Ecrivain espagnol Né en 1898 à Fuentevaqueros en Andalousie, tout près de Grenade, Federico Garcia Lorca s'adonne très tôt à la poésie, à la musique, au théâtre et au dessin. Ses amis s'appellent Dali, Bunuel, Alberti, Manuel de Falla...
Ses recueils littéraires et ses pièces théâtrales connaissent un immense succès populaire.
Quand éclate la guerre civile, en juillet 1936, il est à Grenade comme chaque été. Soupçonné de sympathies républicaines, la garde civile franquiste vient l'arrêter.
Le 19 août, Federico Garcia Lorca est fusillé près de Viznar avec ses compagnons de captivité.
La femme adultèreJe la pris près de la rivière Car je la croyais sans mari Tandis qu'elle était adultère Ce fut la Saint-Jacques la nuit Par rendez-vous et compromis Quand s'éteignirent les lumières Et s'allumèrent les cri-cri Au coin des dernières enceintes Je touchai ses seins endormis Sa poitrine pour moi s'ouvrit Comme des branches de jacinthes Et dans mes oreilles l'empois De ses jupes amidonnées Crissait comme soie arrachée Par douze couteaux à la fois Les cimes d'arbres sans lumière Grandissaient au bord du chemin Et tout un horizon de chiens Aboyait loin de la rivièreQuand nous avons franchi les ronces Les épines et les ajoncs Sous elle son chignon s'enfonce Et fait un trou dans le limon Quand ma cravate fût ôtée Elle retira son jupon Puis quand j'ôtai mon ceinturon Quatre corsages d'affilée Ni le nard ni les escargots N'eurent jamais la peau si fine Ni sous la lune les cristaux N'ont de lueur plus cristalline Ses cuisses s'enfuyaient sous moi Comme des truites effrayées L'une moitié toute embrasée L'autre moitié pleine de froid Cette nuit me vit galoper De ma plus belle chevauchée Sur une pouliche nacrée Sans bride et sans étriers Je suis homme et ne peux redire Les choses qu'elle me disait Le clair entendement m'inspire De me montrer fort circonspect Sale de baisers et de sable Du bord de l'eau je la sortis Les iris balançaient leur sabre Contre les brises de la nuit Pour agir en pleine droiture Comme fait un loyal gitan Je lui fis don en la quittant D'un beau grand panier à couture Mais sans vouloir en être épris Parce qu'elle était adultère Et se prétendait sans mari Quand nous allions vers la rivière Garcia Lorca Frederico (traduction Jean Prévost--Edition Gallimard) Antonio MACHADO El crimen fue en GranadaA Federico Garcia Lorca Se le vio, caminando entre fusiles por una calle larga, salir al campo frio, aun con estrellas, de la madrugada. Mataron a Federico cuando la luz asomaba. El peloton de verdugos no oso mirarle a la cara. Todos cerraron los ojos ; rezaron : ni Dios te salva ! Muerto cayo Federico sangre en la frente y plomo en las entranas que fue en Granada el crimen sabed - pobre Granada ! - en su Granada ! Se les vio caminar... Labrad, amigos, de piedra y sueno, en el Alhambra, un tumulo al poeta, sobre una fuente donde llora el agua, y eternamente diga : el crimen fué en Granada ! en su Granada ! Ce poème de Machado fut publié pour la première fois le 17 octobre 1936 dans l'hebdomadaire "Ayuda". |
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