miroirs-L'esclavage
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MIROIRS - LE TEMPS DES ESCLAVAGES


L'esclavage, pratique sociale fondée sur l'exploitation d'êtres humains par d'autres êtres humains, s'est manifesté dans le monde entier et à diverses périodes historiques, de la Grèce antique aux Etats Unis du XIX ème siècle et au Moyen-Orient du XX ème siècle, en passant par diverses sociétés de l'Afrique et de l'Amérique.
Le propriétaire possède son esclave comme un bien ou une chose et peut exiger de lui travail et autres services sans aucune restriction. Il peut lui refuser d'agir et de se déplacer.
Il a le droit de séparer les membres d'une même famille et de refuser un mariage.
En revanche, on a vu des maîtres organiser des troupeaux d'êtres humains pour améliorer par croisements la robustesse des travailleurs qu'ils proposaient, comme du bétail, sur les marchés.


Les premiers esclaves africains furent amenés en Europe en 1442.

Un demi-siècle plus tard, Christophe Colomb découvrait l'Amérique, et des bateaux chargés d'esclaves se mirent à faire la navette, sur l'Atlantique, entre l'Afrique et l'Amérique...
Le trafic des esclaves s'est poursuivi durant plus de quatre siècles. De génération en génération, on choisissait pour les vendre les Africains les plus sains et les plus forts, on les transportait par-delà l'océan par centaines et centaines de milliers.

A la suite de cette migration d'une ampleur sans précédent vers le Nouveau Monde, qui s'effectua sous la violence et par contrainte, une nouvelle race s'y est pratiquement implantée, comptant au moins 10 à 12 millions d'hommes. Actuellement, rien qu'aux Etats-Unis, les descendants de ces esclaves se chiffrent à 25 millions d'hommes, et dans les Indes occidentales britanniques, chez huit habitants sur dix, on trouvera une part de sang africain.

Karl Marx range la traite des Noirs parmi les moments essentiels de l'accumulation primitive. «La découverte des contrées aurifères et argentifères de l'Amérique, la réduction des indigènes en esclavage, leur enfouissement dans les mines ou leur extermination, les commencements de conquête et de pillage aux Indes orientales, la transformation de l'Afrique en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires, voilà les procédés idylliques d'accumulation primitive qui signalent l'ère capitaliste à son aurore» [7, p. 718].

Dans chaque colonie on prenait ce qui, à la période présente, procurait le maximum de profit. Un flot de pierres précieuses et de métaux précieux, arrosés du sang des Indiens, déferlait d'Amérique en Europe.
On importait des pays d'Orient les épices, l'or, les pierres précieuses. Il s'est avéré qu'en Afrique, la marchandise la plus avantageuse a été les esclaves. Voilà pourquoi les premiers siècles de colonialisme en Afrique ont surtout été liés non pas à l'annexion de territoires ou au pillage de la population, comme cela s'est passé dans le Nouveau Monde et dans les pays d'Asie, mais à l'exportation des esclaves.

C'est ainsi que le rôle de l'Afrique dans la division mondiale du travail à la période de l'accumulation primitive fut de servir de réserve inépuisable de main-d'œuvre pour le travail dans les plantations et les mines du Nouveau Monde.

Les esclaves noirs ont été les créateurs des colonies prospères que les pays d'Europe ont acquises aux Indes occidentales, ce sont eux également qui insufflèrent la vie aux mines et aux plantations du Brésil, de Cuba, de Haïti.
Le puissant empire du «coton roi», dans le Sud des Etats-Unis, n'a existé que grâce aux esclaves noirs qui travaillaient dans les plantations. La rapide poussée de certaines villes d'Europe et d'Amérique, comme Liverpool, Bristol, Nantes, New York, la Nouvelle-Orléans, Rio de Janeiro et bien d'autres, a été le résultat de leur participation à la traite des Noirs.

Les hommes d'affaires européens et américains faisaient fortune en troquant, en Afrique, des marchandises contre des esclaves et ils retiraient des profits encore plus importants de la vente des Noirs dans les Indes occidentales et en Amérique.
Les produits des plantations: coton, canne à sucre, tabac et autres marchandises étaient expédiés en Europe où ils servaient de matières premières à l'industrie en développement. La vente des produits coloniaux en Europe était source de nouveaux profits pour les négociants et marchands d'esclaves.
C'était justement ce qu'on appelle le trafic triangulaire (Europe-Afrique-Indes occidentales ou Amérique-Europe) qui rapportait des bénéfices fabuleux tant aux marchands d'esclaves et planteurs qu'aux entrepreneurs européens et américains.

Quant à l'Afrique, le trafic des esclaves ne lui a apporté que guerres et dévastations, pillages et violences. Les pertes en hommes, impossibles à évaluer, ont entravé le développement des forces productives du continent.
Le terrible héritage de la traite des Noirs, le racisme à l'égard des Africains que l'on considérait comme une race de «second ordre» par rapport aux Européens, existe toujours.


Abolition de l’esclavage dans le monde - repères chronologiques

1789
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

1791
Révolte de Saint-Domingue menée par Toussaint Louverture.

1793
Abolition de l’esclavage à Saint-Domingue.

1794
Abolition de l’esclavage dans toutes les colonies françaises.

1802
Rétablissement de l’esclavage dans les colonies françaises.

1808
Interdiction de la traite, par le Congrès des États-Unis d’Amérique.

1813
Abolition de l’esclavage en Argentine.

1833
Abolition de l’esclavage dans les colonies britanniques.

1848
Abolition de l’esclavage dans les colonies françaises.

1860
Abolition de l’esclavage dans les colonies hollandaises.

1865
Abolition de l’esclavage dans l’ensemble des États-Unis d’Amérique.

1869
Abolition de l’esclavage dans les colonies portugaises.

1919
Pacte de la Société des Nations condamnant la traite et prescrivant l’abolition du travail servile.

1926
Convention de Genève sur l’esclavage, ratifiant les mesures du Pacte de la S.D.N.

1948
Déclaration universelle des droits de l’homme.


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