miroirs-la commune de Paris
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MADEMOISELLE AGAR

Marie Léonide était la fille de Pierre Charvin, maréchal des logis au 8e régiment de chasseurs, et de Marie Fréchuret, alors âgée de 17 ans.
Elle se marie avec un nommé Nique pour échapper à l'emprise de la nouvelle femme de son père remarié depuis son veuvage en 1848.
En 1859, elle monte pour la première fois sur les planches d'un véritable théâtre, le théâtre Beaumarchais, en tant que chanteuse pour interpréter une cantate en l'honneur de la victoire de Solférino.

Francisque Sarcey, critique dramatique, la décrit ainsi :
« ...un jour je me laissai conduire à sa classe [chez Ricourt] pour voir la merveille dont il s'était fait le précurseur. C'était Mlle Agar.
Elle était superbe, avec ce beau visage de marbre, cette épaisse chevelure noire, lourdement massée sur le cou, sa poitrine déjà opulente, sa taille majestueuse et cette voix grave à laquelle son timbre voilé donnait je ne sais quoi de mystérieux. C'était quelqu'un ! »

Sa première apparition sur la scène de la Comédie-Française date du 12 mai 1863. Elle y interprète à nouveau le rôle de Phèdre avec un certain succès.

La notoriété
Marie Léonide entretient une relation amicale avec un jeune poète, François Coppée, qui vient de commettre sa première pièce de théâtre, une comédie en vers en un acte, à deux personnages, intitulée Le Passant.
Elle obtient de la direction de l'Odéon que cette pièce soit inscrite au répertoire et se retrouve ainsi dans le rôle de Silvia aux côtés de Sarah Bernhardt qui interprète celui du troubadour Zanetto, le 14 janvier 1869. Ces représentations se révèlent être une réussite pour les deux tragédiennes comme pour l'auteur.
Ce succès rouvre à Mlle Agar les portes de la Comédie-Française où, le 6 juin[16] 1869, elle interprète le rôle d'Émilie dans Cinna de Corneille.


LA COMMUNE DE PARIS
Le 20 juillet 1870, lendemain de la déclaration de guerre de la France à la Prusse, pendant une En 1870 et au début de 1871, le cours de l'Histoire a pris le pas sur la vie quotidienne des Français.
Le 4 septembre 1870, la Troisième République a remplacé le Second Empire.
Le 28 janvier 1871, l'armistice a été signé avec la Prusse. Le 18 mars 1871, Paris s'est insurgé contre le gouvernement en place, instaurant la Commune.

Le 6 mai 1871, le gouvernement de la Commune organisa un concert aux Tuileries, au profit des veuves et des orphelins des Fédérés, et sollicita de la Comédie-Française le concours d'une artiste.

Melle Agar d'accepta.
Spontanément elle se rangea du côté des Communards, fît connaître leurs idées.
Très aimée du remuant peuple des rues, ému et fier que cette grande dame d‘un célèbre théâtre épousait ardemment sa cause elle attirait des foules considérables.

Le journal officiel de la Commune en témoigne en écrivant « La citoyenne Agar, bien que malade et très fatiguée, souleva comme d’habitude, les transports enthousiastes de l’auditoire. Les applaudissements frénétiques et les bravos, les rappels lui auront prouvé que le peuple sait, lui aussi protéger les arts ».

Après l’écher ce la Commune, le Figaro (déjà) lança des attaques contre Mademoiselle Agar, qui fut alors chassé de la Comédie française.


EPILOGUE
Devenue veuve en 1879 de son premier mari (Nique), elle épouse, en 1880, Georges Marye, conservateur des antiquités africaines à Alger.
C'est malade, fatiguée, découragée qu'elle va vivre les dernières années en nourrissant une certaine amertume, à l'égard de la maison de Molière.
En 1890, âgée de 58 ans, alors qu'elle déclamait le poème de Victor Hugo Le Cimetière d'Eylau, c'est sur scène qu'elle est frappée par la paralysie, tout un côté de son corps est inerte.
Le 15 août 1891, l’année du 1er mai sanglant de Fourmies qui vit tomber sous les balles ces militants ouvriers auxquels allait son affection, elle meurt dans son domicile d'Alger.


Jean Ferrat, La Commune par antidogme


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