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"Savez-vous pourquoi il n'y a jamais eu de coup d'Etat aux Etats-Unis ? Parce qu'il n'y a pas d'ambassade des Etats-Unis aux Etats-Unis...".
Michelle Bachelet, Présidente du Chili (fille d'un général assassiné avec la complicité des Etats Unis).

Sergio Ortega, né le 2 février 1938 à Antofagasta et décédé le 15 septembre 2003 à Paris, est un compositeur chilien.
Représentant d'un mouvement d'expression musicale connu sous le nom de "La Nueva cancion chilena". Ses caractéristiques sont des éléments du folklore et un engagement pour la justice sociale. Sergio Ortega a composé de nombreux opéras, cantates et musiques de film dont les plus connues sont les chansons "El pueblo unido" et "Venceremos", des chansons composés pour l'Unité Populaire du Chili


Sergio Ortega est né le 2 février 1938, à Antofagasta, sur la côte désertique du nord du Chili dont les paysages lunaires l'ont profondément marqué.
Issu d'une famille plutôt conservatrice, rien ne semblait le destiner à la vie de musicien et de révolutionnaire qui fut la sienne. Son père était médecin (un des premiers radiologues d'Amérique latine), et sa mère, femme au foyer, lectrice d'El Mercurio.

Après des études chez les jésuites, Sergio fut envoyé à Santiago pour étudier l'architecture. Mais l'amour effréné de la musique s'était déjà emparé de lui. N'ayant pas reçu d'éducation musicale, il avait appris à jouer du piano, " à l'oreille ", et s'était formé en écoutant la musique populaire du nord du Chili.
À seize ans, il accompagnait les chanteurs de boléros dans les bals. À Santiago, il abandonne bientôt la perspective d'une carrière d'architecte pour se consacrer à la musique et devient le seul élève de Roberto Falabella, jeune musicien chilien d'avant-garde, paralytique et membre du Parti communiste dont il disait qu'il était l'être " le plus proche d'un génie " qu'il ait connu.

Entré au Conservatoire, il est diplômé en 1963, puis engagé au Théâtre de l'Université comme ingénieur du son.
C'est dans ce théâtre qu'à l'instigation du metteur en scène et chanteur Victor Jara, il compose de premières musiques de scène et des comédies musicales, notamment l'Évangile selon Saint Jaime.

Il restera toujours très proche du chanteur populaire auquel les fascistes tranchèrent les mains, après lui avoir jeté à la figure : " Tu aimais chanter Venceremos. et bien joue-le, maintenant ! " C'est au cours de ces années de formation universitaire qu'il a commencé à composer des chansons politiques. Ayant travaillé un temps pour la publicité, il acquiert des techniques de communication qu'il intégrera à sa pratique d'artiste. C'est aussi pendant cette période qu'il fait la connaissance de Pablo Neruda.
Celui-ci lui demanda tout d'abord de composer des intermèdes musicaux pour une adaptation de Roméo et Juliette qu'il avait faite en espagnol. Puis, en 1966, Neruda écrit Joaquim Murieta, pièce poétique consacrée à la figure légendaire d'un immigré chilien en Californie, que la dureté de la vie pousse à se faire bandit. Neruda lui ayant demandé de travailler avec lui, Sergio Ortega en a fait une cantate, puis un opéra pour solistes, chour et orchestre symphonique, dans lequel il unit, selon une orientation à laquelle il restera toujours fidèle, le sens de la narration populaire et les moyens artistiques et musicaux que la musique savante mettait à sa disposition. Avec un goût baroque et une vitalité qui refusent de se laisser enfermer dans des modes et des écoles.

La fréquentation de Pablo Neruda fut particulièrement importante pour lui. Il lui doit cette conception de l'artiste révolutionnaire qui se doit d'être, dans certaines circonstances, " un barde d'utilité publique " comme le disait le poète dans l'introduction de son dernier recueil Incitation au Nixonicide et éloge de la révolution chilienne. Au plan musical, il fut influencé par des compositeurs comme Alan Berg, Eisler, Kurt Weil, Charles Yves ou Gerschwin.

La période de l'Unité populaire fut pour lui un moment d'intense activité. Compositeur et directeur de la télévision Canal nueve, il participait à la commission nationale de propagande du Parti communiste chilien. C'est dans ce cadre qu'il a contribué à la formation et au lancement des Quilapayun avec qui il travaillera un temps. Pour lui, comme pour ses camarades, il ne saurait y avoir de mouvement révolutionnaire sans que celui-ci s'appuie sur un véritable courant culturel et artistique, de masse et de qualité. " J'ai toujours cru que la révolution devait passer par la musique et pas seulement par le texte ", disait-il.
C'est dans cette période qu'il composa El Pueblo unido, après avoir entendu un homme seul lancer ce slogan dans une manifestation. Et le slogan devenu chant fera le tour du monde.

Après le coup d'État de Pinochet, il se réfugie au Panama puis, avec l'aide de Volodia Teitelboim, il rejoint la France.
Il y a été accueilli fraternellement d'abord à Colombes et à Nanterre, puis à Pantin, où il a été, de 1981 jusqu'en cette rentrée, directeur de l'École nationale de musique. Pendant toute cette période d'exil, il a déployé une grande activité de création mais aussi d'éducation et de diffusion musicale, pour faire découvrir une musique vivante et belle à des milliers de jeunes de la banlieue. Sa production, d'une rare diversité, comprend une dizaine d'opéras, parmi lesquels Un roi sans soleil (Atelier lyrique du Rhin, 1974), Quelle heure peut-il être à Valparaiso (Amandiers, 1974) ou la Trace de tes mains (Deutsch StaatsOper de Berlin, 1980).

À l'occasion du bicentenaire de la Révolution française, il composa trois opéras populaires réunissant des centaines de participants, professionnels et amateurs, à Argenteuil, Aubervilliers et Pantin. Il a travaillé avec plusieurs poètes et écrivains français, dont Jacques Gaucheron, Bernard Landry, Francis Pornon et l'auteur de cet article. En 1995, nous écrivions ensemble la Voix des voies, pendant le mouvement des cheminots. (Je sais pour ma part tout ce que je lui dois dans ma formation de poète et de militant sur ce que Maïakovski appelait " le front de l'art ").

Militant communiste, il a collaboré un temps à la section culture du PCF. Il travaillait ces derniers temps sur une ouvre qui le hantait depuis des années : un opéra, Pedro Paramo, inspiré par le roman du mexicain Juan Rulfo. Le 27 septembre prochain, sera créé au théâtre Marcelin-Berthelot à Montreuil la musique qu'il a composée sur le Médée de Sénèque.

Francis Combes, pour l'Humanité
El pueblo unido jamás será vencido
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El pueblo unido jamás será vencido (« Le peuple uni ne sera jamais vaincu ») a été écrite par le compositeur chilien Sergio Ortega en juin 1973. Elle fut enregistrée pour la première fois par le groupe chilien Quilapayún. Ce fut après le coup d'État du 11 septembre 1973 que le groupe Inti Illimani rendit la chanson célèbre.
Au fil du temps cette chanson est devenue un symbole d'unité et de solidarité populaire pour des citoyens opprimés de tous pays luttant pour la liberté et l'égalité, dépassant son rapport direct avec le Chili. Elle a été traduite en plusieurs langues. En Iran, l'air a été repris par les militants de la révolution islamique dans un chant nommé Barpakhiz. De même le groupe punk Sham 69 a composé une chanson qui s'en inspire (et qui reprend le même air) intitulée If the kids are united, ainsi que par le groupe Mano Negra dans une chanson du même nom (album Casa Babylon).
Dans certaines versions, la phrase El pueblo unido jamás será vencido dans le dernier couplet est remplacée par El pueblo armado jamás será aplastado (« Le peuple armé ne sera jamais écrasé »).



Paroles El pueblo unido jamás será vencido,
¡el pueblo unido jamás será vencido!
De pie, cantar, que vamos a triunfar.
Avanzan ya banderas de unidad,
y tú vendrás marchando junto a mí
y así verás tu canto y tu bandera florecer.
La luz de un rojo amanecer
anuncia ya la vida que vendrá.
De pie, luchar,
el pueblo va a triunfar.
Será mejor la vida que vendrá
a conquistar nuestra felicidad,
y en un clamor mil voces de combate
se alzarán, dirán,
canción de libertad,
con decisión la patria vencerá.
Y ahora el pueblo que se alza en la lucha
con voz de gigante gritando: ¡Adelante!
El pueblo unido jamás será vencido,
¡el pueblo unido jamás será vencido!
La patria está forjando la unidad.
De norte a sur se movilizará,
desde el Salar ardiente y mineral
al Bosque Austral,
unidos en la lucha y el trabajo irán
la patria cubrirán.
Su paso ya anuncia el porvenir.
De pie, luchar, el pueblo va a triunfar
millones ya imponen la verdad.
De acero son ardiente batallón.
Sus manos van llevando la justicia
y la razón, mujer,
con fuego y con valor,
ya estás aquí junto al trabajador.
Y ahora el pueblo que se alza en la lucha
con voz de gigante gritando: ¡Adelante!
El pueblo unido jamás será vencido,
¡El pueblo unido jamás será vencido!
La la la la la la la…

Traduction Le peuple uni ne sera jamais vaincu,
Le peuple uni ne sera jamais vaincu !
Debout, chanter, que nous allons triompher.
Ils avancent déjà, drapeaux d'unité,
Et tu viendras, allant à mes côtés,
Et ainsi tu verras ton chant et ton drapeau fleurir.
La lumière, d'un rouge lever de jour
Annonce déjà la vie qui viendra.
Debout, combattre, le peuple va triompher.
La vie qui viendra sera meilleure
Conquérir notre félicité,
Et en une clameur, mille voix de combat
Se soulèveront, ils diront,
Chanson de liberté,
Décidée, la patrie vaincra.
Et maintenant, le peuple qui se soulève dans la lutte
Avec des voix de géants criants : En avant !
Le peuple uni ne sera jamais vaincu,
Le peuple uni ne sera jamais vaincu !
La patrie forge l'unité.
De nord au sud, elle se mobilisera,
Du Salar ardent et minéral
A la forêt austral,
Unis dans la lutte et dans le travail, ils iront
Ils couvriront la patrie.
Son pas annonce déjà l'avenir.
Debout, chanter, que nous allons triompher
Des millions déjà imposent la vérité.
Ils sont d'acier, ardent bataillon.
Leurs mains vont porter la justice
Et la raison, femme,
Avec feu et valeur,
Déjà tu es ici, avec du travailleur.
Et maintenant, le peuple qui se soulève dans la lutte
Avec des voix de géants criants : En avant !
Le peuple uni ne sera jamais vaincu,
Le peuple uni ne sera jamais vaincu !


Voir également avec le site web Je suis mortla biographie de Salvador ALLENDE





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