miroirs-les religions dans le monde : le boudhisme et le LE DALAI-LAMA
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MIROIRS - LE BOUDHISME


Le bouddhisme est l’un des grands systèmes de pensée et d'action orientaux, né en Inde au VIe siècle av. J.-C.. Il est fondé sur un triple socle appelé les Trois Joyaux : les bouddhistes déclarent prendre refuge dans le Bouddha (le fondateur du bouddhisme), dans le Dharma (la doctrine du Bouddha) et dans le Sangha (la communauté des fidèles pour certains, l'Ordre monastique pour d'autres).
La difficulté à définir le bouddhisme à l’aide de catégories classiques, fait qu’il est souvent considéré comme une philosophie ou une religion.

BOUDHA
Le titre de Bouddha (en sanskrit buddha, « éveillé », participe passé passif de racine sanskrite budh-, « s'éveiller ») , désigne une personne ayant réalisé l'éveil, ayant atteint le nirvana, l'autre rive, notamment de par sa sagesse.
Plusieurs types de Bouddhas sont distingués et plusieurs Bouddhas sont décrits ; le plus connu demeure le fondateur du bouddhisme, Siddharta Gautama, considéré comme un Bouddha pur et parfait.

Vie du Bouddha
Bouddha Tian Tan, Hong KongLes récits de la vie du Bouddha se sont perpétués par la tradition orale et n'ont été mis par écrit pour la première fois que quelques centaines d'années après sa mort.
Les écritures bouddhistes mélangent métaphysique et légendes concernant la vie du Bouddha.
Certains épisodes, tel celui où il apaise un éléphant furieux que son cousin Devadatta aurait lâché sur lui pour le tuer et le remplacer à la tête de la communauté des moines, peuvent être acceptables pour le lecteur matérialiste, d'autres, tels ses conversations avec les dieux ou sa téléportation instantanée au Sri Laka, ne les sont pas.
Dépouillé de ses aspects métaphysiques ou magiques, un résumé de sa vie pourrait être le suivant (les aspects légendaires célèbres sont cependant indiqués entre crochets) :
Le bouddhisme nait dans le contexte de l'Inde védique : Les Veda sont des livres très respectés. L'inde est marquée par un système de castes.
Différents maîtres développent leur vision du nirvana, et présentent un moyen de l'atteindre.
Différentes notions de l'hindouisme se verront remaniées dans le bouddhisme ; comme le concept de réincarnation, de karma, les dhyanas, le statut de dieux comme Brahma.
Le bouddhisme ancien considère différentes écoles, naissant au même moment que lui, dont le jaïnisme, seule de ces écoles ayant survécu de nos jours.

Vie au palais
Siddhartha Gautama naît à Kapilavastu, un village sur les contreforts de l'Himalaya, dans la caste des katriya, les guerriers-aristocrates. Son père est Suddhodana, le chef de Kapilavastu, et sa mère la reine Mayadevi.
Le récit de sa naissance donne lieu à une légende célèbre : il serait né dans un bois sacré non loin, à Lumbinî, au Népal, pendant un déplacement de sa mère auprès de ses parents : selon la légende, sa mère (dont le nom signifie « illusion ») aurait conçu Siddhartha en songe, pénétrée au sein par un éléphant blanc à six défenses.
C'est debout, sur la route qui la conduisait chez ses parents, qu'elle aurait enfanté, accrochée à une branche d'arbre, tandis que les divinités brâhmaniques faisaient pleuvoir des pétales de fleurs sur elle. Sitôt né, l'enfant se serait mis debout et aurait « pris possession » de l'Univers en se tournant vers les points cardinaux, puis aurait fait sept pas vers le nord.
À seize ans, il épouse la jeune princesse Yasodhara qui lui donne un fils, Rahula. Toutes les traditions concordent sur le fait qu'il est contemporain des deux rois du Magadha, Bimbisâra et de son fils Ajatasatru.

Il passe toute son enfance protégé dans l'enceinte du palais familial, dans le respect de l'hindouisme et élevé en guerrier, selon sa caste. Son père, en effet, qui avait été averti que son fils serait soit un grand k?atriya, soit un bouddha, empêche par une vie de facilités qu'il réfléchisse aux difficultés et à la souffrance des hommes, afin qu'il ne devienne pas un sage.

Révélation
À 29 ans, alors qu'il se promène hors de l'enceinte du palais, il découvre la souffrance endémique de son peuple qui lui avait été cachée jusqu'alors et le fossé qui la sépare du luxe de sa vie aristocratique.
La légende rapporte que ce sont quatre rencontres qui changent sa vie : un vieillard lui fait prendre conscience de la souffrance du temps qui passe et de la déchéance du corps vieillissant ;
un malade lui apprend que le corps souffre aussi indépendamment du temps et un cadavre que l'on menait au bûcher lui révèle la mort dans tout son caractère sordide.
Enfin, un ermite lui montre ce que peut être la sagesse.

Pratiques
Il rejette alors titre et palais et commence une vie d'ascèse, suivant les enseignements de plusieurs ermites renonçants, des sa?nyasin ou des sâdhu, et entreprend des pratiques méditatives austères.

Le Bouddha fut influencé par les concepts de son époque. Il eut pour maître le brahmane Arada Kalama , mais ce qu'il apprit - maîtriser le septième dhyana, la sphère du néant - ne lui sembla pas suffisant.
Il se rendit à Rajagrha et prit comme second maitre Udraka Ramaputra, qui lui enseigna le huitième dhyana, la sphère de ni perception ni non-perception. Là encore, le Bouddha estima ne pas avoir trouvé la voie vers le nirvana.

Pendant six ans, il pratiqua les austérités avec cinq autres ascètes méditants. Il faillit mourir d'abstinence et décida de trouver une autre voie ; ses amis pensèrent qu'il délaissait la pratique.

Eveil
Le Bouddha d'or du Wat Traïmit, à Bangkok.
Six ans plus tard, alors qu'il se trouve dans le village de Bodh-Gaya, constatant que ces pratiques ne l'ont pas mené à une plus grande compréhension du monde, il les abandonne et accepte des mains d'une jeune fille du village, Sujata, un bol de riz au lait, mettant ainsi fin à ses mortifications et se concentre sur la méditation et la voie moyenne, celle qui consiste à nier les excès, comparable au « rien de trop » delphique : en sorte, il s'agit de refuser le laxisme comme l'austérité excessive. Les cinq disciples qui le suivaient l'abandonnent, jugeant cet acte comme une trahison de sa part.

Siddhartha Gautama s'assied alors sous un pipal (Ficus religiosa) et fait le vœu de ne pas bouger de cette place avant d'avoir atteint la Vérité.

Là encore, plusieurs légendes racontent comment Mara, démon de la mort, effrayé du pouvoir que le Bouddha allait obtenir contre lui en délivrant les hommes de la peur de mourir, tente de le sortir de sa méditation en lançant contre lui des hordes de démons effrayants et ses filles séductrices.
En vain : c'est dans une posture demeurée célèbre dans l'iconographie bouddhiste que Siddhartha prend la terre à témoin de ses mérites passés, accéde à l'éveil et nie simplement les présences démoniaques sans les combattre, en toute sérénité.

Mise en mouvement de la roue de la loi
Gautama Bouddha, après avoir atteint l'éveil, hésite à enseigner : il se demande si une telle parole sera entendue. La tradition fait intervenir un Naga qui convainc Gautama de mettre à profit sa connaissance.
La mise en mouvement de la roue de la loi désigne le premier sermon de Gautama, dans lequel il énonce les quatre nobles vérités.
Il affirme qu'il a réalisé l'éveil ou la compréhension totale de la nature et des causes de la souffrance humaine et des étapes nécessaires à son élimination. Cet illumination, possible pour tous les êtres, s'appelle la bodhi et donne son nouveau nom à Siddhartha : celui qui a atteint la bodhi est un Bouddha.

Gautama Bouddha a bien insisté sur le fait qu'il n'était ni un dieu, ni le messager d'un dieu et que l'illumination n'était pas le résultat d'un processus ou d'un agent surnaturel, mais plutôt le résultat d'une attention particulière à la nature de l'esprit humain, et qu'elle pourrait être redécouverte par n'importe qui pour son propre profit.

Les deux interprétations qui en découlent départagent le bouddhisme ancien et le bouddhisme Mahâyâna.
La première décrit la possibilité d'atteindre l'éveil en tant qu'auditeur, c'est à dire la possibilité de sortir du Samsara grâce à l'enseignement de Gautama. La deuxième interprétation est que tout être sensible possède en lui la nature de Bouddha, qui est la véritable nature de l'esprit.

Sangha
Temple de Bodnath, à Katmandu, au Nepal.Pendant les quarante-cinq années restantes de sa vie, il voyage dans la plaine gangétique du centre de l'Inde (la région du Gange et de ses affluents), enseignant sa pratique en matière de méditation à une grande variété de personnes, allant des nobles aux balayeurs des rues, et sans oublier les disciples des philosophies et religions.
Il fonde la communauté des moines et des nonnes bouddhistes (le sa?gha) pour perpétuer ses enseignements après sa disparition (considéré comme le parinirva?a ou « nirvâna complet »).

Mort
Bouddha se rend bientôt compte que son existence corporelle approche de sa fin. Il dit à son disciple Ananda de préparer un lit entre deux arbres sâla (Shorea robusta).
Bouddha meurt ainsi à Kusinara (maintenant Kusinagar en Inde, dans l'actuel Uttar Pradesh) à l'âge de quatre-vingts ans. Le forgeron Chunda lui offre son dernier repas, un sukaramaddavam. La traduction correcte de ce terme est inconnue ; sukara signifie « porc », maddavam quelque chose comme « délice », aussi le sukaramaddavam peut signifier « le porc tendre (délicieux) » ou des « champignons ou des truffes (délices) appréciés par les porcs ».
Ce repas pourrait être à l'origine de sa mort. Le végétarisme est un idéal pour les bouddhistes plutôt qu'une obligation, et les moines et les nonnes sont encouragés à accepter toutes les offres de nourriture qui leur sont faites (à moins qu'ils ne voient, n'entendent, ou ne suspectent qu'un animal a été spécialement tué pour les alimenter).

Les derniers mots du Bouddha sont : « La dégradation et la mort sont inhérentes à tous les êtres. Mais chacun peut obtenir le droit de s'en évader. Ne cessez pas de lutter ».

Question de l'historicité
Toutes les sources s'accordent à considérer une durée de vie du bouddha historique de quatre-vingt ans. En dehors de ce point, les estimations varient :
961 a.v. J.-C. à 881 a.v. J.-C. selon la chronologie tibétaine
- 566 à - 486 selon le theravada et en occident
-463 à -383 (estimations japonaises récentes).

L'enseignement de Gautama fut oral, et s'est longtemps perpétué de manière orale ; le canon pali ne fut rédigé qu'au Ier siècle.

LE DALAI-LAMA
Un gourou très médiatisé

Chef spirituel et temporel du peuple tibétain, le 14e dalaï-lama, réincarnation du 13e et remontant le fil du temps, incarnation physique du bodhisattva de la compassion, c'est-à-dire le bouddha en devenir, s'impose en référence médiatique internationale incontournable. En ce début du XXIe siècle, n'est-on pas tenté de saluer là un net progrès de l'intelligence humaine ?
Mais son nom ne signifie-t-il pas " océan de sagesse ", vaste profondeur dans laquelle il puise et façonne des déferlantes d'ambiguïtés sous un visage de vieux gourou sympathique et volontiers railleur.

quand le dalaï-lama flirtait avec la CIA
Selon la doctrine bouddhiste tibétaine, chaque être se réincarne après sa mort. À l'âge de trois ans, Tenzin Gyatso est reconnu, grâce à une série de signes, comme la réincarnation de ses treize prédécesseurs. Le 22 février 1940, il est intronisé dalaï-lama à Lhassa, la capitale du Tibet. Il a alors quatre ans. " On me demande souvent si je crois réellement cela, disait-il en 1991.
Il n'y a pas de réponse simple à cette question. Mais (…) considérant mon expérience dans cette vie et mes croyances bouddhistes, je n'ai aucune difficulté à accepter que j'ai un lien spirituel avec les treize précédents dalaï-lamas (…) et avec le Bouddha lui-même. " Voilà pour la filiation.

Côté fréquentations, elles sont tout aussi complexes. Il est vrai qu'enfant, le saint homme a reçu un nazi autrichien comme précepteur. L'un de ces alpinistes qui attaquaient l'Eiger pour, au retour, avoir le plaisir d'être décoré par Hitler.
Le dalaï-lama n'a jamais renié ce maître, auteur de Sept Ans au Tibet, auquel il a rendu visite jusqu'à sa mort. Il eut par la suite d'autres liaisons dangereuses comme le gourou japonais de la secte Aum, Shoko Asahara, qui, en 1995, s'illustra en empoisonnant par gaz les passagers d'un métro de Tokyo, entraînant la mort de plusieurs dizaines de personnes et la contamination de 5 500 autres. Selon une enquête du magazine allemand Stern, les deux hommes se seraient rencontrés à cinq reprises à partir de 1987.

Le journaliste Christopher Hitchens, auteur de l'ouvrage His Material Highness, estime que le gourou aurait en outre contribué à hauteur de 1,2 million de dollars à la " cause tibétaine ".

Entre-temps, dans les années soixante, c'est avec la CIA que flirtait le dalaï-lama à raison d'une aide financière et de l'entraînement de groupes armés tibétains renvoyés sur le Toit du monde pour tenter le coup de main contre l'armée chinoise. Les faits sont connus, révélés et confirmés par les agents américains eux-mêmes. Mais l'image médiatique du prix Nobel de la paix en 1989 est telle que personne n'ose vraiment s'en émouvoir !

" Vouloir comprendre la "question tibétaine" à partir des déclarations du dalaï-lama et de ses disciples serait comme vouloir reconstruire la Révolution française en se fiant aux "analyses" de la réaction des nobles réfugiés à l'étranger, et qui tendaient à placer tous leurs espoirs dans les baïonnettes des puissances contre-révolutionnaires ", écrit un spécialiste de la région.
Interviewé par le Nouvel Observateur en juin dernier, le chef tibétain ne confiait-il pas que, avant 1959, le Tibet était " fondamentalement " " une société heureuse, une humanité heureuse, paisible en général ". En fait, un régime théocratique des plus arriérés. Sous son règne, aristocrates et religieux possédaient 95 % du territoire. Les paysans étaient dans leur majorité réduits au servage. Et dans le registre des " lois ", les codes 13 et 16 donnaient le moyen de calculer le juste prix du manant que le seigneur souhaitait vendre ou acheter. Une sorte de charia tibétaine donnait le droit à l'autorité de mutiler pour punir.

l'obligation politico-religieuse
Que revendique aujourd'hui celui qui se considère comme " le porte-parole libre du peuple tibétain " ? Officiellement, le dalaï-lama se présente comme un modéré, partisan de la ligne médiane. Face aux indépendantistes, il ne réclame " que l'autonomie du Tibet ".
Mais sur son étendue dite historique qui engloberait les provinces du Gansu, du Qinhaï, une partie du Sichuan et du Yunnan, où vivent des petites minorités tibétaines, soit près du tiers de la Chine. Quant au régime politique envisagé, il fleure bon un retour à la théocratie, bien que le principal intéressé s'en défende. Pourtant, la séparation entre sphère politique et sphère religieuse est bien absente.
La " Constitution " établie par le gouvernement en exil se conclut avec une " résolution spéciale ", approuvée en 1991, dans laquelle on proclame l'obligation politico-religieuse de la " foi " et de l'" allégeance " à l'égard de " Sa Sainteté le dalaï-lama ", appelé à " rester avec nous à jamais comme notre chef suprême spirituel et temporel ". Dominique Bari


LE BOUDHISME

NÉ DANS L'INDE il y a vingt-cinq siècles, le bouddhisme s'est répandu peu à peu sur toute la partie la plus vaste et la plus peuplée de l'Asie, de l'Afghanistan à l'Indonésie et de Ceylan au Japon.
Il y a prospéré pendant fort longtemps et il est encore florissant dans ces deux derniers pays ainsi qu'en Thaïlande, en Birmanie et en Corée du Sud, comme il l'était naguère au Tibet, au Cambodge, au Laos et au Vietnam.
Son influence fut et est demeurée profonde sur les hommes et les civilisations de ce continent, malgré les différences qui les distinguent et qui se manifestent notamment à travers les arts et les littératures des divers pays où ce mouvement s'est implanté.

La vocation missionnaire du bouddhisme remonte à ses origines, la « Voie de la Délivrance » découverte par le Buddha devant être montrée à tous les hommes, quels que soient leur race, leur sexe, leur groupe social.
Cette propagation des enseignements du Bienheureux se fit presque toujours avec beaucoup de tolérance et de souplesse, en s'adaptant aux croyances, aux sentiments et aux coutumes des gens auxquels elle s'adressait, dans toute la mesure où cela n'était pas incompatible avec les principes, moraux et autres, du bouddhisme. Cette adaptation était largement facilitée par l'absence d'une autorité supérieure qui, comme la papauté, définirait et imposerait une orthodoxie.
C'est pourquoi il existe tant de diversité entre les multiples formes prises par le bouddhisme au cours de sa longue histoire dans les pays, si dissemblables à tant d'égards, où il a prospéré.

Cinq millions de Français se sentent proches du bouddhisme
Article publiée par le Figaro du 02/08/2006

En France, plusieurs centaines de milliers de personnes se déclarent aujourd'hui bouddhistes pratiquants.
L'«Océan de sagesse» aurait dû toucher la France le 12 juillet pour une tournée de dix jours entre la région parisienne, la Bretagne et le Midi, inaugurer des temples comme celui du centre de Lerab Ling dans l'Hérault et enseigner les foules.

Mais le dalaï-lama a renoncé à ce voyage pour raisons de santé. Inquiets pour le chef spirituel des bouddhistes tibétains de l'école dite «des bonnets jaunes» âgé de 71 ans, les fidèles ont été rassurés en apprenant que le maître était entré en retraite de silence et de méditation.
«C'est signe qu'il ne se porte pas trop mal et qu'il va au contraire préparer son voyage aux États-Unis», analyse Catherine Berry (1), figure du bouddhisme français et présentatrice de l'émission «Voix bouddhistes» sur France 2.

Des différences entre «orientaux» et «convertis»
Sa venue régulière mobilise les troupes en France qui compterait non seulement des centaines de milliers de pratiquants mais aussi quelque 5 millions de «sympathisants».
«Les enseignements du dalaï-lama, explique Fabrice Midal, spécialiste du bouddhisme, vont bien au-delà d'un cercle de croyants. Ils s'adressent à tous.»
Les pratiquants font aussi remarquer les différences d'approche qui existent entre «orientaux» et «convertis», pour beaucoup réunis dans les familles du zen ou tibétaines. «Les Asiatiques pratiquent en communauté et de manière très dévotionnelle alors que le bouddhisme français de souche bénéficie lui d'enseignements réservés habituellement à une élite», souligne Catherine Barry, convertie avant l'âge du bac car déçue par une religion catholique qu'elle estimait «trop extérieure, trop institutionnelle, n'insistant pas assez sur la responsabilité de chacun».

Retraites estivales auprès de guides spirituels
Comme elle, qui se ressource auprès d'un maître tibétain dans un centre en Bourgogne, des milliers de Français, depuis l'explosion des années 70, continuent à effectuer des retraites estivales auprès de divers guides spirituels.
Le maître zen vietnamien Thich Nhat Hanh connaît le succès dans son «village des Pruniers» créé en 1982 et situé à Thénac (Dordogne). Des retraites pour familles et amis s'y déroulent. Thich Nhat Hanh propose ensuite une retraite avec les moines et les moniales du centre, pour en savoir «un peu plus sur notre propre esprit», utilisant «les enseignements bouddhistes ainsi que les récentes découvertes scientifiques».

Dominicain, le père Thierry-Marie Courau enseigne le bouddhisme à l'Institut de science et de théologie des religions à l'Institut catholique de Paris. Pour lui, «le bouddhisme n'apporte rien en tant que tel». «En revanche, dit-il, il peut modifier les personnes de l'intérieur, permettre un véritable chemin d'ouverture.»
Ce religieux craint cependant que «l'Occident ne soit le fossoyeur du bouddhisme en étant celui qui l'utilise à son profit».Sophie de Ravinel





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