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Des 10 nouveaux pays rejoignant l’Union Européenne le 01 mai 2004, Malte est probablement le plus mal connu.

Peu de Français sont capables de situer le pays sur une carte. Il faut bien admettre pour commencer qu’on a du mal à dire si l’archipel, à mi chemin entre Sicile, Tunisie et Libye, est européen ou africain.
Ce que la géographie ne peut définir avec certitude, les Maltais le compensent aisément en se déclarant sans ambiguïté Européens.


Malte en bref (données 2003) : Capitale : LA VALETTE. Superficie : 316 km². Population : 397 000 hab. Densité : 1250 hab./ km² (une des plus fortes densités au monde). Langues officielles : Maltais et Anglais. PIB : 400 M€. PIB / hab. : 11 700 € (moyenne de l’Europe des 15 = 23 180 €).
Taux de croissance : 2,8% (moyenne de l’Europe des 15 = 1,5%).
Taux de chômage : 5,2% (moyenne de l’Europe des 15 = 7,4%). Taux d’inflation : 0,8% (moyenne de l’Europe des 15 = 2,3%). Devise : Livre Maltaise (MTL) - 1 € = 0,42 MTL)

MALTE DANS L'EUROPE
C’est sans surprise que les Maltais, profondément attachés à leur appartenance européenne, se sont prononcés à 53,65% en faveur du « oui » à l’entrée de leur pays dans l’Union Européenne lors du référendum du 09 mars 2003.
Ce résultat peur paraître fragile au vu des scores observés en faveur du « oui » chez les autres nouveaux entrants notamment en Europe de l’Est. Pourtant, au contraire de ce qui s’est souvent passé lors de consultations du même type dans d’autres pays, la participation -déjà habituellement élevée ici- a atteint 91% des inscrits pour cette consultation. Il s’agit donc d’une majorité sans équivoque.

Ce résultat eut une portée symbolique dans toute l’Europe car les Maltais furent les premiers des nouveaux entrants à être consultés sur la question.
Cependant, en vertu de la constitution maltaise, le référendum n’a qu’une valeur consultative. Seul le Parlement a le pouvoir de ratifier l’adhésion.

L'HISTOIRE
L’implantation humaine à Malte remonte à l’époque préhistorique. De part sa position géographique, l’archipel a joué un grand rôle dans l’antiquité. Occupé successivement par les Phéniciens, Carthaginois, Romains, l’archipel passe ensuite sous la domination arabe qui lui donna une grande partie de sa culture et influença notamment sa langue.
En 1530, chassés de Rhodes par les Ottomans, l’Ordre des Hospitaliers de St Jean de Jérusalem s’installe à Malte. L’ordre deviendra par la suite l’Ordre de Malte et son grand maître sera souverain de l’île. Après un bref passage sous occupation française par Napoléon, l’archipel passe ensuite à la couronne britannique en 1814 jusqu’à l’indépendance proclamée en 1964.
Malte est alors membre du Commonwealth jusqu’en 1974 qu’elle quitte lors de la proclamation de la République.

POPULATION
Avec moins de 400 000 hab. le pays du fait de sa petite taille est l’un des plus densément peuplés du monde. La population de l’archipel est issue de descendants de Phéniciens, d’Arabes, d’Italiens et de Britanniques.
On observe un accroissement de l’immigration maghrébine. Des immigrants qui arrivent croyant toucher l’Italie. En attendant de statuer sur leur sort, les clandestins sont détenus dans des conditions effroyables au point d’avoir provoqué une sévère critique du commissaire européen aux droits de l’homme.

L'ECONOMIE
Pour comprendre les orientations économiques de Malte, il faut savoir que les ressources naturelles de l’île, mis à part l’extraction du calcaire, sont particulièrement limitées. L’agriculture ne couvre que 20% des besoins alimentaires, les ressources en eau sont insuffisantes et le pays n’a pas de sources d’énergie propres.

Le tourisme avec 1 300 000 visiteurs en 2003 est le poids lourd de l’économie maltaise. Devant cette manne, il a été accordé trop d’autorisation de construire des hôtels et de façon anarchique. Le taux de remplissage hôtelier d’à peine 60% fait la joie des tours opérators qui tirent les prix vers le bas asphyxiant par là même encore d’avantage l’industrie hôtelière locale.
Malte possède aussi l’une des toutes premières flottes de commerce au monde. Les pavillons de complaisance constituent encore ici une part non négligeable de l’activité économique mais le naufrage de l’Erika a gravement entaché la réputation de l’île.
Depuis la catastrophe, Malte qui souhaite se débarrasser de son étiquette de pavillon de complaisance a engagé beaucoup d’efforts pour le renforcement du contrôle des navires. Ce fut d’ailleurs l’une des clauses pour rejoindre l’Union.

Autre sujet sensible, la gestion des déchets. Alors que la réglementation européenne interdit les décharges à ciel ouvert, on est loin du compte ici où rien ou presque n’a été fait.
L’industrie concerne principalement la confection et l’électronique grand public pour le compte de grands groupes internationaux. Pays le plus au sud de l’Europe, Malte entretien naturellement des liens avec les pays du Maghreb et l’Afrique. 50% du pétrole consommé ici est libyen. Pendant l’embargo qui a frappé Tripoli, les liaisons passaient principalement par Malte.
Trait d’union entre l’Europe et l’Afrique, c’est le rôle économique que s’est fixé Malte en tant que membre de la communauté européenne. Compte tenu de ses compétences en la matière, c’est là sans nul doute son meilleur objectif de développement.

LE CATHOLICISME : RELIGION D'ETAT
La Constitution de l’île offre à chacun la liberté d’exercer la religion de son choix toutefois la religion d’état, héritière de la grande époque de l’Ordre de Malte, influe fortement sur la vie quotidienne des Maltais.
L’accès à la contraception est difficile, l’éducation sexuelle quasi inexistante et entachée des tabous propre à de nombreuses cultures méditerranéennes. Pour se marier, nul besoin de passer devant Monsieur le Maire, la bénédiction à l’église suffit pour officialiser l’union. C’est après que ça risque de se compliquer car Malte est avec le Chili le seul pays à interdire le divorce.

Un autre aspect du poids de l’Eglise catholique dans la société maltaise est la censure. Il existe ici un comité de censure qui veille au contenu des médias, des programmes scolaires même des pièces de théâtre pour y traquer ce qui n’est pas « catholiquement correct ».

L’Europe laïque est mal partie si l’on tient compte des états membres ayant comme Malte une religion d'état (Danemark, Finlande, Grande Bretagne) ceux dont la constitution reconnaît aux églises un statut particulier ou font référence à Dieu dans leur constitution (Allemagne, Autriche, Belgique, Luxembourg, Pays Bas), viennent ensuite les cas particuliers comme l’Espagne où l’instruction religieuse catholique est obligatoire depuis 2003 et les autres religions y sont qualifiées d’hérésie et enfin la Pologne qui applique une véritable « charia » catholique.

L’Eglise Maltaise et ses nombreux groupes de pression désinforment ouvertement sur une prétendue menace de nouvelles formes de persécution religieuse contre les chrétiens orchestrée par l’Europe. Le résultat des élections européennes de juin 2004 risque d’en être fortement influencé.






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