miroirs-les religions dans le monde
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MIROIRS - DIEU


Dieu est un mot hérité du latin deus, lui même issu d'une racine indo-européenne *deiwos (une divinité) de la base*dei- (lueur, briller). (Webster's New World Dictionary)

Suivant les points de vues, le terme Dieu peut avoir différentes significations. C'est ainsi que :

Pour les religions monothéistes, les trois religions dites du Livre, le terme Dieu désigne un être supérieur, immatériel, créateur de notre univers et doué de la perfection absolue.

- Pour les religions polythéistes, il n'existe pas un dieu mais plusieurs dieux, dont les rôles dans l'Univers sont variables selon les croyances.

- En philosophie, dans une perspective croyante, Dieu est l'Être par excellence ; on parle aussi en métaphysique de cause première. Il reçoit traditionnellement les attributs suivants : pour l'existence : infinité, immuabilité et perfection ; pour la volonté et l'entendement : toute-puissance, omniscience, sagesse, justice et bonté.

pour les agnostiques, il n'est pas possible de se positionner sur la question de l'existence de Dieu, ce pourquoi ils demeurent dans le doute.
- Pour les athées, l'existence des dieux ou de Dieu, dénuée de fondement réel, relève d'une invention humaine.

L'IDEE DE DIEU

La tradition et l'histoire, l'habitude et l'éducation favorisent la convergence, ou l'identification, de l'idée d'un Dieu et de l'idée de Dieu, seul vrai Dieu, toujours vainqueur comparé à d'autres dieux ; le monothéisme chrétien en a imposé l'image, les théologies dogmatiques en ont construit l'idée, que les métaphysiques rationnelles ont développée.

Convergence et conjugaison de ces courants, la représentation s'est forgée d'un Être absolu, infini, parfait, tout-puissant, éternel, possédant le plus grand pouvoir : il est créateur, la plus grande perfection : il possède éminemment toutes les « vertus ».

Entre le « Dieu vivant » et le « Dieu des philosophes et des savants », aucune opposition, aucune contradiction, la réflexion retrouvant dans ses conclusions le Dieu de la foi qu'elle se donnait comme principe ; servante déclarée ou clandestine de la théologie, la philosophie, honteuse d'elle-même, paralysée par le scrupule et la peur, n'osa pas examiner de front une idée d'avance exceptionnelle, s'attaquer à ses présupposés et à sa possibilité et admit implicitement sa valeur interne, l'existence de son objet, la légitimité des preuves où s'unissent cette notion et cette existence.

Avant Hegel et Nietzsche, qui, les sceptiques exceptés, eut le courage de briser son cœur respectueux ? de traiter de la même manière toutes les idées et tous les textes ?


DEFINITION DONNEE PAR L'ENCYCLOPEDIE DE DIDEROT ET D'ALEMBERT

Encyclopédie de Diderot et d'Alembert
  DIEU, s. m. (Métaph. & Théol.) Tertullien rapporte que Thalès étant à la cour de Crésus, ce prince lui demanda une explication claire & nette de la Divinité.
Après plusieurs réponses vagues, le philosophe convint qu'il n'avoit rien à dire de satisfaisant.

Cicéron avoit remarqué quelque chose de semblable du poëte Simonide : Hieron lui demanda ce que c'est que Dieu, & il promit de répondre en peu de jours.
Ce délai passé, il en demanda un autre, & puis un autre encore : à la fin, le roi le pressant vivement, il dit pour toute réponse : Plus j'examine cette matiere, & plus je la trouve au-dessus de mon intelligence.

On peut conclure de l'embarras de ces deux philosophes, qu'il n'y a guere de sujet qui mérite plus de circonspection dans nos jugemens, que ce qui regarde la Divinité : elle est inaccessible à nos regards ; on ne peut la dévoiler, quelque soin qu'on prenne.
" En effet, comme dit S. Augustin, Dieu est un être dont on parle sans en pouvoir rien dire, & qui est supérieur à toutes les définitions. "

Les PP. de l'église, sur-tout ceux qui ont vécu dans les quatre premiers siecles, ont tenu le même langage.
Mais quelqu'incompréhensible que soit Dieu, on ne doit pas cependant en inférer qu'il le soit en tout : s'il en étoit ainsi, nous n'aurions de lui nulle idée, & nous n'en aurions rien à dire.
Mais nous pouvons & nous devons affirmer de Dieu, qu'il existe, qu'il a de l'intelligence, de la sagesse, de la puissance, de la force, puisqu'il a donné ces prérogatives à ses ouvrages ; mais qu'il a ses qualités dans un degré qui passe ce que nous en pouvons concevoir, les ayant 1°. par sa nature & par la nécessité de son être, non par communication & par emprunt ; 2°. les ayant toutes ensemble & réunies dans un seul être très-simple & indivisible, & non par parties & dispersées, telles qu'elles sont dans les créatures ; 3°. les ayant enfin comme dans leur source, au lieu que nous ne les avons que comme des émanations de l'Etre infini, éternel, ineffable.

Il n'y a rien de plus facile que de connoître qu'il y a un Dieu ; que ce Dieu a éternellement existé ; qu'il est impossible qu'il n'ait pas éminemment l'intelligence, & toutes les bonnes qualités qui se trouvent dans les créatures.
L'homme le plus grossier & le plus stupide, pour peu qu'il déploye ses idées & qu'il exerce son esprit, reconnoîtra aisément cette vérité. Tout lui parle hautement en faveur de la Divinité.
Il la trouve en lui & hors de lui : en lui, 1°. parce qu'il sent bien qu'il n'est pas l'auteur de lui-même, & que pour comprendre comment il existe, il faut de nécessité recourir à une main souveraine qui l'ait tiré du néant ; 2°. au-dehors de lui dans l'univers, qui ressemble à un champ de tableau, où l'ouvrier parfait s'est peint lui-même dans son oeuvre, autant qu'elle pouvoit en être l'image ; il ne sauroit ouvrir les yeux qu'il ne découvre par-tout autour de lui les traces d'une intelligence puissante & sans bornes.

L'éternel est son nom, le monde est son ouvrage.
Abbé Maller


AU NOM DE DIEU
Par Pierre PERRET

Depuis la nuit des temps,
On s'étripe gaiement
Au nom de Dieu.
On continue pourtant
En faisant toujours mieux.
Il est jamais content.
On lui a fait des églises
Pour calmer son courroux,
Couroucoucou,
Des temples et des Mecques
Ou des femmes et des mecs
L'honorent à genoux.

Parmi tous ces mordus,
Ces millions de fanas,
Tout's ces brebis,
Y a ceux qui ador' Jésus,
Ceux qui préférent Allah,
D'autres leur canari.
Si t'es athée, sais-tu,
Pour ces gars, t'est foutu.
Turlututu.
Ils dis'que tu te gourres
Et que Dieu est amour
Et après, ils te tuent.

On brûla les sorciers,
Les homos, sans-papiers,
Les francs-maçons
Et, même, on fit becqueter
A de pauvres lions
Blandine et les Garçons.
Le Bon roi Saint-Louis
Massacra les harkis
Jusqu'à Tunis
Puis revint sous le gui Mettre l'étoile aux Juifs
Et rendre l'injustice.

Charles-Neuf, le catho,
Offrit aux parpaillots,
Au nom de Dieu,
La Saint-Barthélemy.
Les Irlandais, depuis,
N'ont pas fait beaucoup mieux.
Monsieur Christoph' Colomb
Qui, l'vendredi, n'aimait
Que le poisson,
Grilla au chalumeau
Le grand Géronimo
Qui mangeait du bison.

" Pas de préservatif. ",
Dit le souv'rain Pontife
Au nom de Dieu,
Et cette manière sage De réduire le chômage
En fit un homme heureux.
Pis y a ces fous de Dieu
Qui, au nom d'la vertu,
Chapeau pointu,
Egorgent bravement
Des femmes et des enfants
En lisant le Coran.

Depuis la nuit des temps,
On s'étripe gaiement
Au nom de Dieu.
On continue pourtant
En faisant toujours mieux.
Il est jamais content.
Si ce Dieu juste et bon
N'envoie ses oraisons
Qu'à des tueurs,
Doit-on penser qu'alors
L'oraison du plus fort
Est toujours la meilleure ?
Doit-on penser qu'alors
L'oraison du plus fort
Est toujours la meilleure ?







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