miroirs-Géricault

Géricault Théodore
Peintre français (Rouen 1791 - Paris 1824).

LA JEUNESSE
Issu d'une famille bourgeoise, Géricault se passionne très jeune pour le dessin.
Successivement élève de Carle Vernet (1758-1836), peintre de chevaux, et de Pierre-Narcisse Guérin (1774-1833), lui-même formé par Jacques Louis David , il copie les maîtres au Louvre et présente au Salon de 1812 l'Officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant (Paris, musée du Louvre).
Cette œuvre de grandes dimensions, qui le fait connaître, est encore tributaire de la fougue de Rubens et de Gros.

En 1816, Géricault séjourne à Florence et à Rome, où il s'enthousiasme pour l'œuvre de Michel-Ange.
Il dessine des scènes érotiques et peint des études de chevaux (Cheval arrêté par des esclaves, musée de Rouen, et Paris, Louvre), d'une très grande vivacité plastique.
À son retour, il s'adonne à la lithographie (Les Bouchers de Rome) et s'intéresse à l'actualité politique, comme en témoigne la série de dessins pour l'affaire Fualdès.

L'OEUVRE
Cette recherche d'un sujet moderne trouve son accomplissement dans Le Radeau de la " Méduse " (1819, Louvre), exposé sans grand succès au Salon de 1819 sous le titre Scène de naufrage.
L'œuvre s'inspire d'un fait divers horrible : après le naufrage au large du Sénégal de la frégate La Méduse, qui transportait 150 hommes, les naufragés s'entre-tuent sur un radeau, et il ne reste qu'une quinzaine de survivants.
Si l'allégorie politique (la faiblesse de la Restauration) est un thème d'une modernité indiscutable, les procédés picturaux employés restent, eux, traditionnels. Géricault est déjà romantique, sans cesser d'être réaliste et classique (composition pyramidale, clair-obscur) et de s'inspirer à la fois de Michel-Ange et du Caravage.

SA DISPARITION
Il accompagne l'œuvre dans une exposition itinérante de deux années en Angleterre et à Dublin, rapportant de son séjour outre-Manche le remarquable Derby de 1821 à Epsom (Paris, Louvre).

Il semble que le cheval, omniprésent dans l'œuvre de Géricault, serve le mythe napoléonien naissant.
À ce titre, Le Cuirassier blessé (Salon de 1814, Louvre) symbolise la fin tragique de l'épopée napoléonienne.

Géricault a peint des portraits de malades mentaux, réalisés à la demande du docteur Étienne-Jean Georget, jeune médecin aliéniste à l'hôpital parisien de la Salpêtrière ; cette série de cinq toiles culmine avec une œuvre saisissante, la Monomane de l'envie, dite aussi L'Hyène de la Salpêtrière (musée de Lyon).

Géricault est aussi l'auteur d'œuvres religieuses et de quelques rares sculptures (Nymphe et Satyre, musée de Rouen). Seule sa disparition prématurée a empêché ce jeune maître au grand talent d'appartenir de fait à la génération des romantiques, à laquelle pourtant il se rattache tant par la manière que par l'inspiration.



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