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le fléau de l'Afrique-un moustique vecteur de la maladie-conséquences économiques-un féau mondial

Paludisme, le fléau de l'Afrique

Chaque jour, le " palu " fait 3 000 victimes sur le continent, tuant notamment un enfant toutes les 30 secondes. Mais la mobilisation internationale tarde beaucoup.

La maladie est la plus importante des parasitaires tropicales dans le monde et la plus mortelle des transmissibles après la tuberculose.
Le parasite mute, résiste de plus en plus aux médicaments, telle la chloquine utilisée depuis des dizaines d'années mais qui s'avère aujourd'hui inefficace dans 80 % des cas. Pire, là où on le croyait éradiqué, il commence à réapparaître.
L'Organisation mondiale de la santé compte entre 250 et 400 millions de cas par an. Un million d'enfants en meurent chaque année, soit un toutes les trente secondes. Les enfants de moins de cinq ans sont les premières victimes et la maladie atteint de façon particulièrement dangereuse les femmes enceintes.

L'OMS a souligné, l'urgence d'une stratégie.
" Les pays riches ne se sentent pas concernés, parce qu'ils ont les moyens de se payer des moustiquaires, ne vivent pas près de flaques d'eau stagnantes et que, de toute façon, ils ont les moyens de se payer le médicament efficace ", dénonce Bernard Pécoul, de Médecins sans frontières, qui précise qu'il a fallu dix ans pour démontrer l'inefficacité du médicament le plus couramment utilisé.
La recommandation de l'OMS, d'utiliser en association avec un autre antipaludique des dérivés de l'artémisinine, n'est pas systématiquement suivie.
" Des résultats impressionnants ont pourtant été réalisés au nord de l'Afrique du Sud (- 87 % de décès en un an) et au Mozambique. En Tanzanie, au Burundi ou en Zambie, les choses évoluent, explique-t-il, mais les autres pays ne bougent pas. Les États-Unis et la Grande-Bretagne recommandent de ne pas changer de médicaments parce que ceux-ci coûtent trop cher : entre 100 et 200 millions de dollars supplémentaires, tant que la concurrence n'aura pas fait baisser les prix.
L'artémisinine provient d'une plante que l'on ne trouve qu'en Chine et au Vietnam, et les compagnies occidentales ne se pressent pas pour passer des contrats avec ces pays : vendre des médicaments en Afrique et sauver des vies n'est toujours pas considéré comme une activité rentable... "

Les associations, elles, se démènent. Ainsi, Médecins sans frontières et le gouvernement du Burundi tentent d'obtenir que la société française Sanofi présente le médicament et son associé sous un film plastique qui oblige à les prendre ensemble. La firme évoque pour cela la fin 2003... et dépense en parallèle des trésors de publicité en Afrique pour l'artémisinine utilisée seule, risquant d'accélérer le développement de la résistance du parasite. Côté prévention, les problèmes ne sont pas moindres. L'assainissement de l'eau nécessite ainsi des investissements colossaux, qui ne peuvent résulter que de choix mondiaux. Messieurs du G8...
De même, l'utilisation d'une simple moustiquaire pose des problèmes parfois insurmontables. L'association Plan s'emploie, à travers des animations de terrain dans les villages et les écoles, à en expliquer l'importance. Elle en a doté des familles à condition qu'elles ne la revendent pas. Car même huit euros sont une manne quand on a faim.
" En travaillant avec les chefs de village, explique Jean-Claude Fortot, nous avons parfois obtenu qu'ils en vérifient, le soir, l'utilisation. Mais c'est un travail de longue haleine. Les choses seraient plus simples si ces moustiquaires coûtaient moins cher, si elles étaient produites en Afrique, alors qu'elles sont importées. Il manque une mobilisation internationale. C'est pourquoi nous réclamons une journée mondiale contre le paludisme. "

Émilie Rive, L'Humanité du 25/04/2003


Le vecteur : un moustique femelle
La contamination s'effectue par la piqûre d’un moustique. L’insecte vecteur, un diptère du genre Anophèle, est largement répandu dans le monde entier. Une vingtaine d’espèces sont dangereuses dont A. gambiae, A. funestus (tous deux en Afrique intertropicale), A. minimus (dans les montagnes de la péninsule indochinoise).
C’est un insecte piqueur, hématophage; rural, il affectionne les régions chaudes et humides, aime peu l’altitude, et sa distance de vol ne dépasse pas un à deux kilomètres. Fait important, seule la femelle pique l’homme, et la nuit seulement; son vol est silencieux et sa piqûre peu douloureuse; le jour, elle se dissimule dans les endroits retirés et sombres, à l’intérieur des habitations humaines pour les espèces domestiques, à l’extérieur pour les sauvages.
Un repas sanguin lui est nécessaire avant de pondre ses œufs isolément sur des surfaces liquides: eaux courantes ou stagnantes, limpides ou saumâtres; chaque espèce a ses préférences. Leurs œufs donnent naissance à des larves aquatiques, puis à des nymphes et à l’insecte ailé.
Les moustiques femelles (seules contaminantes) piquent entre le coucher et le lever du soleil et injectent avec leur salive une grande quantité de parasites.
Après une période d'incubation habituellement de 8 à 15 jours, les parasites passent dans le sang et pénètrent dans les globules rouges où ils se multiplient.
L'éclatement des globules est accompagné de fièvre ( 40-41 °C ), de frissons intenses, suivis d'une chute de la température, d'une sensation de froid et de sueurs abondantes.
Chaque crise laisse le malade épuisé. Les séquelles de cette maladie peuvent être très graves avec une mortalité non négligeable.

Le cycle des Plasmodium est complexe et comporte deux étapes essentielles : un cycle asexué, et un cycle sexué chez le moustique. L'homme est infecté lors d'une piqûre par un anophèle femelle, qui lui injecte le parasite sous forme de "sporozoïte".
Celui-ci migre rapidement, via la circulation sanguine, vers le foie. Il pénètre dans la cellule hépatique (hépatocyte), où il se divise très activement pour donner naissance, en quelques jours, à des dizaines de milliers de nouveaux parasites : les "mérozoïtes".
La cellule du foie éclate en libérant ces parasites dans le sang, qui pénètrent et se multiplient à l'intérieur des globules rouges. Lorsque ces derniers éclatent, les "mérozoïtes" ainsi libérés infectent de nouveaux globules rouges.

Actuellement on récence plus de 5000 cas importés en France au retour de voyages.



Conséquences économiques du paludisme en Afrique
Afrique, qui concentre 90 % des 500 millions de cas recensés dans le monde, est le continent le plus touché par le paludisme.
Outre les pertes humaines, la maladie cause un grave préjudice à l'économie des pays africains, dont elle ralentit la croissance à hauteur de 1,3 % par an, selon une étude effectuée par l'université Harvard en 2000. Sur une période de trente-cinq ans, la perte est estimée à 100 millions de dollars.
En avril 2000, la Banque mondiale s'engage à débloquer entre 300 et 500 millions de dollars pour lutter contre le paludisme.


Le paludisme, un fléau mondial
Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé, près de 500 millions de personnes sont atteintes par cette maladie à la fin du XXe siècle et entre 1,5 et 2,7 millions en meurent chaque année.
On a retrouvé des descriptions du paludisme, ou malaria, dans les écrits les plus anciens: fièvres intermittentes des terres humides ou inondées (palus, marais) et des régions où l’air est vicié (mal aria). L’ère thérapeutique débute en 1630 avec la découverte par don Francisco Lopez des vertus curatives de l’écorce du quinquina, dont les chimistes français J. Pelletier et J. Caventou devaient isoler la quinine près de deux siècles plus tard.
Un médecin militaire français, A. Laveran, met en évidence à Constantine, en 1880, l’agent de la maladie au sein des globules rouges. Depuis plusieurs décennies, la bataille pour l’éradication de la maladie engagée par l’Organisation mondiale de la santé n’a encore obtenu que des résultats non décisifs. Le vaccin du Colombien Patarroyo, testé en Tanzanie sur près de six cents enfants en 1993, n’a pu immuniser que 30 p. 100 d’entre eux.
Le paludisme reste la maladie parasitaire la plus fréquente au monde : environ 41% de la population mondiale - soit 2,3 milliards de personnes - est exposée au risque, et l'on recense entre 300 et 500 millions de cas par an (infections nouvelles ou ré-infections), dont près de 80% en Afrique subsaharienne (estimations de l'OMS en 1994). Il s'agit d'une des plus meurtrières de toutes les affections humaines : elle tue chaque année 1,5 à 2,7 millions de personnes, dont 1 million d'enfants de moins de 5 ans.

Depuis une dizaine d'années, l'endémie tend à stagner. En Afrique, l'incidence annuelle (nombre d'infections nouvelles ou de ré-infections par an) reste considérable : de 500 à 900 cas pour 1.000 personnes. En Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est, elle est de 4 à 5 cas pour 1.000 personnes.

Tous les pays non endémiques d'Europe présentent un paludisme d'importation. En France, en 1996, 5.109 cas de paludisme ont été observés : 93,3% d'entre eux ont été contractés lors d'un voyage en Afrique subsaharienne, 3% en Asie et 3,5% en Amérique latine ou aux Caraïbes.


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