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Définition-Les effets-Le fonctionnement-La structure-Le cyclone aujourd'hui - Cyclone sur la Martinique (vidéo)

cyclone n. m. : Masse atmosphérique formée en zone tropicale animée d'un mouvement de rotation et accompagnée de vents supérieurs à 120 km/h, d'une forte dépression atmosphérique et de pluies abondantes.

Chaque année, un peu moins d’une cinquantaine de cyclones se forment en moyenne au-dessus des eaux chaudes des régions tropicales.
Les cyclones tropicaux sont des phénomènes météorologiques naturels engendrés par la circulation générale de l’atmosphère et les interactions océans-atmosphère.
En raison des rafales de vent très violentes qui les accompagnent (pouvant dépasser 300 kilomètres par heure), ils provoquent des dégâts considérables.
Ils peuvent donner lieu à des pluies torrentielles et provoquer des marées de tempête particulièrement destructrices. Les cyclones jouent un rôle de soupape de sécurité dans les échanges d’énergie à grande échelle qui se déroulent entre les régions équatoriales et les régions polaires.
Ce sont eux qui permettent d’évacuer vers les pôles l’énergie excédentaire, accumulée sous forme de chaleur au-dessus des régions intertropicales.
Rares sont les régions tropicales complètement à l’abri du danger cyclonique. Dans la plupart des cas, il s’agit de pays en voie de développement qui ont beaucoup de mal à faire face au fardeau financier engendré par de tels cataclysmes.
Les progrès de la météorologie permettent aujourd’hui de suivre l’évolution des cyclones, depuis leur naissance jusqu’à leur extinction. La prévention des cyclones permet d’en limiter les dégâts et de réduire les pertes en vies humaines.

Les effets d’un cyclone
Toujours associé à une profonde dépression tropicale, le cyclone est un phénomène météorologique de grande ampleur. Quasi circulaire, la zone cyclonique a un diamètre généralement compris entre 200 et 500 kilomètres, mais certains cyclones peuvent être de plus grande envergure, comme le cyclone tropical Georges (septembre 1998), d’un diamètre de 800 kilomètres. Les différents services météorologiques considèrent qu’un cyclone atteint sa phase de maturité lorsque le vent moyen qui souffle en son sein dépasse 118 kilomètres par heure.

La masse nuageuse qui accompagne le cyclone, très épaisse, est composée essentiellement d’énormes cumulo-nimbus ; elle s’élève jusqu’à la tropopause, c’est-à-dire à une altitude pouvant avoisiner une quinzaine de kilomètres. Les nuages se développent en spirale autour d’un centre : l’œil du cyclone. À l’intérieur de cette zone très restreinte, d’un diamètre de 20 à 35 kilomètres, règne un calme apparent : les vents sont très faibles, le ciel est clair ou simplement voilé par des nuages élevés et la pression est basse.
C’est au centre d’un cyclone au large des Philippines que l’on a enregistré la pression barométrique la plus basse jamais observée dans le monde : 867 hectopascals. La taille de l’œil diminue proportionnellement à la chute de pression : plus un cyclone est violent, plus le diamètre de l’œil est réduit. D’une apparence caractéristique, il est en général parfaitement perceptible sur les photos de satellites.

Comparativement, la zone périphérique qui entoure l’œil paraît bien plus agitée. Dans cette zone concentrique, nuageuse et orageuse, les vents sont très forts et soufflent en tempête. L’air y est saturé d’humidité.
Les pluies présentent un caractère orageux très marqué et peuvent être torrentielles. Ces précipitations, variables d’un cyclone à l’autre, peuvent être amplifiées si le cyclone se déplace lentement. De même, la présence du relief leur donne une intensité supplémentaire. Les records mondiaux ont été observés à l’île de la Réunion avec 1 824 mm en 24 heures, du 15 au 16 mars 1952. De telles précipitations sont fréquemment à l’origine d’inondations et de glissements de terrain.
Les variations de pression, très importantes en des endroits rapprochés, provoquent des vents très violents, fréquemment de 150 à 250 kilomètres par heure. L’énergie développée par le vent étant proportionnelle au carré de sa vitesse, ces vitesses excessives, associées à de brutaux changements de direction, sont fréquemment à l’origine de dégâts matériels considérables. Des rafales à plus de 200 kilomètres par heure ont un effet de percussion brutal, un choc destructeur pour les obstacles qu’elles rencontrent.
C’est une mer démontée qui caractérise le passage d’un cyclone. La baisse brutale de la pression atmosphérique, combinée aux effets du vent, provoque une surélévation anormale du niveau marin, appelée « marée de tempête », qui peut dépasser plusieurs mètres. Cette marée est l’un des phénomènes les plus meurtriers associés au cyclone. Ainsi, au Bangladesh, pays situé au ras de l’eau, on considère que chacune des marées de tempêtes de 1916, 1970 et 1991 fut responsable de plusieurs centaines de milliers de victimes.
L’influence du cyclone sur l’état de la mer peut être perceptible à de très grandes distances. À des milliers de kilomètres du centre, le vent, qui se déplace plus vite que le cyclone lui-même, génère une houle caractéristique. Cette houle constitue souvent le signe précurseur de l’arrivée du phénomène.

2. Le fonctionnement d’un cyclone
Un cyclone est une formidable machine thermodynamique qui « consomme » des milliers et des milliers de kilomètres cubes d’air . Ces mouvements d’air, extrêmement violents, génèrent des phénomènes météorologiques gigantesques qui développent une énergie considérable, équivalente à celle de plusieurs bombes atomiques par seconde !

À l’intérieur de la zone couverte par l’œil , l’air subit de puissants mouvements descendants. Cette subsidence contrarie la formation des nuages et parvient fréquemment à les faire disparaître. C’est ainsi que l’on explique le ciel relativement dégagé que l’on observe le plus souvent dans cette zone. De même, cette compression des couches d’air vers le bas provoque une hausse de la température ; de fait, les températures sont fréquemment plus élevées à l’intérieur de l’œil qu’à l’extérieur. Quand les masses d’air atteignent l’océan, elles prennent un mouvement tourbillonnaire sous l’effet de la force de Coriolis et divergent en subissant une force centrifuge qui tend à le déporter vers l’extérieur.
Simultanément, l’air qui se trouve en surface, au-dessus de l’océan, à quelque distance du cyclone, est attiré vers le centre de celui-ci, c’est-à-dire vers l’œil. La pression, très basse à l’intérieur de l’œil, peut être comparée à un véritable puits qui attire l’air irrésistiblement. Celui-ci se déplace en spirales et tournoie de plus en plus rapidement au fur et à mesure qu’il se rapproche du centre. Il se heurte à la force centrifuge exercée par les mouvements descendants de l’œil. Résultat, il est brutalement rejeté en altitude. Cet air chaud, léger, très humide, provoque la formation d’énormes nuages. C’est un véritable mur de nuages orageux qui entoure alors l’œil du cyclone. La condensation de la vapeur d’eau libère alors de la chaleur latente, ce qui accroît encore le processus et constitue en quelque sorte le « carburant » du cyclone.

Ce mécanisme explique le comportement du cyclone quand il atteint le continent. Privé brutalement de l’air chaud et humide qu’il trouvait en abondance au-dessus de l’océan, dépourvu de carburant, sa puissance diminue rapidement. Ainsi, les côtes sont toujours plus durement touchées que les régions de l’intérieur. On a vu des cyclones perdre une grande partie de leur intensité en survolant des îles et reprendre de l’activité sitôt l’océan retrouvé. À haute altitude, l’air est évacué vers l’extérieur du cyclone.

3. Les conditions nécessaires au développement des cyclones
Un cyclone tropical ne peut se former que si certaines conditions thermiques et dynamiques sont réunies. La température de la mer, le taux d’humidité de l’air, l’instabilité atmosphérique jouent un rôle essentiel.
Le mécanisme de formation des cyclones dépend en grande partie de la température de la mer. Elle doit être supérieure à 26 0C dans les 60 premiers mètres. Il faut que l’étendue océanique soit suffisamment chaude pour déclencher une évaporation à grande échelle. C’est alors que s’opèrent des transferts de chaleur et d’humidité de l’océan vers l’atmosphère.
Ces échanges sont à leur maximum vers la fin de l’été, quand les eaux de surface atteignent des températures de 28 à 30 0C. Cette condition permet d’expliquer l’absence des cyclones au-dessus des eaux trop froides de l’Atlantique sud et au sud-est du Pacifique.

Une forte humidité et une atmosphère instable sont indispensables à la formation des cumulo-nimbus. Ces conditions sont presque toujours remplies dans les régions tropicales. Quand la température de l’océan est suffisamment élevée, à partir de vingt-six degrés, elle réchauffe beaucoup l’air qui est à son contact.

La force de Coriolis doit être suffisamment importante. Cette force, engendrée par la rotation de la Terre, dévie les vents vers la droite dans l’hémisphère Nord, vers la gauche dans l’hémisphère Sud. Elle est nulle à l’équateur. Cette force doit être suffisante pour déclencher le mouvement tourbillonnaire initial. Ajoutée aux conditions thermiques, elle conditionne largement la répartition géographique des cyclones. La faiblesse de la force de Coriolis en dessous de 50 de latitude ne permet à aucun cyclone de se développer. Sur l’ensemble du globe, 65 p. 100 des cyclones prennent naissance entre 10 et 200 de latitude, 22 p. 100 sont observés entre 5 et 100.

D’autres conditions dynamiques viennent encore restreindre les zones géographiques où les cyclones ont la possibilité de se former. Ils sont absents des zones anticycloniques ou des zones dites à « marais barométrique », c’est-à-dire des zones où la pression varie très peu d’un endroit à l’autre, ou des zones anticycloniques. Mais ces dernières zones peuvent parfois, elles aussi, se déplacer, particulièrement pendant les événements E.N.S.O. (El Niño-Southern Oscillation), les cyclones se formant et sévissant alors en des lieux inhabituels.

Au cours d’une saison, on constate qu’une échelle de temps de plusieurs semaines est associée à la fréquence d’apparition des cyclones. D’une année sur l’autre, on observe une variation importante du nombre des cyclones dans les différents océans.
Cette variabilité sur de longues périodes est du même ordre de grandeur que celle qui affecte la circulation générale. L’apparition et l’extinction des cyclones, sur telle ou telle région du globe, semblent déterminées par une évolution lente de la circulation générale. Il est logique de penser qu’il existe, sur de telles échelles de temps, des interactions entre la circulation générale et les anomalies de la température des surfaces océaniques.

4. Situation géographique et trajectoires des cyclones
Un cyclone tropical ne peut se développer que si certaines conditions thermiques et dynamiques sont réunies. Ces conditions limitent, fort heureusement, les zones géographiques de la planète où les cyclones sont susceptibles de se former.
C’est ainsi que la plupart des cyclones tropicaux naissent à proximité de la zone intertropicale de convergence (Z.I.T.C.). Cette zone dépressionnaire matérialise la zone de convergence des alizés en provenance des deux hémisphères. La très forte instabilité atmosphérique qui règne dans cette zone donne naissance à d’énormes cumulo-nimbus. C’est là que se forment les ondes tropicales qui peuvent engendrer de simples perturbations mais aussi des dépressions tropicales et des cyclones.
Les données climatologiques montrent qu’il existe sept zones sur la planète où les cyclones trouvent les conditions nécessaires à leur développement . Ces zones sont réparties sur les océans Atlantique, Pacifique et Indien.

La climatologie des cyclones, établie grâce aux données de satellites, fait état de quarante-cinq cyclones par an en moyenne. La fréquence des cyclones est très inégale dans les deux hémisphères. Plus de 70 p. 100 d’entre eux se développent sur l’hémisphère nord. Le nord-ouest du Pacifique (zone 3) est de loin la zone la plus active avec plus de 35 p. 100 des cyclones du globe. C’est dans cette région que l’on observe les cyclones les plus violents et les plus destructeurs.

Très schématiquement, la trajectoire d’un cyclone peut être représentée par une branche de parabole. Cette forme parabolique est plus caractéristique avec les cyclones qui se développent sur l’Atlantique nord (zone 1) et sur le nord-ouest du Pacifique (zone 3). En effet, ces derniers sont repris par la circulation générale ouest-est. La forme des trajectoires est moins affirmée pour les cyclones qui se développent sur d’autres zones.

Deux raisons peuvent être avancées pour expliquer ces différences : ils rencontrent des eaux trop froides, aux environs de 220, et disparaissent avant même d’être repris par la circulation générale ; leurs trajectoires sont perturbées par la présence des continents. C’est notamment le cas dans l’océan Indien et aux environs de l’Australie.
La vitesse de déplacement des cyclones est généralement comprise entre 10 et 30 kilomètres par heure. Les vitesses de déplacement les plus lentes, moins de 20 kilomètres par heure, s’observent au voisinage des régions équatoriales. En revanche, quand le cyclone est repris dans la circulation générale, il subit une accélération et sa vitesse dépasse alors 25 kilomètres par heure.

5. La terminologie des cyclones
Les cyclones tropicaux prennent des noms différents selon la mer ou l’océan où ils naissent. On les appelle « typhons » (typhoon en anglais) dans le Pacifique, « Baguia » aux Philippines, willy-willies près des côtes de l’Australie, ou « ouragans » (hurricanes en anglais) dans l’océan Atlantique nord et sur la mer des Caraïbes.
De par le monde, les cyclones sont un tel fléau que les différents services météorologiques ont essayé de s’accorder sur une classification afin d’en estimer la violence. La vitesse du « vent moyen » a semblé le critère le plus objectif et le plus facilement mesurable. Malheureusement, à ce jour, les différents pays ne sont pas parvenus à donner une définition unique du vent moyen, c’est pourquoi il existe encore de grandes disparités dans les appellations.
Pour certains, il s’agit de vitesses moyennes de vent sur dix minutes alors que d’autres utilisent des vitesses moyennes sur une minute seulement. Ces divergences empêchent toute comparaison sérieuse d’un cyclone à l’autre.

Les services météorologiques français distinguent trois stades de perturbations cycloniques en fonction de la vitesse du vent moyen. L’expression « dépression tropicale » s’applique lorsque le vent moyen reste inférieur à 62 kilomètres par heure. La « tempête tropicale » fait référence à des vents compris entre 63 et 117 kilomètres par heure alors que, dans un « cyclone tropical », ils dépasseront 118 kilomètres par heure. Les services américains utilisent une autre classification, l’échelle de Saffir-Simpson, qui leur permet de classer les ouragans de 1 à 5 en fonction de la vitesse du vent moyen. Cette échelle donne également une idée du pouvoir destructeur du cyclone.

Très tôt, on a ressenti la nécessité de distinguer chaque cyclone tropical. On utilisait essentiellement les coordonnées géographiques : latitude et longitude. Mais le procédé s’est révélé peu pratique. Jusqu’au début du XXe siècle, pour avoir beaucoup frappé des colonies espagnoles ou portugaises, les cyclones étaient distingués par le saint du jour. C’est aux cours des années 1900 que l’on a commencé à leur donner des noms.

Un météorologiste australien les a baptisés de ceux des personnalités politiques qu’il n’aimait pas. Plus tard, les services de l’armée américaine utilisèrent l’alphabet de manière phonétique (ABLE, BAKER, CHARLIE, etc.). Puis, au cours de la Seconde Guerre mondiale, l’habitude fut prise d’attribuer des noms féminins à ces calamités. Vers la fin des années 1970, les mouvements féministes américains obtinrent que les noms des cyclones portent alternativement des prénoms féminins et masculins. Ce système s’est internationalisé vers les années 1980. Ce sont désormais des comités qui sont chargés d’établir la liste des noms.

6. Prévision et prévention des cyclones
La prévision des cyclones consiste à évaluer le plus précisément possible la trajectoire du cyclone ainsi que tous les paramètres météorologiques qui lui sont associés.
Il s’agit de ne pas déclencher à tort des alertes qui peuvent causer un préjudice économique considérable par suite d’un arrêt quasi total de toutes les activités. À l’inverse, il s‘agit aussi de ne pas sous-évaluer les risques.
La prévision des cyclones nécessite des moyens considérables. C’est pourquoi, l’Organisation météorologique mondiale (O.M.M.) a créé quatre grands centres régionaux : Miami, New Delhi, Tokyo, Saint-Denis-de-la-Réunion. Ces centres ont la responsabilité de surveiller les perturbations cycloniques et d’en prévoir le comportement afin de diffuser des messages d’alerte en temps utiles. Tous les moyens d’observation sont utilisés : observations au sol et en altitude, images de radars et de satellites.
Il faut souligner l’apport du satellite dans la surveillance des cyclones, en particulier sur des zones jusqu‘alors dépourvues de moyens d’observation météorologique. L’amélioration de la fiabilité des prévisions a permis de diminuer très nettement les pertes en vies humaines.


Structure d'un cyclone tropical


La masse nuageuse est d'abord animée d'un mouvement vertical qui se transforme en un mouvement horizontal obéissant à la force de Coriolis, tandis qu'au centre ( " œil " du cyclone) se forme une cheminée correspondant à un secteur de calme absolu ; 2) et 3) vue en plan d'une aire cyclonique et tracé de la perturbation évoluant le long d'un axe oblique.


LE CYCLONE
Le déclenchement d'un cyclone
Un cyclone se déclenche dans une région où l'air est instable, par exemple si de l'air chaud de surface rencontre une masse d'air froid plus élevée. Il faut aussi qu'il y ait une forte évaporation : les lieux propices se situent donc au-dessus des océans où la température de l'eau est au minimum de 26 oC sur quelques dizaines de mètres d'épaisseur. L'air chaud et humide, plus léger, s'élève et s'accumule en altitude bloqué par un courant jet, vent d'ouest rapide circulant entre 10 000 m et 15 000 m d'altitude. Un énorme système nuage ux de cumulonimbus, alimenté par le bas, s'établit ainsi sur une hauteur de 10 à 15 km. Le mouvement de giration du cyclone est donné par la rotation de la Terre : la force de Coriolis. Les cyclones tournent ainsi dans le sens des aiguilles d'une montre dans l'hémisphère Sud, dans le sens inverse dans l'hémisphère Nord.

Les cyclones ne peuvent pas se produire sur la bande équatoriale (entre 8o de latitude nord et sud), où l'eau de mer est pourtant la plus chauffée par le Soleil, car la force de Coriolis y est trop faible pour provoquer la mise en rotation de la masse nuageuse. De même, au-dessus de 30o de latitude nord et sud, si la force de Coriolis est plus importante, la surface des océans, en revanche, n'est plus assez chaude pour fournir l'évaporation et l'alimentation en air chaud et humide suffisantes.
Ainsi, les cyclones s'essoufflent d'eux-mêmes en arrivant sur une côte faute de " combustible ", où ils peuvent alors donner naissance à des tornade s, ou bien en remontant les latitudes, où ils peuvent se transformer en tempêtes cycloniques.

Au début de sa formation, le tourbillon a un diamètre d'à peine 100 km ; en se développant, il atteint de 300 à 600 km, plus rarement 1 000 km (le cyclone Tip, en octobre 1979, dans le nord-ouest du Pacifique, a atteint 2 200 km). Le mouvement de rotation sur lui-même déclenche des vents violents qui convergent vers le centre du tourbillon et peuvent dépasser 300 km/h ; mais le centre même, appeléœil du cyclone, est une région de calmes, de 3 à 10 km de diamètre, par lequel redescend de l'air sec.
Appelés typhons dans les mers de Chine, baguios aux Philippines, hurricanes ou ouragans dans les Caraïbes, willy-willies en Australie, tous les cyclones portent un prénom, donné dans un ordre alphabétique au cours de l'année. Jusqu'en 1978, les prénoms étaient exclusivement féminins, jusqu'à ce que des mouvements féministes fassent valoir que ce type de catastrophe pouvait aussi être baptisé de prénoms masculins.

Des effets destructeurs
Les cyclones s'accompagnent de trois effets particulièrement destructeurs. D'abord, ils soufflent des vents d'une rare violence ; ceux du cyclone Gilbert, qui dévasta la Jamaïque en 1988 (260 morts), eurent des pointes à 325 km/h. Ensuite, les gros cumulonimbus des cyclones déversent des pluies diluviennes provoquant d'importantes inondations.
Par exemple, le cyclone Hyacinthe, en 1980, arrosa l'île de la Réunion de 6 m d'eau en seulement 7 jours ; par comparaison, les précipitations en France sont en moyenne de 60 cm pour toute une année. Enfin, les cyclones, sièges de fortes dépressions, peuvent élever le niveau de la mer d'une dizaine de mètres lors de leur passage.

En arrivant sur une côte basse, sans reliefs, ils abattent de véritables murs d'eau provoquant des catastrophes sévères. Le Bangladesh est régulièrement balayé par de tels raz de marée (1,5 cyclone en moyenne par an) ; le bilan des victimes y est toujours lourd : 300 000 en 1916, 40 000 en 1942, 22 000 en 1963, 55 000 en 1965, de 300 000 à 1 million en 1970, 10 000 en 1978, 40 000 en 1985, 12 000 en 1988, probablement près de un million en 1991, etc.

Poussés par les alizés , les cyclones se déplacent d'est en ouest à une vitesse d'environ 30 km/h. Leur suivi est donc aisé par les satellites météorologiques ; la prévision de leur trajectoire est cependant plus difficile.

La prédiction d'Emily en 1993 fut un beau succès : les météorologues avaient prévu qu'il modifierait sa trajectoire avant de toucher les côtes de Caroline du Nord (États-Unis) pour se désagréger à des latitudes plus hautes en mer, il n'était donc pas nécessaire de mettre en place une logistique coûteuse de prévention. Le cyclone Hugo, qui a traversé la Guadeloupe en 1989, avait été annoncé six jours à l'avance avec une bonne précision.

Aux États-Unis, on estime à 400 km la marge d'erreur de passage de l'œil du cyclone, quarante-huit heures à l'avance. C'est suffisant pour prendre des mesures préventives afin de limiter les dégâts et de mettre les populations à l'abri. Mais, en fait, la protection de ce genre de catastrophe dépend beaucoup du niveau économique du pays.
L'observation satellitaire du cyclone Andrew en 1992 avait conduit les États-Unis, pays riche, à évacuer 2,8 millions de personnes des côtes basses de Floride et du golfe du Mexique (20 morts). En revanche, l'Inde ou le Bangladesh n'ont pas les moyens de procéder à de telles évacuations massives et les victimes se comptent en dizaines ou en centaines de milliers après chaque cyclone.


LES CYCLONES AUJOURD'HUI
Après Haïti, le cyclone Jeanne s'abat sur la Floride (26/09/2004)
WEST PALM BEACH (AFP)

Des vents violents et des trombes de pluie cinglaient dimanche à l'aube la Floride, frappée par le cyclone Jeanne alors que les dévastations laissées par le précédent, Frances, n'ont pas encore été réparées.
Gagnant en intensité, la tempête tropicale est devenu un cyclone de catégorie 3 sur l'échelle de Saffir-Simpson qui en compte 5, selon le centre national des ouragans (NHC) basé à Miami. Le centre a averti que l'ouragan pourrait provoquer une montée des eaux de 1 à 2 mètres et des vents pouvant atteindre 160 km/h dans les terres.

Jeanne qui a déjà fait au moins 1.316 morts, 1.097 disparus et 3.000 blessés lors de son passage en Haïti la semaine dernière, a atteint officiellement les côtes de Floride à minuit (04H00 GMT), par l'île Hutchinson, à 65 km au nord de West Palm Beach, et à moins de 2 kilomètres de l'endroit où Frances avait touché l'Etat du sud-est des Etats-Unis, il y a trois semaines, selon le Centre national des ouragans (NHC).
A 07H00 GMT, le centre de Jeanne était situé au nord-est de la ville d'Okeechobee, avec des vents de force cyclonique dans un rayon d'une centaine de kilomètres.
Selon les premières constatations, Jeanne, plus rapide et plus violent que Frances, risque de causer davantage de dégâts.
Les autorités ont demandé à trois millions d'habitants d'évacuer les zones côtières les plus menacées, où Frances avait occasionné des dégâts matériels évalués à plusieurs milliards de dollars. Un calme trompeur régnait en Floride, dans l'oeil du cyclone qui s'enfonçait dans les terres, tandis qu'à quelques kilomètres de là les localités faisaient face aux coups de boutoir des rafales de pluie et de vent de 160 km/h.

Le ciel était par moment illuminé des éclairs verts produits par l'explosion de transformateurs électriques. 700.000 personnes sont déjà sans électricité et dans bien des cas il faudra des semaines pour rétablir le réseau.
Jeanne, le quatrième cyclone à frapper le sud-est des Etats-Unis en six semaines, arrachait les toits, faisait tomber les arbres, projetait au loin des débris et détruisait les lignes électriques, certaines à peine rétablies.
Les chaînes de radio et les services de secours étaient submergés d'appels de gens annonçant que leurs maisons étaient en train de s'effondrer, tandis que des centaines de milliers d'autres, privés de courant, subissaient le cyclone dans une chaleur étouffante.

Les météorologues ont mis en garde contre le risque de tornades, et indiqué que par endroits les vents faisaient monter le niveau de la mer de 1 à 2 mètres, inondant un peu plus le sol déjà saturé par les pluies violentes. Les vents sur la côte ont atteint 193 km/h au nord de Palm Beach, selon le NHC, qui a décrit Jeanne comme "un dangereux cyclone de niveau trois" et averti que les vents pourraient souffler encore jusqu'à 160 km/h sur la terre. De nombreux habitants se battaient pour protéger leurs habitations déjà endommagées par Frances.

Certains déployaient des bâches de toile ou de plastique pour remplacer les tuiles envolées. "Je crains que mon logement ait disparu au matin", confiait David Larkin, qui vit dans une roulotte avec son amie, deux autres personnes et leurs deux bébés.
Tous se sont réfugiés dans un hôtel proche, où les clients tentaient de dormir, installés dans les couloirs de peur que le vent n'arrache les fenêtres des chambres. Ses voisins immédiats ont choisi, eux, de rester dans leur fragile mobile-home. "Je ne peux qu'imaginer ce qu'ils sont en train de vivre en ce moment", dit-il. "C'est terrible d'être dans un mobile-home pendant un cyclone. Le bruit c'est comme si un train de marchandises vous rentrait dedans".

Une semaine après le passage de la tempête tropicale Jeanne, de nombreux quartiers des Gonaïves, dans le nord-ouest de Haïti, sont encore inondés et le désordre règne dans cette ville de 250.000 personnes où la plupart des habitants n'ont pas encore reçu d'aide humanitaire.
Le mécontentement de la population -privée d'électricité et manquant de produits de première nécessité- grandit chaque jour. Les autorités sont totalement dépassées par les évènements et l'assistance apportée repose presque exclusivement sur la communauté internationale.

Les distributions d'aide alimentaire aux Gonaïves se sont multipliées ces derniers jours (120 tonnes, selon l'Onu) mais de nombreux habitants se plaignent qu'elles se déroulent dans les mêmes quartiers.
La coordination de l'aide internationale explique qu'elle a besoin de conditions minimales de sécurité et qu'il serait dangereux de procéder à des distributions dans les quartiers aux rues étroites, chaque arrivée d'aide déclenchant une mini-émeute.
Les météorologues s'étonnent du nombre de cyclones cette saison. "C'est inimaginable. Cette année va rester comme quelque chose dont nous parlerons à nos petits-enfants", déclare Max Mayfield, directeur du NHC dont le siège est à Miami. Ivan a tué plus de 130 personnes la semaine dernière aux Etats-Unis et dans les Caraïbes. Avant lui, Charley et Frances avaient fait des dizaines de morts et détruit des milliers d'habitations en Floride.


Documents utilisés : Universalis, Atlas, AFP, Nasa...






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