miroirs-Michel Ange
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Michel-Ange Michelangelo Buonarroti
Sculpteur, peintre, architecte et poète italien (Caprese, près d'Arezzo, 1475 - Rome 1564).

Le jeune Buonarroti fréquente, à Florence, le très prospère atelier de Ghirlandaio et l'" école " du jardin de Saint-Marc de Laurent le Magnifique, où il peut se familiariser avec les antiques.
Michel-Ange a passé sa vie entre les deux grands centres artistiques de son époque, Florence et Rome
Buonarroti est à Rome en 1496 où il sculpte plusieurs œuvres et se voit honoré d'une commande en 1498, la fameuse Pietà, premier chef-d'œuvre monumental de l'artiste (Rome, Saint-Pierre), unanimement loué et qui frappe par son raffinement et la grâce adolescente de la Vierge, tout comme la Madone de Bruges (1506, Bruges, église Notre-Dame).

Michel-Ange retourne à Florence, où la fougueuse prédication de Savonarole - qui a pris le pouvoir avant d'être excommunié, puis brûlé en 1498 - a alourdi le climat, les Médicis ayant été chassés de la ville. Il signe en 1501 le contrat pour le David,érigé en 1504 place de la Seigneurie (Florence, Académie ; copie in situ), exprimant le haut idéal moral de la cité toscane redevenue pour un temps un brillant foyer culturel où le célèbre Léonard a exposé en 1501 le carton de la Vierge à l'Enfant avec sainte Anne et saint Jean-Baptiste (Londres, National Gallery).

Les deux artistes, qui ne s'aiment guère, se confrontent pour le décor à fresque de la salle du Conseil du Palazzo Vecchio, Michel-Ange avec le carton de la Bataille de Cascina, son rival avec celui de la Bataille d'Anghiari. Les œuvres ne seront pas exécutées ; en 1506, Léonard a regagné Milan.

C'est à cette époque que Michel-Ange achève la Sainte Famille avec saint Jean-Baptiste enfant, le fameux Tondo Doni (v. 1504-1506), seule peinture de chevalet de l'artiste aujourd'hui conservée (en dehors de deux œuvres conservées à la National Gallery de Londres à l'attribution incertaine et contestée). Le fond de cette composition pyramidale avec ses nus insolites annonce les travaux de la chapelle Sixtine.



La renommée de Michel-Ange le fait appeler à Rome par le nouveau pape, Jules II (1503-1513), qui lui confie l'exécution de son tombeau.

Michel-Ange entreprend la décoration à fresque de la chapelle Sixtine, en illustrant le livre de la Genèse. La partition de l'espace est complexe : la partie centrale de la voûte comporte cinq scènes (La Création de la femme, L'Ivresse de Noé) entourées chacune de quatre ignudi (les célèbres nus) ; entre ces scènes s'intercalent quatre compositions plus vastes (La Création de l'homme). L'ensemble, déjà démesuré, est ceinturé par les Prophètes et les Sibylles, encadrés de pilastres peints en grisaille et en trompe l'œil. Ouverte au public en 1512, la chapelle n'a cessé de susciter l'admiration. La restauration des fresques, achevée en 1990, a rendu l'ensemble encore plus saisissant en restituant l'audace de la palette et la vivacité des couleurs.

Après le sac de Rome en 1527 et le siège de Florence, Michel-Ange est appelé au Vatican par le nouveau pape Paul III (1534-1549) et peint le Jugement dernier, marqué par la terribilità de ses foisonnantes figures. Mais les temps ont changé et l'œuvre ne connaît pas l'accueil de la voûte de la Sixtine.

Dès 1490, Michel-Ange fut lié aux humanistes florentins Politien et Marsile Ficin, et ses premiers poèmes datent du tout début du siècle.
Après son installation à Rome, il est profondément marqué par une double passion, celle qu'il éprouve pour le jeune patricien Tommaso Cavalieri et celle, toute spirituelle, qu'il voue à la poétesse Vittoria Colonna, marquise d'Avalos et inspiratrice d'un cercle de religiosité néoplatonicienne.

Cette expérience de l'amour sublime lui inspirera sonnets et poèmes, et une douloureuse réflexion sur la mort. Celle-ci trouvera aussi son expression dans ses sculptures ultimes, dont la Pietà de Palestrina (1553-1555, Florence, Académie) et la Pietà Rondanini (Milan, Castello Sforzesco), inachevée, où la beauté tant célébrée paraît n'être plus que l'étreinte des corps souffrants, sont les plus bouleversants exemples. Michel-Ange déploie à la fin de sa vie une intense activité dans le domaine de l'architecture et assure, à la mort d'Antonio da Sangallo, la direction du chantier de Saint-Pierre et l'édification de la coupole (achevée bien après sa mort et modifiée) ; il dote le palais Farnèse d'une corniche puissante, restructure les thermes de Dioclétien (église Santa Maria degli Angeli), aménage la place du Capitole, dont les travaux seront achevés par Giacomo Della Porta. La publication de sa biographie par Vasari a également contribuéà la gloire de l'artiste, qui aura de grandioses funérailles à Santa Croce, à Florence.

C'est là, parmi les grands hommes de l'Italie, que repose ce génie saturnien et solitaire.




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