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CASTRO FIDEL (1926- )

FILS D'UN PLANTEUR
Fils d’un planteur de canne à sucre émigré de Galice, Fidel Castro est né le 13 août 1926 près de Birán, dans la province d’Oriente. Il suit l’école primaire chez les jésuites à Santiago de Cuba, d’abord au collège La Salle, puis au collège Dolores.

En 1942, il entre au collège Belén, à La Havane, une école moyenne préparatoire également dirigée par les jésuites. L’année suivante le voit s’inscrire à la faculté de droit de l’université de La Havane où il devient rapidement président de la Fédération universitaire des étudiants. Dès lors, son avenir de révolutionnaire est engagé: en 1947, il prend une part active à une expédition malheureuse en république Dominicaine dont le but est de renverser la dictature de Trujillo.

FIDEL AVOCAT
À la fin de ses études, Fidel Castro ouvre un cabinet d’avocat dans la capitale cubaine en 1950 et s’attache à défendre les déshérités. Membre du Parti du peuple cubain (dit également parti orthodoxe), il est candidat au Parlement lors des élections de 1952. Mais le scrutin est annulé à la suite d’un coup d’État qui porte entre-temps Batista au pouvoir. Un recours de Castro devant la Cour des garanties constitutionnelles ayant été rejeté, il voit se fermer une à une les possibilités de lutter légalement contre la dictature et décide d’organiser un groupe d’action directe pour rétablir la démocratie.

LA REVOLUTION
Le 26 juillet 1953, quelque cent cinquante jeunes gens prennent d’assaut la caserne Moncada à Santiago de Cuba. C’est l’échec : Fidel Castro et son frère Raúl échappent au massacre, mais sont arrêtés et condamnés à quinze ans d’emprisonnement dans l’île des Pins. Ils bénéficient néanmoins de l’amnistie générale de mai 1955 et, en juillet, Fidel Castro s’exile à Mexico où il fonde le Mouvement du 26-Juillet.

C’est à cette époque qu’il rencontre Ernesto «Che» Guevara dans la capitale mexicaine. En décembre 1956, quatre-vingt deux hommes débarquent du Granma sur les côtes de l’Oriente. Seuls douze hommes en réchappent, dont Fidel Castro et Guevara, et prennent pied dans la sierra Maestra.
En avril 1958, les barbudos déclarent «la guerre totale» au régime de Batista. Le mouvement de résistance fait tache d’huile et, le 1er janvier 1959, Batista s’enfuit. Le lendemain, les guérilleros entrent triomphalement à La Havane , où Castro arrive le 8 janvier.

GOUVERNEMENT REVOLUTIONNAIRE
Le gouvernement provisoire de José Miró Cardona dure un peu plus d’un mois: le 16 février 1959, Fidel Castro devient Premier ministre, et son frère Raúl commandant en chef des forces armées. Interdit sous Batista, le Parti communiste est à nouveau autorisé. La réforme agraire est décrétée en 1959.
En février 1960, l’U.R.S.S. passe un premier accord sur le sucre avec le gouvernement castriste. En janvier 1961, c’est la rupture diplomatique entre Washington et La Havane, puis, en avril, des exilés cubains tentent de débarquer à Playa Girón. Castro réplique en déclarant Cuba «république socialiste».
En 1962, toutes les formations de gauche se fondent dans les O.R.I. (Organisations révolutionnaires intégrées) dont Castro est le premier secrétaire; la même année, sur le plan intérieur, et suite aux difficultés qui apparaissent dans les relations entre l’État cubain et les autorités ecclésiastiques locales, Castro est excommunié au terme d’un conflit.

LE SOCIALISME
En octobre 1962, Cuba se trouve au centre de la crise internationale dite «des fusées». Les rapports entre le bouillant leader cubain et les dirigeants du Kremlin ne sont pas toujours faciles, mais l’Union soviétique ne peut pas faire autrement que de soutenir le premier régime socialiste d’Amérique.

Les années 1960 sont marquées pour Castro par divers voyages accomplis au titre de sa fonction officielle: lauréat du prix Lénine de la paix en 1961, il est décoré en 1963 de l’ordre de Lénine et de l’Étoile d’or; le titre de Héros de l’Union soviétique lui est conféré à Moscou à cette occasion.
Accueilli en novembre 1971 par le président Salvador Allende, il fait une visite officielle de trois semaines au Chili puis, en septembre 1973, il participe à la conférence des pays non alignés à Alger.

POUR LE COMMUNISME
La même année, Castro déclare au XIIIe congrès de la Confédération des travailleurs cubains: «Nous ne sommes pas encore prêts à vivre dans le communisme.» C’est qu’à l’exaltation des années soixante, qui a culminé avec la gran zafra de 1970 et son objectif manqué de 10 millions de tonnes de sucre, a succédé la recherche de l’efficacité et de la rentabilité, en même temps que l’approfondissement de la conscience révolutionnaire.
Le régime donne des signes de libéralisation à partir de 1978, avec l’élargissement de prisonniers politiques, puis avec la suppression, en 1980, des restrictions imposées aux candidats à l’exil, ce qui permet de nombreux départs.

À l’extérieur, Castro réaffirme à maintes reprises (et notamment en 1975 devant le congrès du P.C. cubain) le soutien de Cuba aux pays menacés par l’agression impérialiste. Ce militantisme international s’exerce de façon privilégiée en Afrique à partir de 1975: en Angola d’abord puis en Éthiopie, ce qui alourdit le contentieux avec les États-Unis, malgré le léger dégel observé en 1977.
En tant que président des Non-Alignés au sommet de La Havane en 1979, Castro défend la tendance présentant le bloc soviétique comme l’allié naturel des pays non alignés.

LA RECTIFICATION
Dès 1986, Fidel Castro essaie de se démarquer du modèle soviétique qui s’est révélé insuffisant. Lors du IIIe congrès du P.C.C. (févr. 1986), il limoge de nombreux dirigeants historiques, laissant espérer de grands changements.

En juillet 1992, Castro assiste au sommet ibéro-américain de Madrid, à l’occasion duquel il effectue son premier voyage officiel en Europe occidentale. La déclaration finale, évoquant les droits de l’homme dans la communauté ibéro-américaine, vise Cuba bien que Castro puisse se prévaloir de la réforme constitutionnelle adoptée le 12 juillet (élection des députés au suffrage universel, respect de la liberté religieuse, garantie des investissements étrangers, limitation de la propriété socialiste aux moyens de production «fondamentaux»).

L'AVENIR
La disparition de l’U.R.S.S. et du bloc communiste a entraîné une crise économique très grave à Cuba. Cependant, en mars 1993, Castro est reconduit à la tête du Conseil d’État et n’entend pas renoncer au socialisme («le socialisme ou la mort») même s’il fait quelques concessions au capitalisme (juill. 1993): il autorise la possession de devises étrangères et le travail «à son propre compte» pour certains métiers.

L’ouverture économique s’accompagne d’initiatives diplomatiques, notamment avec le Vatican (visite de Jean-Paul II en janvier 1998), afin de briser l’isolement de l’île. Au début du XXIe siècle, Fidel Castro, dont la succession reste une inconnue, est l’un des derniers dirigeants à se réclamer du communisme dans le monde.

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