miroirs-la guerre civile en Espagne
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Frederico Garcia LORCA 1898-1936
Ecrivain espagnol
Né en 1898 à Fuentevaqueros en Andalousie, tout près de Grenade, Federico Garcia Lorca s'adonne très tôt à la poésie, à la musique, au théâtre et au dessin. Ses amis s'appellent Dali, Bunuel, Alberti, Manuel de Falla... Ses recueils littéraires et ses pièces théâtrales connaissent un immense succès populaire. Quand éclate la guerre civile, en juillet 1936, il est à Grenade comme chaque été. Soupçonné de sympathies républicaines, la garde civile franquiste vient l'arrêter. Le 19 août, Federico Garcia Lorca est fusillé près de Viznar avec ses compagnons de captivité.
"Le Rossignol d'Andalousie "

1 La vie de Lorca
Ainsi sera surnommé Frederico Garcia Lorca par ses amis. Né à Funte Vaqueros en 1838, il grandit dans la province de Grenade, où son père exploite plusieurs domaines. Auprès de ce père, doué pour la musique et de sa mère, institutrice, Frédérico acquiert une bonne formation élémentaire et manifeste très tôt des talents littéraux et musicaux. Ses amis sont surtout des petits pauvres et des gitans.
En 1916 et 1917, il visite la Castille ce qui fournit la matière de son premier livre publié en 1918 : Impressions et Paysages En 1919, il découvre la résidence universitaire de Madrid, où il se liera avec Salvador Dali Luis Buñel, Jorg Guillén. En 192 1, après l'échec total de sa première pièce, le Maléfice de là phélene Lorca publie le livre des poèmes et compose le Poème du Cante Jondo. L'année suivante il participe avec Manuel de Falla, à l'organisation à Grenade d'un concours de Cante Jondo.

L'année 27 constitue une date décisive pour Lorca : il publie son recueil de Chansons et crée Mariana Pineda avec dans le rôle-titre, l'actrice Margarita Xirgu. L'année suivante paraît un recueil de poèmes : Le Romancero gitan. Désormais, Lorca est un auteur reconnu et apprécié dans toute l' Espagne.

De Juin 1929 à Janvier 1930, il effectue un séjour à l'université 'Columbia à New-York avant de donner un cycle de conférences à Cuba, séjour qui foumira la matière d'un recueil, Le Poète à New-York et pendant lequel probablement il écrit son oeuvre théatrale la plus ambitieuse Le Public.

De retour en Espagne, Lorca se consacre à l'écriture poétique et théatrale. Avec l'arrivée de la République ( 1931 ) il réalise son projet de la Barraca, théatre univrsitaire itinérant financé par le rninistère de l'instruction publique qui a pour mission de représenter des oeuvres classiques espagnoles surtout devant un public illéttré.C'est un succès et l'écrivain achève " Lorsque 5 ans seront passés ", pièce inédite de son vivant Son succès déborde les frontières et Lorca se rend en 1933 à Buenos Aires, où il est accueilli triomphalement avec sa pièce " Noces de Sang "

De 1933 à 1936, alors que l'Espagne est gouvernée par une coalition de droite, la tension politique ne cesse de s'accroîître, Lorca achève "Yerma" qui après " Noces de sang" constitue le deuxième volet d'une trilogie théatrale - ainsi que son recueil poétique le " Divan du Iamarit " La mort dans les arènes d'un ami torero inspire au poète son " Chant funèbre pour Ignacio Sanchez Méjias Créée le 29/12/34, Yerma fait l'objet d'une cabale de l'extrême droite.
Mais Lorca déploie une activité inlassable : représentations de la Barraca, conférences mises en scène de ses propres oeuvres ce pourquoi, il séjourne à Barcelone de septembre à la fin de l'année.

En février 1936, une coalition des partis de gauche, le Front populaire, remporte les élections. Lorca, qui affiche sa sympathie à l'égard du nouvau gouvernement, achève sa trilogie avec la maison de Bernarda Alba.
Il s'apprête à accompagner Margarita Xirgu au Mexique, mais décide de passer auparavant quelques jours à Grenade. C'est là que le surprend la rébellion Jet 18 juillet. Arrêté, il sera fusillé sans jugement, le 19 août, près du village de Viznar.


La femme adultère
Je la pris près de la rivière
Car je la croyais sans mari
Tandis qu'elle était adultère
Ce fut la Saint-Jacques la nuit
Par rendez-vous et compromis
Quand s'éteignirent les lumières
Et s'allumèrent les cri-cri
Au coin des dernières enceintes
Je touchai ses seins endormis
Sa poitrine pour moi s'ouvrit
Comme des branches de jacinthes
Et dans mes oreilles l'empois
De ses jupes amidonnées
Crissait comme soie arrachée
Par douze couteaux à la fois
Les cimes d'arbres sans lumière
Grandissaient au bord du chemin
Et tout un horizon de chiens
Aboyait loin de la rivière
Quand nous avons franchi les ronces
Les épines et les ajoncs
Sous elle son chignon s'enfonce
Et fait un trou dans le limon
Quand ma cravate fût ôtée
Elle retira son jupon
Puis quand j'ôtai mon ceinturon
Quatre corsages d'affilée
Ni le nard ni les escargots
N'eurent jamais la peau si fine
Ni sous la lune les cristaux
N'ont de lueur plus cristalline
Ses cuisses s'enfuyaient sous moi
Comme des truites effrayées
L'une moitié toute embrasée
L'autre moitié pleine de froid
Cette nuit me vit galoper
De ma plus belle chevauchée
Sur une pouliche nacrée
Sans bride et sans étriers
Je suis homme et ne peux redire
Les choses qu'elle me disait
Le clair entendement m'inspire
De me montrer fort circonspect
Sale de baisers et de sable
Du bord de l'eau je la sortis
Les iris balançaient leur sabre
Contre les brises de la nuit
Pour agir en pleine droiture
Comme fait un loyal gitan
Je lui fis don en la quittant
D'un beau grand panier à couture
Mais sans vouloir en être épris
Parce qu'elle était adultère
Et se prétendait sans mari
Quand nous allions vers la rivière

Garcia Lorca Frederico
(traduction Jean Prévost--Edition Gallimard)



Antonio MACHADO
El crimen fue en Granada
A Federico Garcia Lorca

Se le vio, caminando entre fusiles
por una calle larga,
salir al campo frio,
aun con estrellas, de la madrugada.

Mataron a Federico
cuando la luz asomaba.
El peloton de verdugos
no oso mirarle a la cara.
Todos cerraron los ojos ;
rezaron : ni Dios te salva !

Muerto cayo Federico
sangre en la frente y plomo en las entranas
que fue en Granada el crimen
sabed - pobre Granada ! - en su Granada !

Se les vio caminar...
Labrad, amigos,
de piedra y sueno, en el Alhambra,
un tumulo al poeta,
sobre una fuente donde llora el agua,
y eternamente diga :
el crimen fué en Granada ! en su Granada !

Ce poème de Machado fut publié pour la première fois le 17 octobre 1936 dans l'hebdomadaire "Ayuda".





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