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la peste à Oran-définition de la peste-l'histoire-la peste aujourd'hui-la peste d'Albert Camus

La peste à Oran... Société - Algerie [ 23 / 06 / 2003 ]
Après la déclaration de dix cas de peste bubonique à Kehaïlia, dans la wilaya d’Oran, une cellule de crise et de suivi, composée d’une équipe de docteurs vétérinaires, a été mise en place. Il s'agit de localiser les rongeurs dans les zones infectées, d’empêcher la propagation de la maladie à d’autres régions et d’éradiquer le vecteur principal de transmission à l’homme, la puce, précise Le Quotidien d'Oran.

La peste, maladie infectieuse, épidémique et contagieuse due à une bactérie du genre Yersinia.
La peste est une maladie affectant de nombreuses espèces de rongeurs, et surtout le rat. Elle est transmise à l'homme par la piqûre de puces contaminées au contact de ces rongeurs malades, ce qui explique l'ampleur que prenaient les épidémies de peste dans les villes particulièrement insalubres des sociétés anciennes.

Chez l'homme, les manifestations de la maladie sont variables. La peste bubonique, succédant à une piqûre de puce infestée, se caractérise par l'apparition d'adénopathies (bubons) dans le territoire ganglionnaire satellite et de signes infectieux graves, témoins d'une septicémie fatale en quelques jours. La peste pneumonique, secondaire à une contagion interhumaine par voie respiratoire, est, elle aussi, marquée par une évolution spontanée rapidement fatale.
La peste est donc une maladie infectieuse grave, aujourd'hui heureusement curable par les antibiotiques.

SON HISTOIRE
C'est sous le nom de peste que furent longtemps désignées toutes les maladies épidémiques qui, à de multiples reprises, ont ravagé le monde. On retrouve ainsi dans l'histoire diverses traces de ces fléaux, parmi lesquels on peut noter la peste d'Athènes, en 420 av. J.-C., et la peste de Justinien, qui, au VIe siècle, dévasta le monde méditerranéen.

C'est au XIVe siècle que fait rage, en Europe, la plus vaste épidémie de peste telle qu'on la décrit aujourd'hui, la fameuse " peste noire ", qui, à partir de 1346, sévit plusieurs années, faisant d'innombrables victimes avant de s'amender progressivement. Ultérieurement, et jusqu'au XVIIIe siècle, la peste devait resurgir en Europe, mais avec une ampleur bien moindre. À l'aube du XIXe siècle, on la repère en Égypte, où elle fait l'objet de recherches de la part des médecins du corps expéditionnaire français.

Mais ce n'est qu'en 1894 qu'un pas décisif est franchi dans la connaissance de cette maladie. Au cours de la grave épidémie qui s'abat alors sur la Chine, un jeune médecin, Alexandre Yersin, étudiant les bubons pesteux, y découvre le microbe responsable : Yersinia pestis, ou bacille de Yersin. Les travaux de cet élève de Louis Pasteur débouchent sur la fabrication d'un sérum antipesteux, première véritable thérapeutique de la maladie. Quelques années plus tard, Yersin participe encore à une autre découverte importante : le mode de contamination de l'homme par la piqûre de puces de rats infestés. À la fin du XXe siècle, la peste, qui a connu une régression considérable, n'a cependant pas totalement disparu de la planète, persistant encore dans quelques foyers sud-américains essentiellement.

LA PESTE AUJOURD'HUI
Les cas déclarés à l'OMS ces dix dernières années indiquent que l'Afrique reste le continent le plus touché, suivi par l'Asie : à eux seuls, ces deux continents comptaient près de 99% des cas rapportés dans le monde en 1997.
Les foyers de peste les plus importants sont présents à Madagascar (1820 cas en 1997 contre 126 cas en 1994), au Mozambique (825 cas en 1997), en Tanzanie (947 cas en 1996), au Congo (636 cas en 1993) et en Inde (876 cas en 1994). Sur le continent américain, après les épidémies déclarées en Amérique du Sud (au Pérou, 611 cas et 420 cas respectivement en 1993 et 1994), le nombre de cas de peste est passé à 44 en 1997 dont 39 déclarés au Pérou.
Les Etats-Unis ne sont pas épargnés ; 14 cas en 1994 et 4 cas en 1997. Malgré leur apparition rapprochée, il n'y a probablement pas de lien épidémiologique entre les épidémies asiatiques, américaines et africaines. Des cas, certes limités, ont surgi dans certains pays de l'ex-URSS. Aucun cas de peste n'a été signalé récemment en Océanie ou en Europe. En France, les derniers cas survenus datent de 1945 en Corse.

LA PESTE
LIVRE D'ALBERT CAMUS
À Oran, un jour d'avril 194., le docteur Rieux découvre le cadavre d'un rat sur son palier. Il accompagne au train son épouse, qui part se soigner à la montagne. Tandis que d'autres rats affluent dans la ville et agonisent, le concierge du docteur succombe à un mal violent et mystérieux. Les morts vont se multipliant. On ose enfin prononcer le mot: la «peste». Après bien des réticences, les autorités se décident à «fermer» la ville.
L'enfermement et la peur modifient les comportements collectifs et individuels. Rambert, journaliste parisien séparé de sa compagne, sollicite en vain l'appui de Rieux pour regagner la métropole.
Cottard, un représentant qui avait pour des raisons inconnues tenté de se suicider, puise une curieuse satisfaction dans le malheur de ses concitoyens. Grand, employé de mairie, est plus que jamais absorbé à écrire un livre dont il retouche sans cesse la première phrase. Le père Paneloux appelle les fidèles à méditer sur la punition qui leur est envoyée par le Ciel.

Le roman commence sur un ton calme, par un discours modeste, à la respiration tranquille. C'est souvent la marque des grandes œuvres. Elles prennent leur temps :
Les premiers paragraphes du roman - "Les curieux événements qui font le sujet de cette chronique se sont produits en 194*, à Oran. De l'avis général, ils n'y étaient pas à leur place, sortant un peu de l'ordinaire. A la première vue, Oran est, en effet, une ville ordinaire et rien de plus qu'une préfecture française de la côte algérienne."
Au moment de passer en revue ces personnages, une évidence saute aux yeux. Les femmes sont absentes de La Peste. Ou, si l'on préfère parler plus élégamment, disons qu'elles y sont peintes "en abîme". La femme de Rieux part au début et meurt. Celle qu'aime Rambert ne se définit que par la séparation. Quant à celle de Grand, il y a longtemps qu'elle l'a quitté et, du fond des années lointaines, elle lui arrache encore des larmes. Seule présente, la mère de Rieux ne parle pas. On voit sur son visage "tout ce qu'une vie laborieuse y avait mis de mutisme"... "Ainsi, sa mère et lui s'aimeraient toujours dans le silence. Et elle mourrait à son tour - ou lui - sans que, pendant toute leur vie, ils pussent aller plus loin dans l'aveu de leur tendresse". Pourquoi cette absence de femmes ? Camus l'a voulue, qui note dans ses Carnets, en soulignant la phrase : "En pratique : il n'y a que des hommes seuls dans le roman."




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