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LE NAUFRAGE DE LA MEDUSE Le 17 juin 1816, appareillait le bateau le plus moderne de la Marine française, la frégate La Méduse, chargée d'emmener au Sénégal le nouveau gouverneur et sa famille.Elle embarquait avec eux plus de 400 passagers. Dans la nuit du 1er au 2 juillet, l'Echo la prévint par des signaux qu'elle naviguait trop près de la terre ; l'officier de quart ignora l'avertissement. Dans l'après-midi du 2 juillet, les marins qui sondaient régulièrement pour connaître la profondeur d'eau avertirent qu'il ne restait plus que quinze brasses ; le capitaine incompétent, négligea de réduire la voilure. Et l'inévitable se produisit : La Méduse, à seize heures, s'échoua dans les sables du banc d'Arguin, par beau temps, et par marée haute ! Après plusieurs essais infructueux pour la dégager, l'ordre d'évacuer fut donné le 05 juillet. Il n'y avait à bord que six canots de sauvetage : les gradés furent les premiers à s'y installer, tandis que cent cinquante marins et passagers s'entassaient sur un radeau construit la veille. Dix-sept personnes, qui n'avaient pu trouver de place sur ces embarcations, furent abandonnées : trois seulement survécurent. Les passagers des canots parvinrent à rejoindre la côte. Mais le calvaire des passagers du radeau fut long : deux jours de tempête emportèrent une partie d'entre eux, la mutinerie éclata à bord et le troisième jour il ne restait déjà que soixante personnes que la faim et la soif tenaillaient. On en vint à manger des morceaux de cadavre. Après une nouvelle mutinerie, les blessés furent jetés à la mer. Quand, me treizième jour enfin, le radeau rejoignit L'Argus, il ne restait que quinze survivants. Ce drame eut un très fort retentissement relayé en 1819 par l'exposition au Salon d'une toile de Géricault intitulé Le Radeau de la Méduse. |