Issu d'une famille de l'aristocratie créole, il adhère aux idéaux démocratiques et républicains à l'occasion de voyages d'études en Europe (1799-1805). C'est en visitant l'Europe que Simon Bolivar découvre les grands principes de la Révolution française pour lesquels il s'enflamme. Il refusera même d'assister au sacre de Napoléon 1er à Notre-Dame parce qu'il voit en lui le fossoyeur des libertés républicaines. De retour au Venezuela, il participe aux conspirations contre l'administration espagnole et, en 1810, devient avec Francisco Miranda, l'un des chefs de la junte suprême. Entré à Caracas (8 août 1813), proclamé Libertador, il doit cependant s'enfuir devant les troupes espagnoles (octobre 1814). Réfugiéà la Jamaïque, il écrit sa célèbre lettre à un habitant de Kingston, dans laquelle il résume ses théories politiques sur l'avenir des possessions espagnoles : instauration d'un régime démocratique autoritaire, alliance des États.En 1817, Bolívar se fait élire président par les députés vénézuéliens et lance une nouvelle campagne contre les Espagnols. Franchissant les Andes, il les bat à Boyacá (août 1819), s'empare de la Nouvelle-Grenade (Colombie) et de Caracas (1821). Réélu à la présidence de la Grande-Colombie (Colombie, Venezuela, Panamá), il s'empare de l'Équateur (1822), puis du Pérou et de la Bolivie avec la collaboration de José de San Martín (1824). Cependant, au congrès de Panamá (1826), il ne parvient pas à mener à bien son projet confédéral. En 1827-1828, il doit abandonner toute autorité sur le Pérou et la Bolivie et, en 1829-1830, la Grande-Colombie se désintègre. Après l'échec de la première insurrection et la reprise en mains du Venezuela par les Espagnols, Bolivar réunit une nouvelle armée. Au fil des victoires, il rêve de créer les "Etats-Unis d'Amérique du Sud", mais on l'accuse de vouloir instaurer une dictature. Il prononça alors cette phrase prophétique : "Ces pays tomberont infailliblement dans les mains de petits tyrans". Écoeuré, il se retire du pouvoir en mai 1830, et meurt quelques mois plus tard. Devant l'anarchie qui règne dans les pays qu'il a fondés, il gémit sur son lit de mort : "Celui qui sert une révolution ne fait que labourer la mer." Il ne possède même pas une chemise convenable. Une vieille Indienne donne la camisole de grosse toile dans laquelle on l'enterrera. |
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