l'Humanité
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ACTUEL
Après le XXVIIIe congrès du Parti communiste français (1994), la mention « organe central du PCF » est remplacée par « journal du PCF ». À l'occasion d'une nouvelle formule en 1999, la mention du lien avec le parti est supprimée.
Le PCF reste selon les statuts « l'éditeur » du journal mais sa direction ne préside plus officiellement à l'élaboration de sa ligne éditoriale.
Les militants du PCF restent cependant très impliqués dans la diffusion du journal (essentiellement à travers la vente militante de l'Humanité Dimanche).
Après avoir baissé au-dessous des 70 000 exemplaires, il est un des rares quotidiens aujourd'hui à redresser son audience ; sa survie fragile est assurée par le financement de groupes privés, bien que cela ne leur ouvre pas de pouvoir décisionnel sur le journal.

Pour apurer ses dettes (estimées à huit millions d'euros), le quotidien a procédé en 2007 à la vente de son siège de Saint-Denis, conçu par l'architecte Oscar Niemeyer et dans lequel il s'était installée en 1989, pour quinze millions d'euros.
La rédaction déménage en mai 2008 dans un immeuble situé dans la même ville, près du Stade de France. La vente du siège prévue à la date du 16 juillet 2008 n'a pu se réaliser plaçant brusquement le journal dans une situation financière alarmante.

Un appel à une souscription exeptionnelle a alors été lancé par l'Humanité et la direction nationale du PCF avec l'objectif de pouvoir recueillir en moins de trois mois plus de 2 millions d'euros. En moins d'un mois, en plein été, c'est plus de la moitié de cette somme qui est parvenue au journal prouvant les liens étroits que ce journal a, avec ses lecteurs.





LA NAISSANCE
La France vient de connaître la bataille de l'affaire Dreyfus et se trouve engagée, depuis la formation du ministère Combes dans les luttes anti-cléricales quand Jean Jaurès décide de fonder un nouveau journal.
Les fonds nécessaires vont être réunis avec l'aide des milieux dreyfusards. Bon nombre de riches israélistes étaient reconnaissants à Jaurès d'avoir engagé les socialistes à leurs côtés et le député de Carmaux put compter sur eux.
Le titre retenu pour le journal fut imaginé par Lucien Herr. Contre l'esprit de classe et un patriotisme à oeillères, il fallait développer le sens de l'humain et l'internationalisme, tel était alors le projet de Herr, bibliothécaire de l'Ecole normale supérieure.
Le nouveau journal s'inscrivait dans un projet idéologique humaniste et universaliste qui devait, déjà, le différencier de la "presse à sou". Il se voyait attribuer, outre l'information de ses lecteurs, une mission éducative tout à fait essentielle.
Ce qui explique le nombre des professeurs parmi ses rédacteurs. Mais il n'y avait pas que des "intellectuels" parmi les collaborateurs, car Jaurès tenait également à ouvrir les colonnes du journal à des militants syndicalistes et socialistes.

L'Humanité d'alors ne se vendit qu'à 12 000 exemplaires, mais son influence était grande. Jean Jaurès, son premier directeur fût assassiné en 1914 en signant un dernier éditorial pronant la Paix, à la veille de la première guerre mondiale.

L'Humanité au cours de son siècle d'existence resta fidèle à l'esprit de Jean Jaurès de liberté, de justice, de paix.
A plusieurs reprises les autorités l'interdirent, et plusieurs des ses rédacteurs comme Lucien Sempaix ou Gabriel Péri furent victimes de ces répressions.

L'HISTOIRE
Pour Jean Jaurès à l'origine il s'agissait de concevoir une publication destinée à la fois aux militants syndicalistes et socialistes, aux partisans de la gauche parlementaire et au milieu des intellectuels socialisants. Le premier numéro de L’Humanité, présentée comme «journal socialiste», parut le 18 avril 1904.
Au sein de sa rédaction figuraient notamment Viviani, Briand, Jean Longuet et Albert Thomas; le directeur politique était Jean Jaurès. Après l’unification du mouvement socialiste français en avril 1905 au sein de la S.F.I.O., les autres courants firent leur entrée dans l’équipe du journal avec Jules Guesde, Paul Lafargue et Édouard Vaillant.
Parmi les collaborateurs ont figuré quelques-unes des plus grandes signatures de l’époque: Tristan Bernard, Anatole France, Octave Mirbeau, Jules Renard. Organe de doctrine d’un haut niveau intellectuel, L’Humanité évolua et progressa parallèlement à la S.F.I.O.
Avec la Première Guerre mondiale, L’Humanité, dirigée alors par Renaudel, est soumise aux vicissitudes du mouvement socialiste. Elle soutient le gouvernement Viviani.

Mais le succès des minoritaires, lors du congrès d’octobre 1918, entraîne le remplacement de Renaudel par Marcel Cachin (qui devait rester le directeur du journal jusqu’à sa mort, en 1958). Longuet (petit-fils de Marx) transfère dans la même période Le Populaire du Centre à Paris et en fait un journal du soir destiné à combattre les positions de L’Humanité.

En décembre 1920, à la suite de la scission au sein de la S.F.I.O. lors du congrès de Tours, L’Humanité, qui tire alors à environ 140 000 exemplaires, reste l’organe de la majorité et devient donc le quotidien du Parti communiste. Elle connaît néanmoins une période difficile, du fait notamment du départ de nombre de ses collaborateurs, et il faut attendre 1926 pour que son nouveau rédacteur en chef, Paul Vaillant-Couturier, redresse la situation.

Dès lors, le journal est le strict porte-parole de la direction du parti, échappant même aux conflits qui ont pu diviser les responsables communistes. Son tirage augmente régulièrement en dépit des poursuites dont L’Humanité est l’objet.
En juillet 1929 notamment, Tardieu fait arrêter un certain nombre de dirigeants communistes, fait saisir le numéro du 1er août et, dans le dessein de provoquer la faillite du quotidien, met en liquidation la Banque ouvrière et paysanne.
Des comités de défense de L’Humanité (C.D.H.) sont aussitôt mis en place, qui, en trois mois de souscription, sauvent le titre; devenus les comités de diffusion de L’Humanité, les C.D.H. ont continué leur action. Le 26 août 1939, le quotidien communiste est confisqué, et sa publication interdite.

Le 26 octobre paraît le premier numéro clandestin; 317 numéros paraîtront dans des conditions très difficiles pendant la guerre. Le 21 août 1944, le journal est diffusé à nouveau au grand jour.
Il s’agit alors de s’adapter au nouveau contexte politique, et le quotidien sera à nouveau saisi plusieurs fois pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie. Sous la direction d’Étienne Fajon (1958-1974) puis de Roland Leroy, il reste un journal austère, fidèle porte-parole de la ligne du Parti communiste français, analysant la politique intérieure et extérieure, les événements internationaux, en termes d’opposition dialectique communisme/capitalisme.

Il lui est souvent reproché d’aligner ses prises de position dans le sens d’un soutien systématique à la politique soviétique, même quand ses réactions ont été différentes ou critiques (événements de Tchécoslovaquie en 1968, invasion de l’Afghanistan en 1980, événements de Pologne en 1980-1981).
De même, le quotidien, à l’image du P.C.F., reste très réservé vis-à-vis des réformes proposées par Mikhaïl Gorbatchev en U.R.S.S.
Son contenu, souvent très théorique, n’atteint pas une audience très large; la diffusion de L’Humanité (180 000 exemplaires en 1970, 100 000 exemplaires vingt ans plus tard) n’a jamais réellement exprimé le poids électoral du P.C.F., même si celui-ci est en net recul depuis 1981.

L'HUMANITE AUJOURD'HUI
Cette diffusion peu élevée et la faiblesse des recettes publicitaires (même après l’arrivée des socialistes au pouvoir et la mise en place d’un gouvernement comptant des ministres communistes) rendent la situation économique du quotidien très difficile : la fête de L’Humanité organisée pour la première fois en 1930 par les C.D.H., les bénéfices de l’hebdomadaire L’Humanité-Dimanche et surtout l’appel aux militants (aide à la diffusion; souscriptions) procurent des ressources complémentaires.

La modernisation de l’entreprise entamée en 1985 et la rénovation des formules du quotidien et de l’hebdomadaire permettent à ce journal d'être mieux porteur des idées de progrès. Son apport sur des sujets comme la guerre en Irak, les dossiers sur les retraites, la mondialisation, le référendum européen, est incomparable. Il s'ouvre largement aux jeunes de 16 à 25 en accordant, fait unique dans la presse, deux pages hebdomadaires rédigées intégralement par de jeunes correspondants.

Aujourd'hui l'Humanité est un des rares journaux non placé sous le contrôle étroit des puissances financières, c'est ce qui en fait son originalité et sa force.

Avec plus de 50 000 lecteurs / jour, il est en 2005, avec La Croix et l'Equipe un des rares quotidiens, en progression depuis trois ans.

Son site web récemment actualisé est unique dans la presse française en reprenant intégralement tous les articles.

L'HUMANITE HIER
L
L'Humanité (Paris)
Source: Bibliothèque nationale de France




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