miroirs-Gauguin
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Peintre maudit et martyr, Gauguin fut consacré comme l’initiateur de la peinture moderne à l’exposition du centenaire à l’Orangerie en 1949.
Une partie de l’œuvre, les sculptures et les céramiques, reste encore dans le cône d’ombre projeté par le rayonnement du peintre. La personnalité de Gauguin renforce le message de ses créations, car il fut l’un de ces artistes dont la biographie ne se confond pas, pour l’essentiel, avec la suite de ses œuvres.

Sa vie, comme celle de Rimbaud, fut une aventure. Lié d’abord à l’impressionnisme, puis au mouvement symboliste, il devait dénoncer le premier au nom de ce que Kandinsky appellera le principe spirituel de l’art, et se prémunir contre les dangers de déviationnisme littéraire inhérents au second, au nom de la parfaite coïncidence du signifiant et du signifié dans l’œuvre plastique.
L’exotisme de Gauguin exprime la quête douloureuse qu’il a poursuivie pour redécouvrir la valeur existentielle des symboles magiques et religieux, liens d’harmonie entre le temps pleinement vécu par l’homme et le mystère d’une destinée qui s’inscrit dans l’intemporel.

Son œuvre ajoute à la documentation de l’anthropologue et de l’historien des religions comparées. Comme Tolstoï et Van Gogh, Gauguin a senti jusqu’à l’angoisse la faille qui sépare le christianisme de l’homme actuel et il a cherché, après Victor Hugo, une consolation sans dogme, un nouvel ordre où tout le mal cesserait de venir «de la forme des dieux».
Universalis




7 juin 1848
Naissance d'Eugène Henri Paul Gauguin à Paris, fils de Pierre Guillaume Clovis Gauguin, journaliste et d'Aline Marie Chazal. Sa grand-mère maternelle est Flora Tristan (1803-44).

août 1849
La famille Gauguin s'embarque au Havre pour le Pérou. A la mort de son père en octobre 1848, il s'installe avec sa mère et sa sœur aînée à Lima chez leur grand-oncle Don Pio de Tristan Moscoso.

Fin 1854-début 1855
Aline Gauguin rentre en France avec ses enfants.

6 décembre 1865
Gauguin embarque au Havre en qualité d'élève -officier à bord d'un trois-mâts, le Luzitano qui appareille pour Rio de Janeiro. Second voyage ( 3 mois et 29 jours) en mai 1866.

27 octobre 1866
Embarque au Havre comme second lieutenant sur le Chili : Cardiff, Valparaiso, Iquiqué (Pérou), Arica (Chili). Le voyage dure treize mois et quinze jours. Il apprendra la mort de sa mère à Saint-Cloud (7 juillet 1867) durant une escale.

1872
Se lie avec Emile Schuffenecker (1851-1934).

22 novembre 1873
Epouse Mette Gad.

Mai-juin 1876
Expose pour la première fois au Salon.

1877
Le sculpteur Bouillot l'initie au modelage et à la sculpture.

16 mars 1881
Premiers achats de Durand-Ruel à Gauguin.

Mars 1882
Il hésite à choisir entre la finance et la peinture.

Fin octobre 1884
Mette retourne à Copenhague avec leurs cinq enfants. Il les rejoint en novembre.

Juin-octobre 1886
Fréquente les ateliers de céramique de la rue Blomet et celui de Chaplet.

Novembre 1886
Première rencontre avec Vincent van Gogh.

Début juin 1887
Il s'embarque pour la Martinique. Vit dans une case sur une plantation à deux kilomètres de Saint-Pierre.

Octobre 1888
Après un séjour à Pont-Aven, il se rend à Arles et envoie ses tableaux à Theo Van Gogh. Ils sont admirés de tous.

23 décembre 1888
Vincent Van Gogh pris d'un accès de folie menace Gauguin puis se tranche l'oreille.

Mi-février -juin 1889
Il repart pour Pont-Aven et s'installe au Pouldu à l'auberge de Marie Henry.

Début novembre 1889
Envoie à Theo Van Gogh un bois sculpté Soyez amoureuse et vous serez heureuse..

Juillet 1890
Hésite entre Madagascar et Tahiti pour l'« atelier des tropiques » et demande à Emile Bernard de se renseigner sur le voyage.

29 juillet 1890
Mort de Vincent Van Gogh à Auvers-sur-Oise.

23 février 1891
Vente à l'Hôtel Drouot des tableaux de Gauguin pour financer son voyage à Tahiti. L'article de Mirbeau « Paul Gauguin » paru dans L'Echo de Paris du 16 février sert de préface au catalogue.

15 mars 1891
Ecrit au Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts pour demander une mission gratuite pour Tahiti. Elle est acceptée le 26 mars.

23 mars1891
Banquet donné en l'honneur de son départ, au café Voltaire, sous la présidence de Mallarmé.


S'embarque à Marseille à bord de L'Océanien.

9 juin 1891
Arrivée à Tahiti ; les habitants de l'île, surpris par ses cheveux longs, le surnomment taatavahine (homme-femme).

16 juin 1891
Fait des esquisses aux funérailles du roi Pomare V, décédé quatre jours auparavant à Papeete.

Juin-juillet 1891
Se fait couper les cheveux et achète un costume colonial blanc. Fréquente les Européens de l'île. Sculpte des motifs stylisés sur des bols en bois indigènes et peint des portraits des enfants de ses voisins.

Novembre 1891
Accumule des « documents » qui lui serviront pour sa peinture quand il rentrera à Paris. Fait sans doute la connaissance de Teha'amana qui devient sa vahiné et son modèle.

Début 1892
Admis à l'hôpital de Papeete pour des vomissements de sang , il le quitte contre l'avis du médecin, pour des raisons financières.

1er avril 1892
Un important article publié à Paris le désigne comme « l'initiateur incontestable de ce mouvement artistique (symboliste) ».

Avril 1892
Gauguin a terminé 32 tableaux, dont il dresse l'inventaire dans le Carnet de Tahiti.

juin 1892
Cherche désespérément les fonds nécessaires à son retour en France et demande son rapatriement.

Août 1892
Fier d'annoncer à Mette qu'en 11 mois de travail, il a terminé 44 toiles « assez importantes ».

Septembre 1892
Le premier tableau tahitien de Gauguin, Vahine no te tiare, est exposé à Paris à la galerie Boussod et Valadon.

Octobre 1892
N'ayant plus de toile, il sculpte des statuettes et des cylindres en bois et parvient à en vendre deux.

4 juin 1893
Quitte Tahiti avec 66 tableaux et plusieurs sculptures.

30 août 1893
Arrive en France et hérite mi- septembre de la moitié des biens de son oncle décédé.

mi- septembre 1893
Commence la rédaction de Noa Noa pour faire comprendre sa peinture Tahitienne

8 novembre 1893
Propose de faire don de son tableau Ia Orana Maria au musée du Luxembourg qui le refuse.

Novembre 1893
Exposition des œuvres de Gauguin chez Durand-Ruel avec 41 tableaux de Tahiti, 3 de Bretagne et des sculptures sur bois.

Début janvier 1894
Loue deux pièces au dernier étage du 6 rue Vercingétorix. Il vit avec Annah la Javanaise, âgée de treize ans et originaire de Malaisie.

Février-mars 1894
Réalise dix bois pour les gravures destinées à illustrer Noa Noa.

Mars-avril 1894
L'artiste-graveur Louis Roy réalise le tirage des bois de Noa Noa.

Décembre 1894
Travaille à sa grande sculpture en grès Oviri.

Début janvier 1895
Se rend à Copenhague pour voir ses enfants une dernière fois.

18 février 1895
La vente à Drouot attire peu d'amateurs : 9 tableaux seulement, sur 47 œuvres présentées, sont vendus.

Fin juin 1895
Remet à Morice son manuscrit Ancien Culte mahorie et donne à Molard une procuration spéciale pour l'édition de Noa Noa.

Juillet- août 1895
Quitte Marseille à bord du vapeur L'Australien. Lors d'une escale, il étudie les collections d'art maori à Auckland. (Nouvelle-Zélande).

9 septembre 1895
Arrivé à Papeete, il déplore les nombreux changements intervenus depuis son départ et décide de partir pour les Marquises.

Novembre 1895
Renonçant à partir pour les Marquises, il s'installe à Punaauia, à moins de cinq kilomètres de Papeete, loue un petit terrain, et construit avec l'aide de ses voisins un fare — case tahitienne traditionnelle en bambou et feuilles de palmier.

Début janvier 1896
Prend pour vahiné Pahura, une jeune fille de quatorze ans.

10 avril 1896
Il envoie à Monfreid un dessin et une description de Te arii vahine, qu'il considère comme son meilleur tableau.

Août 1896
Il donne des leçons de dessin aux enfants de l'avocat Goupil.

Fin octobre 1896
Gauguin cesse de travailler chez les Goupil. Peu de temps après, il exécute une statue très fruste de femme, par dérision pour les copies d'antiques qui ornaient le jardin de Goupil.

Fin novembre 1896
Une exposition Gauguin ouvre à la galerie Vollard.

Avril 1897
Il apprend la mort de sa fille par une lettre « courte et brutale » de sa femme.

Mai-juin 1897
Travaille à la construction de son atelier, complétant les panneaux sculptés déjà exécutés. Une nouvelle crise d'eczéma l'empêche de peindre.

mi-août 1897
Ecrit à sa femme une lettre amère et pleine de reproches dont elle est si bouleversée qu'elle cesse toute correspondance avec lui.

15 oct et 1e nov 1897
Des extraits de Noa Noa sont publiées dans La Revue Blanche à quinze jours d'intervalle.

Début décembre 1897
Victime d'une crise cardiaque, Gauguin décide d'entrer à l'hôpital. Il commence à travailler à son vaste tableau « testament », D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?

30 décembre 1897
Gauguin se retire dans la montagne et tente de se suicider à l'arsenic.

février 1898
Ces oeuvres sont exposées en Suède. Le directeur de l'Académie des Arts de Suède, considérant Manao tupapau indécent, fait retirer le tableau de l'exposition.

Mars-avril 1898
Gauguin s'installe avec Pahura à Paofai, un faubourg à l'ouest de Papeete. Il loue une petite maison et renonce à peindre pendant cinq mois.

18 juin 1898
Envoie à Monfreid la photographie prise par Lemasson de sa grande composition, D'où venons-nous ?

Août 1898
Ambroise Millaud commande à Gauguin un tableau « compréhensible et reconnaissable ». Le résultat, Le Cheval blanc est refusé et envoyé à Monfreid.

17 nov-10 déc 1898
Exposition à la galerie Vollard de D'où venons-nous ? et de huit tableaux en rapport par la taille et le sujet. Vollard achète l'ensemble par l'entremise de Monfreid pour 1 000 francs.

12 juin 1899
Le premier d'une longue suite d'essais et éditoriaux de Gauguin paraît dans le journal satirique Les Guêpes à Papeete.

mi-janvier 1900
Il envoie à Monfreid 475 gravures, dix dessins et dix tableaux, avec des instructions concernant leur répartition.

Mars 1900
Signe un contrat avec Vollard.

16 mai 1900
Mort de son fils Clovis à l'âge de vingt et un ans, qu'il ne semble pas avoir apprise.

Octobre 1900
Se plaint sans cesse que Vollard lui doive de l'argent et demande qu'Oviri soit envoyé à Tahiti afin d'être placé sur sa tombe.

2 février-23 mars 1901
Echafaude des plans pour aller s'installer aux îles Marquises, où « la vie est très facile et très bon marché ".

1er mai 1901
Publication de Noa Noa aux éditions La Plume. Il achève les préparatifs de son déménagement aux Marquises.

Juillet 1901
Morice l'informe qu'il lui a envoyé 100 exemplaires de Noa Noa, qu'il ne recevra jamais. Vollard vend le tableau D'où venons-nous ? pour 1500 francs seulement, ce qui provoque la colère de l'artiste.

10 septembre 1901
Il quitte Tahiti pour les Marquises à bord du vapeur La Croix du Sud.

27 septembre 1901
L'évêque lui vend un terrain au centre du village d'Atuona entre la mission catholique et l'église protestante. Avec l'aide de ses voisins, il commence à construire sa « Maison du Jouir » où il s'installe deux mois après.

18 novembre 1901
Convainc un chef marquisien de retirer sa fille de quatorze ans, Vaeoho Marie-Rose, de l'école catholique, pour en faire sa vahiné.

Janvier-mars 1902
Travaille à l'achèvement de sa maison et termine le manuscrit de L'Esprit moderne et le catholicisme. C'est pour sa peinture une période très productive et il annonce pour le mois d'avril à Monfreid l'envoi de douze tableaux.

mi-août 1902
Installe devant sa maison des caricatures sculptées de l'évêque et de sa gouvernante nue.

25 août 1902
Découragé, il écrit à Monfreid qu'il envisage sérieusement de quitter les îles pour aller s'établir en Espagne.

Décembre 1902
Nouvelle crise d'eczéma ; ne pouvant plus peindre, il se consacre à son livre de souvenirs et d'observations sous forme de journal intime, Avant et après.

8 mai 1903
Son état de santé empire, son ami et voisin Tioka fait venir le révérend Vernier.
Gauguin meurt, peut-être d'une crise cardiaque, à 11 heures du matin, après avoir pris une forte dose de morphine.

9 mai 1903
Il est enterré dans le cimetière catholique d'Atuona.

2-3 septembre 1903
Vente aux enchères, à Papeete, des effets, œuvres d'art et objets divers provenant de sa maison. Victor Segalen est le principal acquéreur d'œuvres d'art.

4-28 novembre 1903
Exposition à la galerie Vollard de 50 tableaux et 27 dessins-empreintes.


Peintures : Arearea, et auto-portraît, femmes Tahitiennes




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