plutôt dans la lignée des convertis de la première génération, un nombre croissant optent pour un islam radical, notamment via le salafisme, précise Didier Leschi.
Échappant aux mosquées et aux grandes organisations islamiques françaises, quelles qu'elles soient.
" Jeunes en rupture familiale, en conflit générationnel avec leurs parents, ils n'ont pas la valeur "familialiste" que les grandes organisations prônent, et n'ont pas la même rigueur dans la pratique ", souligne encore le responsable du bureau des cultes.
Conversion de proximité La conversion de proximité : un phénomène déjà décrit par la sociologue Fatiha Ajbli, membre de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), auteur d'un mémoire de DEA sur la conversion dans le Nord, département où certains jeunes non musulmans côtoient l'islam au quotidien à l'école.
Un phénomène que constate aussi Éric " Younès " Geoffroy, islamologue à l'université Marc-Bloch de Strasbourg.
Lui s'est converti en 1984 via le soufisme, après une quête spirituelle " de longue haleine " le faisant passer par le catholicisme - sa religion d'origine -, la pratique zen, le bouddhisme, le christianisme orthodoxe, puis l'islam.
" Jusqu'à il y a une quinzaine d'années, la plupart des conversions étaient comparables à la mienne et passaient par un intérêt spirituel, explique l'universitaire alsacien.
Ce qui est nouveau, ce sont les conversions de proximité, dans les cités, où des jeunes Européens, pas toujours "français" d'origine, côtoient des musulmans. Ce sont des conversions plus simples que la mienne. Et là-dedans, il y a des conversions salafistes, ou même djihadistes.
Ce dernier phénomène est incontestable, mais marginal. "
Un phénomène qui avait attiré l'attention des RG Un phénomène perçu notamment lors des récentes tentatives d'attentats en Grande-Bretagne, et qui avait attiré l'attention des Renseignements généraux (RG) français en juin 2005. Un rapport remis alors au ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy par les RG présentait les conclusions d'une étude menée sur 1.610 convertis, repérés par la police comme étant prosélytes, impliqués dans des faits de délinquance - certains passant par la prison - ou ayant des relations avec des radicaux.

Dans 37 % des cas étudiés, l'environnement social et les fréquentations étaient à l'origine de l'apprentissage de l'islam.
Loïc Le Pape, doctorant à l'École des hautes études en sciences sociales de Marseille, a étudié certains cas de conversions à l'islam, sur les secteurs de Strasbourg et Marseille.

Il distingue pour sa part quatre types de convertis aujourd'hui :
- " Un tiers sont des convertis mystiques à l'issue d'une quête spirituelle,
- un tiers le sont par proximité avec des musulmans, notamment dans les banlieues,
- et un autre tiers sont des convertis par le mariage avec un conjoint musulman ", constate-t-il.

Car même si un musulman peut se marier avec une adepte d'une autre religion monothéiste, une musulmane doit épouser un coreligionnaire.
Des conversions plus idéologiques qu'avant " Certaines de ces conversions existent pour faire plaisir à la belle-famille, ou au conjoint ", précise Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon. Et ne débouchent pas forcément sur une conversion réelle.
" Il reste un quatrième type de conversion, radicale, touchant une population jeune qui en d'autres temps se serait engagée dans la bande à Baader ", souligne Loïc Le Pape.
Sans forcément être synonymes de radicalité, certaines conversions sont en tout cas " plus idéologiques, contiennent un rejet de la société occidentale, comme avant on pouvait adhérer à un parti politique ", souligne Bruno " Abd Al Haqq " Guiderdoni, astrophysicien, converti il y a vingt ans." Pour certains, l'islam est devenu un moyen de marquer sa différence ", souligne aussi Marc " Aberrachid " Bossa, qui a prononcé la chahada il y a vingt-cinq ans devant le recteur de la Grande Mosquée de Paris d'alors, Si Hamza Boubakeur.
"Des jeunes en recherche de repères" " Les jeunes gens issus des quartiers qui se convertissent sont en recherche de repères, constate Kamel Kabtane. Ils rencontrent l'islam autour d'eux, et c'est l'islam qui vient répondre à leur questionnement sur la famille, l'autorité, etc. En venant à la mosquée, les jeunes convertis retrouvent un environnement, une démarche communautaire, et ils se sentent entourés.
"Ainsi, là où les convertis français d'il y a vingt ans voyaient leur démarche comme un prolongement et un aboutissement de leur origine judéo-chrétienne, dans une optique spirituelle et apolitique, les jeunes issus des banlieues qui se convertissent aujourd'hui à l'islam accompagnent cette démarche de convictions sociales ou politiques, en rupture avec la société actuelle.
" Il y a un vide de formation ", souligne Éric Geoffroy. Les organisations musulmanes françaises ont des difficultés à s'adapter à cette donne, qui n'est pas assimilable au phénomène de " re-conversion " de jeunes de culture musulmane, réel lui aussi.

Des formations spécifiques dans les mosquées Pour accompagner la démarche des nouveaux convertis, certaines mosquées ont cependant mis en place des formations qui leur sont notamment destinées.

La Grande Mosquée de Paris, par exemple, propose des cours d'initiation religieuse et fait passer un test de connaissances aux candidats, avant de délivrer un certificat de conversion. Ce dernier étant demandé surtout dans le cadre d'un mariage en pays musulman, d'un pèlerinage à La Mecque, ou pour un futur enterrement. De son côté, le conseil des imams de Marseille a créé l'an dernier des sessions qui ont lieu tous les quinze jours, visant à transmettre les bases de l'islam, souligne l'imam Azzedine Aïnouche : " On propose aux convertis ou à ceux qui veulent se convertir de suivre trois à quatre séances de cette formation… " La suivent d'abord ceux qui veulent se marier avec un musulman, ou d'autres " qui sont en contact prolongé avec des musulmans dans les quartiers ". Quelles que soient leurs raisons, ces convertis sont un " objet d'étonnement " pour Azzedine Aïnouche : " Ils ne connaissent pas grand-chose de leur religion d'origine…
"Pierre SCHMIDT ***
Des sportifs convertis à l'islam

Franck Ribéry. À 23 ans, le footballeur professionnel de l'Olympique de Marseille est membre de l'équipe de France.
Il a grandi à Boulogne-sur-Mer, où certains de ses copains étaient musulmans. Issu d'une famille modeste et marié avec Wahiba, d'origine algérienne. Il s'est converti durant son adolescence et prie sur les terrains avant les matchs.
" Cette religion, c'est moi qui l'ai choisie. C'est aussi elle qui me donne de la force ", a-t-il expliqué au mois de juin dans Paris Match.

Nicolas Anelka. À 27 ans, le footballeur joue actuellement à Fenerbahçe, en Turquie.
Il a grandi à Trappes, en région parisienne. Ses parents sont venus de Martinique et travaillaient pour l'éducation nationale.
Il se serait converti vers 16 ans, alors qu'il était stagiaire au PSG. Il ne parle pas ou peu de religion dans ses interviews, sauf dans un entretien dans L'Équipe magazine, en avril 2005 : " Je vis ma religion sereinement, sans prosélytisme.

Philippe Troussier. L'ex-footballeur professionnel de 51 ans a entraîné notamment le Nigeria et l'Olympique de Marseille.
Il vit au Maroc depuis une dizaine d'années, et s'est converti au printemps, avec sa femme.
Il a expliqué dans L'Équipe magazine du 8 avril 2006 que sa conversion correspondait à un "long cheminement".
Par ailleurs, d'après lui, sa conversion va lui permettre de faire des trois petites filles qu'il a adoptées au Maroc ses héritières, tout en les élevant dans leur culture.

Tariq Abdul-Wahad (ex-Olivier Saint-Jean). Le basketteur de 31 ans est le premier Français à avoir joué en NBA, en 1997.
Il est né à Maisons-Alfort, en banlieue parisienne, de parents venus de Guyane.
Il s'est
converti en 1997, aux États-Unis, où il jouait pour l'université de San Jose et où il a rencontré un musulman dont la force de caractère et la générosité l'ont poussé à vouloir en savoir plus.
Il affiche sa religion (il y a d'ailleurs toute une rubrique sur l'islam sur son site Internet personnel).
Il est marié avec une Française d'origine marocaine, Khadija, qui porte le foulard. Ils ont trois enfants.
Articles publiés par La Croix du 25/08/2006

Cinq millions de Français se sentent proches du bouddhisme
Article publiée par le Figaro du 02/08/2006

En France, plusieurs centaines de milliers de personnes se déclarent aujourd'hui bouddhistes pratiquants.
L'«Océan de sagesse» aurait dû toucher la France le 12 juillet pour une tournée de dix jours entre la région parisienne, la Bretagne et le Midi, inaugurer des temples comme celui du centre de Lerab Ling dans l'Hérault et enseigner les foules.

Mais le dalaï-lama a renoncé à ce voyage pour raisons de santé. Inquiets pour le chef spirituel des bouddhistes tibétains de l'école dite «des bonnets jaunes» âgé de 71 ans, les fidèles ont été rassurés en apprenant que le maître était entré en retraite de silence et de méditation.
«C'est signe qu'il ne se porte pas trop mal et qu'il va au contraire préparer son voyage aux États-Unis», analyse Catherine Berry (1), figure du bouddhisme français et présentatrice de l'émission «Voix bouddhistes» sur France 2.

Des différences entre «orientaux» et «convertis»
Sa venue régulière mobilise les troupes en France qui compterait non seulement des centaines de milliers de pratiquants mais aussi quelque 5 millions de «sympathisants».
«Les enseignements du dalaï-lama, explique Fabrice Midal, spécialiste du bouddhisme, vont bien au-delà d'un cercle de croyants. Ils s'adressent à tous.»
Les pratiquants font aussi remarquer les différences d'approche qui existent entre «orientaux» et «convertis», pour beaucoup réunis dans les familles du zen ou tibétaines. «Les Asiatiques pratiquent en communauté et de manière très dévotionnelle alors que le bouddhisme français de souche bénéficie lui d'enseignements réservés habituellement à une élite», souligne Catherine Barry, convertie avant l'âge du bac car déçue par une religion catholique qu'elle estimait «trop extérieure, trop institutionnelle, n'insistant pas assez sur la responsabilité de chacun».

Retraites estivales auprès de guides spirituels
Comme elle, qui se ressource auprès d'un maître tibétain dans un centre en Bourgogne, des milliers de Français, depuis l'explosion des années 70, continuent à effectuer des retraites estivales auprès de divers guides spirituels.
Le maître zen vietnamien Thich Nhat Hanh connaît le succès dans son «village des Pruniers» créé en 1982 et situé à Thénac (Dordogne). Des retraites pour familles et amis s'y déroulent. Thich Nhat Hanh propose ensuite une retraite avec les moines et les moniales du centre, pour en savoir «un peu plus sur notre propre esprit», utilisant «les enseignements bouddhistes ainsi que les récentes découvertes scientifiques».

Dominicain, le père Thierry-Marie Courau enseigne le bouddhisme à l'Institut de science et de théologie des religions à l'Institut catholique de Paris. Pour lui, «le bouddhisme n'apporte rien en tant que tel». «En revanche, dit-il, il peut modifier les personnes de l'intérieur, permettre un véritable chemin d'ouverture.»
Ce religieux craint cependant que «l'Occident ne soit le fossoyeur du bouddhisme en étant celui qui l'utilise à son profit».Sophie de Ravinel


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