la fête du 1er mai
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LA NAISSANCE
Le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200.000 travailleurs américains d'obtenir la journée de huit heures. Le souvenir de cette journée amène les Européens, quelques années plus tard à instituer la Fête du Travail.

L'HISTOIRE
Le XIXe siècle voit la naissance de la classe ouvrière.
La prolétarisation du travail se développe au fur et à mesure que la mecanisation industrielle vient remplacer les anciennes formes de production.
Les employeurs sont les maîtres absolus des entreprises et les conditions de travail sont misérables.
Les journées de travail comportent souvent 15 a 16 heures par jour sans repos hebdomadaire et encore moins annuel.
Des enfants de 6 ans travaillent souvent dans les usines et les mines, des femmes sont employées au fond de la mine et à des travaux pénibles et insalubres. Les ouvriers n'ont pas le droit de s'organiser.
Le "droit de coalition" est seulement reconnu en 1824 en Grande-Bretagne, en 1864 en France (mais il faudra attendre 1884 pour le syndicalisme), en 1869 en Allemagne.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle et jusqu'à la première guerre mondiale, la population industrielle continue de croître constamment.
Entre 1895 et 1914, le nombre d'ouvriers passe de 5 à 7 millions aux Etats-Unis, de 8 à 12.500.000 en Grande-Bretagne, de 3 à 4.500.000 en Russie. En France, la population ouvrière était en 1866 de 5.575.000 hommes et 3.385.000 femmes.


1831 : la Révolte des Canuts
La révolte des Canuts, à Lyon, en Novembre 1831, fut la première insurrection sociale caractérisée, au début de l'ère de la grande industrie.
Elle a pour origine la baisse des salaires depuis les meilleures années de l'Empire.
Les Canuts (ouvriers de la soie) veulent profiter de la reprise de la vente des soieries, après 1830, pour obtenir la fixation d'un tarif minimal pour le prix des façons. Une délégation de patrons et d'ouvriers, réunie sur la proposition du préfet le 25 Octobre, établit un tarif et confie au Conseil des Prud'hommes la charge d'en surveiller l'application.
Mais l'intervention du préfet a été mal vue par un certain nombre de fabricants, qui tiennent son attitude pour démagogique, et les concessions de leurs représentants pour des marques de faiblesse : 104 d'entre eux refusent d'appliquer le tarif, qu'ils dénoncent comme entrave à la liberté des marchés et rejettent comme exorbitantes les prétentions des Canuts, en matière de salaire (10 Novembre 1831).
De là, découlent les colères ouvrières et l'insurrection du 21 au 24 Novembre.
La monarchie française envoie 20.000 hommes de troupe et 150 canons pour réprimer "l'émeute".C'est à cette époque que le ministre français Casimir Perier déclarait : "Il faut que les ouvriers sachent bien qu'il n'y a pas de remède pour eux que la patience et la résignation !".

1848 : les "trois huit"
A partir de 1848, les dirigeants ouvriers axent leurs revendications sur la journée de 8 heures, comprise dans une perspective d'éducation ouvrière : huit heures de travail, huit heures de repos et huit heures pour s'instruire et cultiver son corps.
1848, c'est aussi l'année de la publication du "Manifeste communiste" de Karl Marx.
Le 22 février 1848 manifestation monstre à Paris, chute de la monarchie et naissance de la IIe République.
Le 23 juin 1848 sur 120.000 ouvriers licenciés par les Ateliers nationaux, 20.000 descendent dans la rue. Ils forment jusqu'à 400 barricades.
La Commission exécutive charge le général Louis Eugène Cavaignac de la répression. Celle-ci est terrible, à la mesure de l'effroi qu'éprouvent les bourgeois de l'Assemblée.
En trois jours de combat, du 23 au 26 juin, on relève 4.000 morts parmi les insurgés et 1.600 parmi les forces de l'ordre. Le gouvernement républicain arrête 25.000 personnes et 15.000 déportés et emprisonnes sans jugement.

1864 : Premiere Internationale
En 1864, est crée la Première Internationale Ouvrière et dans les pays industriels, malgré des difficultés énormes, le syndicalisme commence a s'organiser.

1868 : les huit heures aux Etats-Unis
Le gouvernement américain accorde, en 1868, la journée de huit heures à tous les journaliers, ouvriers, artisans, employés par l'administration fédérale. Mais la loi n'est pas appliquée. Aussi, en 1881, la Fédération américaine du Travail (A.F.L.) décide de passer a l'action.

1871 : la Commune
Le 18 mars 1871, à la suite de la guerre franco-allemande de 1870, une révolte populaire éclate à Paris. La Commune de Paris est crée.
Elle sera écrasée quelques semaines plus tard par l'alliance des bourgeoisies française et allemande avec Thiers et Bismarck.
25.000 travailleurs parisiens seront massacrés par les forces de répression, les cadavres seront brûlés, 38.500 arrestations seront opérées, 13.700 seront condamnés à des peines allant jusqu'à 90 années de prison, 3.000 mourront dans les pontons, la prison, le bagne et l'exil.

En Allemagne, grèves et manifestations des travailleurs de la Ruhr.

1884 : congrès de l'American Federation of Labor
Au cours de leur congrès de 1884, les syndicats étasuniens se donnent deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures.
Ils choisissent de débuter leur action le 1er mai parce que beaucoup d'entreprises américaines entament ce jour-là leur année comptable.

1886 : la grève de Chicago
En 1886, le Congres National du Travail, aux Etats-Unis, marque la volonté d'obtenir le résultat de : 8 heures de travail, 8 heures de repos, 8 heures d'éducation.
Le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200.000 travailleurs d'obtenir la journée de huit heures.
D'autres travailleurs, moins chanceux, entament une grève. Ils sont environ 340.000 dans tout le pays.
Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago.
Une marche de protestation a lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers.
C'est alors qu'une bombe explose devant les forces de l'ordre. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police.
Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines.
Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l'un des condamnés, Augustin Spies : "Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui".



Le 1er mai en France

En France, dès 1890, les manifestants du 1er mai ont pris l'habitude de défiler en portant à la boutonnière un triangle rouge. Celui-ci symbolise la division de la journée en trois parties égales : travail, sommeil, loisirs.
Le triangle est quelques années plus tard remplacé par la fleur d'églantine. En 1907, à Paris, le muguet, symbole du printemps en Île-de-France, remplace cette dernière. Le brin de muguet est porté à la boutonnière avec un ruban rouge (*).

Le 23 avril 1919, le Sénat français ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant, à titre exceptionnel, une journée chômée.

Les manifestations du 1er mai 1936 prennent une résonance particulière car elles surviennent deux jours avant le deuxième tour des élections législatives qui vont consacrer la victoire du Front populaire et porter à la tête du gouvernement français le leader socialiste Léon Blum.
C'est pendant l'occupation allemande, le 24 avril 1941, que le 1er mai est officiellement désigné comme la Fête du Travail et de la Concorde sociale et devient chômé. Cette mesure est destinée à rallier les ouvriers au régime de Vichy. Son initiative revient à René Belin. Il s'agit d'un ancien dirigeant de l'aile socialiste de la CGT (Confédération Générale du Travail) qui est devenu secrétaire d'État au Travail dans le gouvernement du maréchal Pétain.
À cette occasion, la radio officielle ne manque pas de préciser que le 1er mai coïncide avec la fête du saint patron du Maréchal, Saint Philippe (aujourd'hui, ce dernier est fêté le 3 mai) !

En avril 1947, sur proposition du député socialiste Daniel Mayer et avec l'accord du ministre du Travail, le communiste Ambroise Croizat, le 1er Mai devient dans toutes les entreprises publiques et privées un jour chômé et payé. Cependant le 1er Mai ne sera pas assimilé à une fête légale.


LE MUGUET ROUGE

Originaire du Japon, la plante aux fières clochettes blanches s'est acclimatée dans les sous-bois français dès le Moyen-Age. Le roi Charles IX lança la mode du muguet le 1er mai 1561: après avoir reçu un brin en guise de porte-bonheur, il prit la coutume d'en offrir chaque année.

Tombé ensuite dans l'oubli, ce mariage du muguet avec le 1er mai renaîtra à la faveur de la fête du travail, créée en 1890 en France. Les manifestants prendront d'abord comme symbole un triangle rouge, puis la fleur d'églantine, avant que n'apparaisse, à partir du 1er mai 1907, le brin de muguet qui s'imposera au fil des ans.

Le 1er mai la vente est libre pour le muguet en France.
C’est la "touche sociale" du muguet : depuis les années 30 on autorise les particuliers et les organisations de travailleurs à vendre, le 1er mai, les brins de muguet sans formalités administratives ni taxes.
Ainsi les fleurs délicates seront-elles cueillies avec l’espoir, par leurs ventes, de mettre un peu de viande dans les marmites ouvrières. Et puis c’est aussi l’occasion d’aller dans les bois avec sa belle pour cueillir les brins de muguet...

Les communistes français par tradition vendent ce jour là "le muguet rouge", permettant ainsi une aide au financement du PCF.
Ici les communistes Evryens présents dans toute la ville ont ce 1er mai là pu en même temps que la vente du muguet affirmer leurs déterminations pour un vote anti-Sarkozy.




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