miroirs-le temps des esclaves
Cliquez ici pour découvrir le Journal Mosaïque de ce mois



Le temps des esclaves - Définition de l'esclavage selon l'Encyclopédie de Diderot - L'esclavage à Rome, Athènes et sous le christianisme - Notes de lecture


Description historique de l'Encyclopédie.
L'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une Société de Gens de lettres a été éditée entre 1751 et 1772 sous la direction de Diderot. Elle contient 17 volumes de texte et 11 volumes de planches. Parmi les rédacteurs, on trouve les plus éminents philosophes du dix-huitième siècle, tels que Voltaire, Rousseau, d'Alembert, Marmontel, d'Holbach ou Turgot, pour n'en citer que quelques-uns. Ces grands esprits (ainsi que quelques autres de moindre importance) ont collaboré dans le but de réunir et de diffuser en prose claire et accessible les fruits de la connaissance et du savoir accumulés. Contenant 72.000 articles écrits par plus de 140 collaborateurs, l'Encyclopédie était un travail de référence massif pour les arts et pour les sciences, mais aussi une machine de guerre qui a servi à propager les idées des Lumières.

En raison des problèmes de censure, les volumes successifs de l'Encyclopédie ont paru à un rythme irrégulier. Les sept premiers volumes ont été publiés entre 1751 et 1757, au rythme d'un par an. La publication des dix derniers volumes a eu lieu en 1766. Les volumes de planches, relativement peu touchés par la censure, ont été publiés de 1761 à 1772, à la cadence d'un par an. La première édition de l'Encyclopédie a été tirée à 4.000 exemplaires environ.
L'impact de l'Encyclopédie a été énorme, non seulement sous la forme de son édition originale, mais également sous celle des multiples réimpressions de plus petits formats et des adaptations postérieures dont elle a été l'objet. L'ouvrage a &e;té salué comme étant la somme de la connaissance moderne et le monument du progrès de la raison au dix-huitième siècle. c'est pour cette raison qu'il a été condamné. Par sa tentative de classer les connaissances et d'ouvrir tous les domaines de l'activité humaine à ses lecteurs, l'Encyclopédie a révélé plusieurs courrants intellectuels et sociaux de son temps.

Encyclopédie de Diderot et d'Alembert
 
ESCLAVE, (Jurisp.) est celui qui est privé de la liberté, & qui est sous la puissance d'un maître.

Suivant le droit naturel tous les hommes naissent libres ; l'état de servitude personnelle est une invention du droit des gens. Voyez ESCLAVE.

Quelques-uns prétendent que les Lacédemoniens furent les premiers qui firent des esclaves, d'autres attribuent cela aux Assyriens, lesquels en effet furent les premiers qui firent la guerre, d'où est venue la servitude ; car les premiers esclaves furent les prisonniers pris en guerre.
Les vainqueurs ayant le droit de les tuer, préférerent de leur conserver la vie, d'où on les appella servi quasi servati, ce qui devint en usage chez tous les peuples qui avoient quelques sentimens d'humanité, c'est pourquoi les lois disent que la servitude a été introduite pour le bien public.

Les Egyptiens, les Grecs avoient des esclaves ; il y en avoit aussi chez les Romains, ils inventerent même plusieurs façons nouvelles d'en acquérir, & firent beaucoup de lois pour regler leur état.
Ceux que les Romains avoient pris en guerre étoient appellés mancipia quasi manu capta ; on faisoit cependant une différence de ceux, qui, après avoir mis bas les armes, se rendoient au peuple romain ; on ne les mettoit point dans l'esclavage, ils étoient maintenus dans tous leurs priviléges, & demeuroient libres ; on les faisoit seulement passer sous le joug pour marquer qu'ils étoient soûmis à la puissance romaine : on les appelloit dedititii quia se dederant, au lieu que ceux qui étoient pris les armes à la main ou dans quelque siége devenoient vraiment esclaves.

Les Romains en achetoient aussi du butin fait sur les ennemis, & de la part reservée pour le public, ou de ceux qui les avoient pris en guerre, ou des marchands qui en faisoient trafic & les vendoient dans les marchés.
Il y avoit aussi des hommes libres qui se vendoient eux-mêmes. Les mineurs étoient restitués contre ces ventes, les majeurs ne l'étoient pas. Cette servitude volontaire fut introduite par un decret du sénat du tems de l'empereur Claude, & abrogée par Léon le Sage par sa novelle 44.
Les enfans nés d'une femme esclave étoient aussi esclaves par la naissance, suivant la maxime du droit romain, partus sequitur ventrem.
Enfin la peine de ceux qui s'étoient rendus indignes de la liberté, étoit de tomber dans l'esclavage, ce qui arrivoit à tous ceux qui avoient commis quelqu'action deshonorante & odieuse, tels que ceux qui s'étoient soustraits au dénombrement, ceux qui avoient deserté en tems de guerre, les affranchis qui étoient ingrats envers leur patron.
Lorsqu'un criminel étoit condamné à quelque peine capitale, la peine étoit souvent commuée en celle de l'esclavage. Les femmes libres qui étoient devenues amoureuses d'un esclave participoient aussi à sa condition, mais Justinien abolit cette peine.
Quoique les esclaves fussent tous de même condition, on les distinguoit cependant par différens titres, selon l'emploi qu'ils avoient chez leur maître.




Haut de la page-[menu précédent]



NOMBRE DE VISITEURS ACTUELLEMENT
EN VISITE CE JOUR SUR CE SITE