
Le titre de Bouddha (en sanskrit buddha, « éveillé », participe passé passif de racine sanskrite budh-, « s'éveiller ») , désigne une personne ayant réalisé l'éveil, ayant atteint le nirvana, l'autre rive, notamment de par sa sagesse.
Plusieurs types de Bouddhas sont distingués et plusieurs Bouddhas sont décrits ; le plus connu demeure le fondateur du bouddhisme, Siddharta Gautama, considéré comme un Bouddha pur et parfait.
Vie du Bouddha
Bouddha Tian Tan, Hong KongLes récits de la vie du Bouddha se sont perpétués par la tradition orale et n'ont été mis par écrit pour la première fois que quelques centaines d'années après sa mort.
Les écritures bouddhistes mélangent métaphysique et légendes concernant la vie du Bouddha.
Certains épisodes, tel celui où il apaise un éléphant furieux que son cousin Devadatta aurait lâché sur lui pour le tuer et le remplacer à la tête de la communauté des moines, peuvent être acceptables pour le lecteur matérialiste, d'autres, tels ses conversations avec les dieux ou sa téléportation instantanée au Sri Laka, ne les sont pas.
Dépouillé de ses aspects métaphysiques ou magiques, un résumé de sa vie pourrait être le suivant (les aspects légendaires célèbres sont cependant indiqués entre crochets) :
Le bouddhisme nait dans le contexte de l'Inde védique : Les Veda sont des livres très respectés. L'inde est marquée par un système de castes.
Différents maîtres développent leur vision du nirvana, et présentent un moyen de l'atteindre.
Différentes notions de l'hindouisme se verront remaniées dans le bouddhisme ; comme le concept de réincarnation, de karma, les dhyanas, le statut de dieux comme Brahma.
Le bouddhisme ancien considère différentes écoles, naissant au même moment que lui, dont le jaïnisme, seule de ces écoles ayant survécu de nos jours.
Vie au palais
Siddhartha Gautama naît à Kapilavastu, un village sur les contreforts de l'Himalaya, dans la caste des katriya, les guerriers-aristocrates. Son père est Suddhodana, le chef de Kapilavastu, et sa mère la reine Mayadevi.
Le récit de sa naissance donne lieu à une légende célèbre : il serait né dans un bois sacré non loin, à Lumbinî, au Népal, pendant un déplacement de sa mère auprès de ses parents : selon la légende, sa mère (dont le nom signifie « illusion ») aurait conçu Siddhartha en songe, pénétrée au sein par un éléphant blanc à six défenses.
C'est debout, sur la route qui la conduisait chez ses parents, qu'elle aurait enfanté, accrochée à une branche d'arbre, tandis que les divinités brâhmaniques faisaient pleuvoir des pétales de fleurs sur elle. Sitôt né, l'enfant se serait mis debout et aurait « pris possession » de l'Univers en se tournant vers les points cardinaux, puis aurait fait sept pas vers le nord.
À seize ans, il épouse la jeune princesse Yasodhara qui lui donne un fils, Rahula. Toutes les traditions concordent sur le fait qu'il est contemporain des deux rois du Magadha, Bimbisâra et de son fils Ajatasatru.
Il passe toute son enfance protégé dans l'enceinte du palais familial, dans le respect de l'hindouisme et élevé en guerrier, selon sa caste. Son père, en effet, qui avait été averti que son fils serait soit un grand k?atriya, soit un bouddha, empêche par une vie de facilités qu'il réfléchisse aux difficultés et à la souffrance des hommes, afin qu'il ne devienne pas un sage.
Révélation
À 29 ans, alors qu'il se promène hors de l'enceinte du palais, il découvre la souffrance endémique de son peuple qui lui avait été cachée jusqu'alors et le fossé qui la sépare du luxe de sa vie aristocratique.
La légende rapporte que ce sont quatre rencontres qui changent sa vie : un vieillard lui fait prendre conscience de la souffrance du temps qui passe et de la déchéance du corps vieillissant ;
un malade lui apprend que le corps souffre aussi indépendamment du temps et un cadavre que l'on menait au bûcher lui révèle la mort dans tout son caractère sordide.
Enfin, un ermite lui montre ce que peut être la sagesse.
PratiquesIl rejette alors titre et palais et commence une vie d'ascèse, suivant les enseignements de plusieurs ermites renonçants, des sa?nyasin ou des sâdhu, et entreprend des pratiques méditatives austères.
Le Bouddha fut influencé par les concepts de son époque. Il eut pour maître le brahmane Arada Kalama , mais ce qu'il apprit - maîtriser le septième dhyana, la sphère du néant - ne lui sembla pas suffisant.
Il se rendit à Rajagrha et prit comme second maitre Udraka Ramaputra, qui lui enseigna le huitième dhyana, la sphère de ni perception ni non-perception. Là encore, le Bouddha estima ne pas avoir trouvé la voie vers le nirvana.
Pendant six ans, il pratiqua les austérités avec cinq autres ascètes méditants. Il faillit mourir d'abstinence et décida de trouver une autre voie ; ses amis pensèrent qu'il délaissait la pratique.
Eveil
Le Bouddha d'or du Wat Traïmit, à Bangkok.
Six ans plus tard, alors qu'il se trouve dans le village de Bodh-Gaya, constatant que ces pratiques ne l'ont pas mené à une plus grande compréhension du monde, il les abandonne et accepte des mains d'une jeune fille du village, Sujata, un bol de riz au lait, mettant ainsi fin à ses mortifications et se concentre sur la méditation et la voie moyenne, celle qui consiste à nier les excès, comparable au « rien de trop » delphique : en sorte, il s'agit de refuser le laxisme comme l'austérité excessive. Les cinq disciples qui le suivaient l'abandonnent, jugeant cet acte comme une trahison de sa part.
Siddhartha Gautama s'assied alors sous un pipal (Ficus religiosa) et fait le vœu de ne pas bouger de cette place avant d'avoir atteint la Vérité.
Là encore, plusieurs légendes racontent comment Mara, démon de la mort, effrayé du pouvoir que le Bouddha allait obtenir contre lui en délivrant les hommes de la peur de mourir, tente de le sortir de sa méditation en lançant contre lui des hordes de démons effrayants et ses filles séductrices.
En vain : c'est dans une posture demeurée célèbre dans l'iconographie bouddhiste que Siddhartha prend la terre à témoin de ses mérites passés, accéde à l'éveil et nie simplement les présences démoniaques sans les combattre, en toute sérénité.
Mise en mouvement de la roue de la loi
Gautama Bouddha, après avoir atteint l'éveil, hésite à enseigner : il se demande si une telle parole sera entendue. La tradition fait intervenir un Naga qui convainc Gautama de mettre à profit sa connaissance.
La mise en mouvement de la roue de la loi désigne le premier sermon de Gautama, dans lequel il énonce les quatre nobles vérités.
Il affirme qu'il a réalisé l'éveil ou la compréhension totale de la nature et des causes de la souffrance humaine et des étapes nécessaires à son élimination. Cet illumination, possible pour tous les êtres, s'appelle la bodhi et donne son nouveau nom à Siddhartha : celui qui a atteint la bodhi est un Bouddha.
Gautama Bouddha a bien insisté sur le fait qu'il n'était ni un dieu, ni le messager d'un dieu et que l'illumination n'était pas le résultat d'un processus ou d'un agent surnaturel, mais plutôt le résultat d'une attention particulière à la nature de l'esprit humain, et qu'elle pourrait être redécouverte par n'importe qui pour son propre profit.
Les deux interprétations qui en découlent départagent le bouddhisme ancien et le bouddhisme Mahâyâna.
La première décrit la possibilité d'atteindre l'éveil en tant qu'auditeur, c'est à dire la possibilité de sortir du Samsara grâce à l'enseignement de Gautama.
La deuxième interprétation est que tout être sensible possède en lui la nature de Bouddha, qui est la véritable nature de l'esprit.
SanghaTemple de Bodnath, à Katmandu, au Nepal.Pendant les quarante-cinq années restantes de sa vie, il voyage dans la plaine gangétique du centre de l'Inde (la région du Gange et de ses affluents), enseignant sa pratique en matière de méditation à une grande variété de personnes, allant des nobles aux balayeurs des rues, et sans oublier les disciples des philosophies et religions.
Il fonde la communauté des moines et des nonnes bouddhistes (le sa?gha) pour perpétuer ses enseignements après sa disparition (considéré comme le parinirva?a ou « nirvâna complet »).
Mort
Bouddha se rend bientôt compte que son existence corporelle approche de sa fin. Il dit à son disciple Ananda de préparer un lit entre deux arbres sâla (Shorea robusta).
Bouddha meurt ainsi à Kusinara (maintenant Kusinagar en Inde, dans l'actuel Uttar Pradesh) à l'âge de quatre-vingts ans. Le forgeron Chunda lui offre son dernier repas, un sukaramaddavam. La traduction correcte de ce terme est inconnue ; sukara signifie « porc », maddavam quelque chose comme « délice », aussi le sukaramaddavam peut signifier « le porc tendre (délicieux) » ou des « champignons ou des truffes (délices) appréciés par les porcs ».
Ce repas pourrait être à l'origine de sa mort. Le végétarisme est un idéal pour les bouddhistes plutôt qu'une obligation, et les moines et les nonnes sont encouragés à accepter toutes les offres de nourriture qui leur sont faites (à moins qu'ils ne voient, n'entendent, ou ne suspectent qu'un animal a été spécialement tué pour les alimenter).
Les derniers mots du Bouddha sont : « La dégradation et la mort sont inhérentes à tous les êtres. Mais chacun peut obtenir le droit de s'en évader. Ne cessez pas de lutter ».
Question de l'historicité
Toutes les sources s'accordent à considérer une durée de vie du bouddha historique de quatre-vingt ans. En dehors de ce point, les estimations varient :
961 a.v. J.-C. à 881 a.v. J.-C. selon la chronologie tibétaine
- 566 à - 486 selon le theravada et en occident
-463 à -383 (estimations japonaises récentes).
L'enseignement de Gautama fut oral, et s'est longtemps perpétué de manière orale ; le canon pali ne fut rédigé qu'au Ier siècle.