les ouragans
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LES OURAGANS
Philippines, willy-willies près des côtes de l’Australie, ou «ouragans» (hurricanes en anglais) dans l’océan Atlantique nord et sur la mer des Caraïbes.

De par le monde, les cyclones sont un tel fléau que les différents services météorologiques ont essayé de s’accorder sur une classification afin d’en estimer la violence.
Les services météorologiques français distinguent trois stades de perturbations cycloniques en fonction de la vitesse du vent moyen.

Les services américains utilisent une autre classification, l’échelle de Saffir-Simpson, qui leur permet de classer les ouragans de 1 à 5 en fonction de la vitesse du vent moyen. Cette échelle donne également une idée du pouvoir destructeur du cyclone.

C’est aux cours des années 1900 que l’on a commencé à leur donner des noms. Un météorologiste australien les a baptisés de ceux des personnalités politiques qu’il n’aimait pas.
Puis, au cours de la Seconde Guerre mondiale, l’habitude fut prise d’attribuer des noms féminins à ces calamités.
Vers la fin des années 1970, les mouvements féministes américains obtinrent que les noms des cyclones portent alternativement des prénoms féminins et masculins.

La prévision des cyclones nécessite des moyens considérables. Il faut souligner l’apport du satellite dans la surveillance des cyclones, en particulier sur des zones jusqu‘alors dépourvues de moyens d’observation météorologique.
L’amélioration de la fiabilité des prévisions a permis de diminuer très nettement les pertes en vies humaines.


Les ouragans les plus dévastateurs depuis un siècle aux Etats-Unis et en Amérique Latine
Depuis le début du 20e siècle, deux ouragans de force 5 et 15 de force 4 ont fait des ravages aux Etats-Unis, selon le Centre National des Ouragans, qui classe l'ouragan Isabel du 18 Septembre 2003 en catégorie 2:

Ouragans de force 5:
- 1935 : un ouragan balaie les Keys, un archipel au sud de la Floride. 408 morts.

- 1969 : Camille frappe la Louisiane et le Mississippi. 256 morts et 1,4 milliard de dollars de dégâts.

Ouragans de force 4 (classés selon leur intensité en touchant terre):
- 1992 : Andrew s'abat sur les côtes de Floride et de Louisiane. 41 morts et 26,5 milliards de dollars de dégâts.
- 1919 : un cyclone balaie les Keys puis le Texas. Entre 600 et 900 morts, dont plus de 500 noyés sur les bateaux en mer.
- 1928 : Lake Okeechobee (Floride) est touché de plein fouet. 1.836 morts et 25 millions de dollars de dégâts.
- 1960 : Donna fond sur la Floride et l'est américain. 50 morts et des dommages estimés à 387 millions de dollars.
- 1900 : l'ouragan le plus meurtrier frappe Galveston (Texas). 8.000 morts et 809 millions de dollars de dégâts.
- 1909 : Grand Isle (Louisiane) est balayé par un ouragan qui fait 350 morts.
- 1915 : la Nouvelle Orléans est touchée par un ouragan qui fait 275 morts et 50 millions de dollars de dégâts.
- 1961 : Carla s'attaque au Texas. 46 morts et 408 millions de dollars.
- 1989 : Hugo s'en prend à la Caroline du Sud. 21 morts et 8,4 milliards de dollars de dégâts.
- 1926 : un ouragan en Floride fait 243 morts et 1,5 milliard de dollars de dégâts.
- 1954 : Hazel s'abat sur les Caroline. 95 morts et 281 millions de dollars de dégâts.
- 1947 : la Floride et la Louisiane sont frappées par un ouragan qui fait 51 morts et 110 millions de dollars de dégâts.
- 1932 : un ouragan s'abat sur le Texas. 40 morts
- 1957 : Audrey balaie la Louisiane et le Texas. 390 morts et 802 millions de dollars de dégâts.
- 1915 : un ouragan frappe Galveston au Texas. 275 morts et 1,34 milliard de dollars de dégâts.

Ouragans de force 2:
- 1999 : Floyd, qui avait commencé comme Isabel avec une force 5, s'abat sur la côte est. 56 morts et 4,5 milliards de dollars de dégâts.


LA PLUS GRANDE CATASTROPHE NATURELLE
DES ETATS UNIS

Les conséquences de l'ouragan Katrina sur la Nouvelle-Orléans furent désastreuses.
Le 29 août 2005, l'ouragan Katrina, prédit et suivi par les services de météo s'abat sur les côtes de Louisiane aux États-Unis.

Le 30 août 2005, un jour après le passage de l'ouragan Katrina, 80 % de la ville de la Nouvelle-Orléans est inondée. L'inondation a été provoquée par deux brèches du système de digue de sept mètres de hauteur qui protège la ville construite sous le niveau de la mer, entourée par le Mississippi au sud et le Lac Pontchartrain au nord.

L'ouragan Katrina a eu un impact économique significatif mais on en prévoit d'autres sur la durée. La plupart des experts s'accordent à penser que Katrina sera le plus coûteuse catastrophe naturelle de l'histoire des États-Unis d'Amérique.

Katrina est un des ouragans les plus puissants à avoir frappé les Etats-Unis. Il a atteint les côtes à proximité de la Nouvelle-Orléans le 29 août 2005 vers 11 heures locales, évitant partiellement la ville en bifurquant au dernier moment vers l'est.

Son oeil large de 40 kilomètres et ses vents a atteint 280 km/h.

L'évacuation de la ville ordonnée en raison des risques de submersion d'une partie de la ville, bâtie sous le niveau de la mer n'ont pu empêcher la disparition de plusieurs milliers de personnes.
Au large, des vagues de 11 mètres ont pu être observées.

Après le passage de l'ouragan, on trouva plusieurs états des Etats-Unis sous les eaux. Katrina a ainsi plongé la Louisiane et la Nouvelle-Orléans dans la désolation tandis que les pillards et les gangs mettent à feu et à sang les villes.

Suite au passage de l'ouragan Katrina sur la région de la Nouvelle Orléans, des milliers de personnes qui n'avaient pas fui la ville sont restées isolées dans la ville, parfois sur des toîts plusieurs jours après la catastrophe. Dans d'autres villes, des personnes restent sans aide extérieure depuis près d'une semaine après la tempête.
Le président [[George W. Bush]] est vivement critiqué pour la lenteur des secours.

Par ailleurs, il apparaît que ce sont les habitants les plus modestes qui ont touché le plus durement par la catastrophe, soit parce qu'ils n'ont pas pu fuir, soit parce que leur domicile était moins résistant ou qu'ils n'ont pas eu les moyens de le protéger.
Découvrez une vue parnoramique des conséquences du passage Katarina sur la Nouvelle-Orléans en cliquant ICI.



Prévention, la priorité était ailleurs
De nombreux scientifiques, dont les avertissements n'ont pas été entendus, soulignent qu'il aurait été possible de prendre des mesures de protection.

Pouvait-on se protéger de la puissance de Katrina ? Oui, dans une certaine mesure, répondent des scientifiques et techniciens états-uniens, dont les avertissements sont restés inaudibles aux autorités pendant longtemps.

" Depuis des années, il y a une multitude d'avertissements sur la vulnérabilité de la ville (de La Nouvelle-Orléans) si des travaux critiques de reconstruction, qui ont pris du retard, n'étaient pas entrepris ", a lancé, en fin de semaine dernière, John Rennie, rédacteur en chef de Scientific american.

La revue, qui fait autorité en matière scientifique et technique, avait averti dès 2001 que la dégradation des digues et des systèmes de pompage, le développement des zones immobilières et l'insuffisance des évacuations, faisaient courir à la ville de sérieux risques. La même année, la Federal emergency management agency (FEMA), l'agence gouvernementale chargée de la prévention et de la gestion des catastrophes, estimait qu'un cyclone ou une inondation de La Nouvelle-Orléans faisait partie des trois catastrophes majeures menaçant les États-Unis. Las, l'avertissement n'a pas eu l'effet escompté.
Au lieu de renforcer la protection de cette ville de 1,4 million d'habitants construite sous le niveau de la mer, les crédits destinés au renforcement et à la réparation des digues ont fondu.

De façon générale, on sait que, depuis 2001, les budgets ont changé de main (voir l'Humanité du 2 septembre). La FEMA a vu ses missions réorientées au profit de la lutte antiterroriste et de la sécurité intérieure, le financement du génie civil de l'armée a stagné à 5,7 millions de dollars (contre les 27,1 millions demandés) et le budget prévu de 100 millions de dollars par l'organisme de contrôle des crues de Louisiane a plafonné à 34 millions de dollars, contre 69 millions en 2001.
" Les États-Unis vont devoir faire un choix politique en décidant combien d'argent ils sont prêts à dépenser pour se protéger contre ce type de catastrophe naturelle ", a jugé le professeur hollandais d'ingénierie civile, Han Vrijing.
Aux Pays-Bas, un quart du territoire est situé sous le niveau de la mer. " Les digues qui protègent l'agglomération la plus peuplée des Pays-Bas sont construites pour qu'une situation dangereuse ne puisse se produire que tous les 10 000 ans. À La Nouvelle-Orléans, cette durée est réduite à 200 ans ", note le scientifique. Malgré tout, Scott McClellan, porte-parole de la Maison-Blanche, affirmait mercredi dernier que " le contrôle des crues est une priorité de cette administration depuis le premier jour ".

Cette polémique a permis à un autre débat, moins vigoureux, de se faire une place dans les médias d'outre-Atlantique. Le cyclone Katrina est-il une conséquence du - réchauffement climatique ? Donc du refus de Bush de ratifier le protocole de Kyoto ?
Vaine polémique, qui redonne néanmoins du poil de la bête aux nombreux scientifiques états-uniens partisans de mesures contraignantes en matière d'émission de gaz à effet de serre. Une étude signée début août par Kerry Emanuel, climatologue au Massachusetts Institut of Technology, affirmait d'ailleurs que le réchauffement climatique serait à l'origine du redoublement de l'intensité des cyclones.

Rappelons toutefois que l'Amérique a déjà connu des cyclones plus puissants. Ce fut le cas avec Camille, de catégorie 5 (la plus élevée), qui a survolé le Mississippi et la Louisiane en 1969, faisant au moins 250 morts, ainsi que des ouragans Ivan et Jeanne, l'an dernier, qui ont provoqué des vents plus violents que Katrina. Mais ceux-ci n'avaient alors pas touché des zones aussi habitées ni aussi mal protégées.
Vincent Defait (L'Humanité du 02/09/2005



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