miroirs-l'Italie
Cliquez ici pour découvrir le Journal Mosaïque de ce mois
Péninsule méditerranéenne, fortement ancrée au monde alpin, l'Italie est un pont naturel entre l'Orient et l'Occident, et participe au destin de ces deux mondes.
Seule région occidentale vraiment marquée par les civilisations méditerranéennes antiques, elle a continué au haut Moyen Âge à transmettre à ses voisins les impulsions venues d'Orient, avant de conquérir à son avantage des postes avancés en Méditerranée orientale.

Ce courant ininterrompu qu'elle reçoit, puis suscite, la maintient longtemps dans l'orbite des empires byzantin et musulman, dont la domination s'étend, plusieurs siècles durant, sur certaines de ses régions ; il la place au premier rang des pays d'Occident, lors du renouveau économique des Xe et XIe siècles. Établissant des comptoirs dans toute l'Europe et la Méditerranée, gagnant les extrémités du monde connu, les Italiens, par leur richesse et leurs techniques avancées, dominent l'économie du bas Moyen Âge.

Mais la multiplicité des grands centres urbains qui deviennent des communes autonomes, embryons de futures principautés, les souvenirs antiques imprégnant une idéologie impériale plusieurs fois rénovée, la présence enfin du Saint-Siège, puissance spirituelle et temporelle à la fois, empêchent l'Italie de rester politiquement unie.
L'histoire de l'Italie revient, en fait, à l'histoire, multiple, des Italiens. Seul le Sud, plus profondément orientalisé, garde une cohésion politique, qui, à la fin du Moyen Âge, se perpétue sous des dominations étrangères. Exploité par les Toscans et les Vénitiens, il est ravalé au rang de pays colonial, et le restera longtemps.
 Il faudra attendre 1870 pour que soit achevée la construction de l'unité nationale.

GEOGRAPHIE ET POPULATION

Pays moyen par sa superficie (302 000 km2) comme par sa population (57,3 millions d'habitants en 1992 ;
densité : 190 hab./km2), l'Italie a rejoint après la Seconde Guerre mondiale le groupe des pays développés, se situant même au  sixième rang des puissances mondiales, son P.N.B. ayant dépassé le P.N.B. britannique en 1987.
Ce qui n'empêche pas la persistance de disparités fortes entre le Nord et le Sud, encore aggravées par la faiblesse du pouvoir central romain. Alors que l'Italie peut se vanter de brillantes réussites, il subsiste dans ce pays d'étonnantes faiblesses : la corruption économico-politique, les difficultés à en finir avec le contre-pouvoir mafioso et l'hostilité grandissante entre Nord et Sud, dont on ne pense pourtant pas qu'elle se terminera par une implosion à la yougoslave.

L'Italie connaît bien d'autres problèmes. L'industrialisation et l'urbanisation accélérées des années 1960 y ont entraîné des conséquences dommageables pour l'environnement.
Son économie, malgré son dynamisme, reste globalement fragile. Par certains côtés, les aspects sociaux sont développés, mais les hôpitaux sont parmi les moins performants d'Europe et les grèves ou retards à répétition entachent l'image des transports ferroviaires ou aériens (alors que le réseau autoroutier est un des plus denses du monde).
L'Italie ne cesse de se débattre avec des problèmes atypiques, une économie souvent « dans le rouge », alors que, grâce à l'ingéniosité du peuple italien, des possibilités de rétablissement existent presque toujours.



L'ITALIE
On observe tout au long des âges une sorte d'attraction, sinon de fascination, exercée par les régions d'Italie sur les populations de l'Europe centrale et septentrionale.
Les touristes ont succédé aux voyageurs britanniques et allemands Goethe, Byron et Nietzsche, et les archéologues du XVIIIe siècle avaient eux-mêmes pris la suite des pèlerins de la chrétienté et des conquérants français ou impériaux qui ont tenté de s'implanter au sud des Alpes, comme les Barbares avant Charlemagne et les Celtes avant Jésus-Christ.
Or, toutes ces poussées d'invasions pacifiques ou guerrières, inspirées par la culture ou la rapacité, religieuses ou commerciales, ont toujours emprunté les mêmes routes et conduit à peu près aux mêmes points entre les Alpes et la mer.

Des ports accueillants sont disposés en couronne dans l'Italie méridionale : Palerme, Naples, Tarente, Brindisi ; les passages s'alignent en éventail au-delà de l'Italie du Nord ; « le Brenner a servi de route aux Cimbres et aux Teutons ; par là sont toujours passés les empereurs lorsqu'ils allaient en Italie se faire couronner ou développer leur politique.
Dès l'époque romaine certainement, et bien avant déjà sans doute, les routes des Alpes entre la Gaule et l'Italie étaient celles-là même que suivent encore aujourd'hui les automobiles ; la via Aurelia filait le long de la Corniche ; le mont Matrona (Mont-Genèvre) servait à passer de la Doire Ripaire dans la Durance ; et par la voie du Saint-Bernard... un flot de civilisation n'a cessé de couler... » (Lucien Febvre, La Terre et l'évolution humaine, Paris, 1922). C'est là l'aspect passionnant de l'Italie : l'histoire avec ses plis invétérés et ses constantes y est logée dans les profondeurs de la géographie.


On trouve l'origine des couleurs de ce drapeau dans l'uniforme de la milice urbaine de Milan, surnommée « les petits navets » du fait de son costume blanc et vert agrémenté d'accessoires rouges.
Nous trouvons donc là un lieu de condensation, où l'énorme travail d'assimilation et d'échanges qui élabore une civilisation s'est produit pendant des siècles dans des circonstances telles qu'on ne peut le parcourir sans en éprouver la vertu.

LA NATURE
La nature a imposé à cette longue masse oblique, à arête montagneuse, un cloisonnement extraordinaire.

Aucun fleuve italien n'est un élément de liaison ni un facteur d'équilibre : le Tibre a l'irrégularité d'un torrent. Des deux rivières alpestres, le Pô et l'Adige, seul le premier contribue étroitement à l'activité des provinces du Nord, mais avec des étalements dangereux et un delta inextricable.
En contrepartie, la variété du relief et la qualité des roches multiplient les formations bizarres : Dolomites, sites « lunaires » de Volterra et de Sicile ; les compositions charmantes : terrasses des monts Euganéens, des collines toscanes, des monts Albains ; les « monstres sacrés » : Vésuve, Etna, régnant sur les laves et le soufre.
L'Italie possède une gamme de pierres et de matériaux de construction exceptionnels, et de temps immémorial chaque province a eu ses prédilections : briques, pépérin, travertin, marbre. La polychromie y va de soi. Une ville entièrement artificielle comme Venise contient tous les matériaux d'usage ou de luxe des Alpes et de l'Adriatique, du marbre à la pierre d'Istrie.


LA VISITE
Ville éternelle devant l’éternel, Rome est l’une des révélations d’un voyage en Italie.
Nulle part ailleurs, vingt-huit siècles d’histoire ne sont aussi présents dans une cité.
Le centre de la péninsule italienne bourdonne de l’effervescence de ses hauts lieux culturels, de Florence à Assise et de Sienne à Pérouse.

Mais sillonner la Toscane et l’Ombrie, c’est aussi goûter à la douceur de la lumière et des paysages, loin des sentiers battus.
Plus au sud, un vent d’optimisme souffle sur la cité parthénopéenne, les Napolitains sont réconciliés avec leur ville, qui ne les avait pas attendus pour dégager, elle aussi, un charme irrésistible. Car on a rarement vu de ville aussi émouvante, aussi attachante, mais, en même temps, aussi impalpable.
Porte d’Orient et clef du Sud, Naples pourrait bien vous surprendre et vous ouvrir les portes des paysages apuliens et de Calabre…


L'ITALIE POLITIQUE
La constitution italienne de 1948 a établi la Première République, fondée sur le travail (art. 1er). Elle repose sur un régime parlementaire bicaméral :
une Chambre des députés (Camera dei Deputati) de 630 députés ;
un Sénat (Senato della Repubblica) de 315 sénateurs (ainsi que d'anciens présidents de la République et de 5 sénateurs à vie, au plus, nommés par le chef de l'État).
Le Parlement est élu au suffrage universel direct selon des conditions très similaires.
La loi électorale a été substantiellement modifiée, suite à un référendum abrogatif en 1993, pour introduire une part de scrutin majoritaire (75 %) afin d'éviter l'instabilité gouvernementale chronique du début de la République, due, entre autres, à un multipartisme excessif et à l'absence d'alternance possible.
Elle a de nouveau été modifiée fin 2005, pour rétablir un scrutin proportionnel de listes bloquées, de façon à réduire l'échec de la Maison des libertés.
L'exécutif est constitué d'un gouvernement présidé par un Président du Conseil, primus inter pares. Le chef de l'État est un Président de la République aux pouvoirs relativement limités, élu pour sept ans par les chambres réunies (auxquels s'ajoutent des délégués représentant les régions).

L'union de gauche dirigée par Romano Prodi a remporté le scrutin du 10 avril 2006.
L'alliance de M. Prodi a battu la coalition de droite de Silvio Berlusconi à la Chambre des députés où elle a obtenu la majorité absolue des sièges avec 340 députés sur 630.



Haut de la page-[menu précédent]