miroirs-les Pays Baltes
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Au 1er mai 2004, la Baltique sera quasiment une mer intérieure de l’Union Européenne (exceptés St Pétersbourg et Kaliningrad). Bien que chacun des trois états baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) ait sa particularité propre, ces pays forment néanmoins un même ensemble. Ensemble géographique tout d’abord, historique ensuite.
Ces trois pays ayant successivement appartenu à l’espace Hanséatique, connu une courte indépendance pendant l’entre deux guerre, subi l’occupation nazie ensuite puis l’intégration soviétique et enfin l’indépendance de nouveau officiellement reconnue en 1992. Autre similitude et non des moindres, aucun des états baltes n’a accepté de rejoindre la CEI (organisme économique et militaire regroupant les pays issus de l’ex. URSS).

ESTONIE : Estonie en bref (données 2003): Capitale : TALINN, population : 1 366 000 hab. Superficie : 45 226 km². Densité : 31 hab./km², 50% de la population habite dans les 4 principales villes du pays. PIB : 6,1 milliards d’€, PIB / hab. : 9800 € (moyenne Europe des 15 : 23 180 €), Taux de croissance : 4,1% (moyenne Europe des 15 : 1,5%), Taux de chômage : 10,7 (moyenne Europe des 15 : 7,4%). Taux d’inflation : 1,5% (moyenne Europe des 15 : 2,3%). Pnb en milliard(s) de dollars : 5,13 Milliard(s) de dollars - Indice de Développement Humain (rang mondial) : 0,812 (44) Monnaie Couronne estonienne Eesti kronn Abréviation internationale EEK - 1€ = 15,64 EEK, Langue officielle : Estonien. Groupe majoritaire : Estoniens 61,5%. Groupes minoritaires : Russes 29% - Ukrainiens 3,1% - Biélorusses 1,8% - Finnois 0,3%

L’ESTONIE
La difficile intégration des minorités
En acceptant l’Estonie, l’UE a introduit une nouvelle zone de non droit avec les « non-citoyens résidants », dénomination officielle donnée aux ressortissants russophones n’ayant pu obtenir la nationalité estonienne.
La carte ci-contre indique en rouge la présence des minorités russophones d’Estonie
L’acquisition de la nationalité estonienne est subordonnée à la connaissance de la langue estonienne. Cette exigence s’est encore renforcée avec la loi de 96 qui oblige le postulant à subir un examen au cours duquel il devra apporter la preuve d’une maîtrise parfaite de la langue. S’agissant d’une langue très difficile car appartenant au groupe des langues ouraliennes (finnois, hongrois), l’acquisition de la nationalité en est d’autant compliquée.
L’UE aurait pu comme préalable exiger une régularisation de la situation des résidents russophones, il faudra rester très vigilant sur le sort qui sera réservé à cette population même si des progrès ont été faits.

Une démographie préoccupante
La démographie est marquée par un taux migratoire négatif (-0,76%0) depuis les années 1990 en raison notamment du départ d’une partie de la population russe. A cette émigration s’ajoute une baisse du taux de fécondité qui est tombé à 1,2 enfants par femme en 2001.
Si rien n’est fait pour relancer la natalité, l’Estonie ne comptera que 700 000 habitants en 2050 et déjà le vieillissement de la population se fait sentir bien que l’espérance de vie ne dépasse pas 64 ans tant pour les hommes que pour les femmes. Enfin, la mortalité infantile reste élevée avec 12,62%0 en 2001.

L’Estonie et l’Union Européenne : 67% des estoniens ont approuvé l’entrée de leur pays dans l’UE lors du référendum du 15/09/03. Il s’agit pourtant davantage d’un mariage de raison que d’un mariage d’amour.
Les 250 dernières années d’occupation russe ont fortement contribué à l’adhésion du pays à l’OTAN puis à l’UE et ce bien plus que le rapprochement avec leurs « cousins » finlandais (les estoniens appartiennent en effet au même groupe ethnique et linguistique que les finnois).

Economie
Les estoniens ont très vite appris à maîtriser les nouvelles technologies au point qu’une boutade en vogue à Talinn dit que le pays aurait du s’appeler l’e-stonie.
Le pays compte déjà 310000 utilisateurs d’internet (soit plus de 50% des ménages) à rapprocher des 476000 lignes de téléphone font de l’Estonie un des pays les plus branchés de la planète loin devant les Etats Unis.
Le pays mise beaucoup sur les nouvelles technologies, normal, ici ce sont les jeunes qui ont pris le pouvoir. Par exemple, l’âge moyen des membres du gouvernement dépasse à peine 40 ans. Toujours dans la même veine, l’Estonie s’intéresse beaucoup à la recherche génétique. Le centre universitaire de Tartu travaille sur un vaste projet de Centre de Collecte de Gènes qui sera la plus vaste entreprise de décodage ADN au monde.
Les principaux partenaires économiques sont la Finlande, l’Allemagne, la Russie et la Suède viennent ensuite le Japon et la Lettonie.
Dynamisme, forte croissance économique soutenue depuis de nombreuses années, ce tableau idyllique ne doit pas faire oublier qu’ici aussi la richesse est inéquitablement partagée. Les personnes âgées surtout les russes vivent à la limite du seuil de pauvreté. A l’opposé, beaucoup de jeunes sont laissés pour compte de la croissance.
Il s’agit principalement des licenciés des grands ensembles industriels. Cette précarisation d’une partie de la jeunesse entraîne une forte montée de la délinquance à laquelle le gouvernement oppose une politique sécuritaire (tiens ici aussi) quant à la rumeur publique, accuse les mafias (russes bien entendu !).




LETTONIE : Lettonie en bref (données 2003): Capitale : RIGA Population : 2 385 000 hab. (2002) Superficie : 64 589 km² Densité : 37 hab./km² Taux d’urbanisation : 70% (Riga compte à elle seule 915 000 hab.) PIB : 8,5 milliards d’€ PIB / hab. : 8 400 € (moyenne Europe des 15 : 23 180 €) Taux de croissance : 6,1% (moyenne Europe des 15 : 1,5%) Taux de chômage : 7,6 (moyenne Europe des 15 : 7,4%) Taux d’inflation : 1,9% (moyenne Europe des 15 : 2,3%) Monnaie Lats - Abréviation internationale LVL - 1€ = 0,6246 LVL. Pnb en milliard(s) de dollars : 6,21 Milliard(s) de dollars - Indice de Développement Humain (rang mondial) : 0,791 (50). Monnaie Couronne estonienne Eesti kronn Abréviation internationale EEK - 1€ = 15,64 EEK, Langue officielle : Estonien. Groupe majoritaire : Estoniens 61,5%. Groupes minoritaires : Russes 29% - Ukrainiens 3,1% - Biélorusses 1,8% - Finnois 0,3% - Langue officielle : Letton

LETTONIE
La Lettonie et l’Europe
67% des Lettons se sont prononcés pour l’intégration européenne lors du référendum du 20 septembre 2003 tandis que 32,3% votaient contre. Seuls 0,7% des suffrages étaient blancs ou nuls ce qui fait dire qu’ici, l’Europe ne laisse pas indifférent.

L’Economie
Une forte croissance, un faible taux de chômage et une inflation maîtrisée c’est une carte de visite fort honorable qu’il faut toutefois savoir décrypter.
En dehors du bois qui représente 33% de ses exportations, la lettonie ne dispose pas de ressources naturelles ni d’équipements industriels. Son économie est peu diversifiée et les échanges avec l’UE encore limités.
Ceci ne l’a pas empêché de connaître le plus fort taux de croissance des pays de l’Est en 2001 (+7,8%). Son développement est porté par les investissements étrangers, allemands notamment.
Riga risque rapidement de se faire rappeler à l’ordre par Bruxelles au sujet de son agriculture. L’UE reproche notamment à la Lettonie son laisser faire (libéralisme oblige) et son manque de rigueur pour assurer la sécurité alimentaire notamment en terme de prévention du développement de l’ESB. Manque de préparation qui laminera fortement la petite paysannerie lettonne.

Démographie
Comme l’Estonie, la Lettonie connaît un solde migratoire négatif (-0,9%) du principalement au départ d’une partie de la population issue de l’ex.URSS combiné à un faible taux de natalité. L’espérance de vie varie de 61,24 ans pour les hommes à 73,66 ans pour les femmes. Le taux de mortalité infantile (15,2/1000) est très élevé.

Services publics sacrifiés
La politique libérale a eu pour conséquence de priver les services de l’Etat des moyens nécessaires à leur fonctionnement. Qu’il s’agisse des transports, de l’école ou de la santé, le recours au privé est systématique pour une composante aisée de la population. L’école par exemple n’a pas formé de professeurs pour les langues pratiquées dans la communauté (anglais, allemand, français…).
Les élèves apprennent donc toujours le russe (ce qui n’est pas inutile ici) et ceux dont les parents le peuvent font donner des cours particuliers à leurs enfants.
La chance des Lettons c’est que, comme partout dans l’ex. URSS ; les fonctionnaires malgré leurs faibles revenus ont une conscience très poussée de leur mission de service public. Conscience que ne possèdent pas loin s’en faut les opportunistes nouveaux riches.





LITUANIE
La Lituanie en bref (données 2003): Capitale : VILNIUS Population : 3 800 000 hab. Superficie : 65 200 km² Densité : 56 hab./km² PIB : 14,7 milliards d’€ PIB / hab. : 8 700 € (moyenne Europe des 15 : 23 180 €) Taux de croissance : 7,7% (moyenne Europe des 15 : 1,5%) Taux de chômage : 9,3 (moyenne Europe des 15 : 7,4%). Pnb en milliard(s) de dollars : 10,38 Milliard(s) de dollars - Indice de Développement Humain (rang mondial) : 0,803 (47).
Taux d’inflation : 1,9% (moyenne Europe des 15 : 2,3%) Monnaie Litas lituanien- Abréviation internationale LTL - 1€ = 3,4528 LTL Groupe majoritaire : Lituaniens 80,6% Groupes minoritaires : Russes 9% - Polonais 7% Biélorusses 1,6%

LITUANIE
La Lituanie et l’Europe
Lors du référendum de mai 2003, près de 90% des lituaniens ont dit « oui » à l’adhésion.
Pour les Lituaniens, l’adhésion à l’Europe est un retour aux sources dans une Europe qui les a souvent maltraités mais à laquelle ils restent indéfectiblement attachés.
Comme nous serons bientôt compatriotes, essayons de savoir ce que nous reprochent les Lituaniens.
Eh bien tout d’abord notre assourdissant silence lors de l’annexion des républiques baltes par l’URSS en 1940 mais aussi notre peu d’empressement à leur tendre la main après l’indépendance de 1991.

Géographie
C’est le plus étendu et le plus peuplé des états baltes, c’est aussi le pays qui a les frontières les plus sensibles au sud avec l’enclave russe de Kaliningrad et à l’ouest avec la Biélorussie.
Au début de l’indépendance, être douanier sur ces nouvelles frontières était extrêmement dangereux. Les tracés n’étaient pas encore délimités mais surtout ni les Russes de Kaliningrad, ni les Biélorusses n’avaient alors accepté l’éclatement de l’Union soviétique. Les intrusions étaient fréquentes et d’autant plus sanglantes que la communauté internationale n’avait pas encore ratifié l’existence du nouvel état.

Religion
La Lituanie est le plus religieux des états baltes. Contrairement à la Lettonie et à l’Estonie majoritairement protestants, les lituaniens sont très fortement catholiques à l’image des polonais (et toujours avec le risque dérapages qui s’en suit. Par exemple, le ministère de la santé annonce un taux de contamination du virus HIV 4 à 5 fois moindre que chez ses voisins ce qui laisse les observateurs dubitatifs.).
Sont également pratiquées les religions orthodoxes et luthériennes. La très forte communauté juive d’avant guerre a quasiment disparu.

Economie
Bien que sévèrement touchée par la crise boursière russe de 1999, avec son taux de croissance insolent, le pays est comparé aux tigres d’Asie des années 80. C’est flatteur mais au point que certains ici craignent d’être un jour comparés aux tigres de papier. En effet, l’emballement de la croissance mérite une analyse plus détaillée.
70% du marché est désormais aux mains du secteur privatisé, ce qui ne va pas sans poser de problème parmi une population pourtant majoritairement hostile au communisme. En effet, le plupart des entreprises privatisées sont maintenant détenues par des étrangers, la population craint à la fois une perte de contrôle de son économie mais aussi déplore la dispersion de ce qu’elle considère son patrimoine.
La polémique s’est engagée lors de la vente de la raffinerie Mazeikai à un groupe américain. Transaction jugée contraire aux intérêts nationaux et condamnée par une majorité de Lituaniens qui en appellent à un moratoire sur les privatisations.
Premier producteur de lin dans le monde, la Lituanie s’inquiète pourtant pour son agriculture encore très traditionnelle mais qui emploie 20% des actifs. Comme dans les autres états baltes, la Pologne et la Slovaquie, rien ou presque n’a été fait pour préparer l’entrée du pays dans l’Europe verte. Il faut noter aussi le peu de pugnacité des nouveaux entrants pour défendre leurs paysans et la cécité de Bruxelles qui refuse d’imaginer un autre modèle agricole que le sien.
Vilnius s’est engagé à arrêter la centrale nucléaire d’Ignalina d’ici 2009. Cette centrale de type Tchernobyl fournit pourtant 70% de l’électricité du pays. Les lituaniens acceptent d’autant mal cette décision qu’il leur faudra en supporter le coût. Ils craignent surtout avec cette fermeture perdre leur indépendance énergétique.











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