La maladie d’Alzheimer altère le fonctionnement des cerveaux. Il est dû à une dégénérescence de certaines cellules nerveuses.La maladie se caractérise par une mort progressive des cellules nerveuses. Au fur et à mesure que la maladie d'Alzheimer affecte une nouvelle région du cerveau, elle peut entraîner la perte de certaines fonctions. Les lésions débutent dans les zones du cerveau qui sont impliquées dans la mémoire puis elles s'étendent progressivement à d'autres régions qui interviennent dans le langage, les capacités gestuelles, le raisonnement,et de façon plus générale, la personne atteinte subit un changement de comportement et des difficultés croissantes dans sa vie intellectuelle et relationnelle. Perte de mémoire, trouble du langage et de la motricité, confusion mentale, incontinence, agitation, déambulation sont les manifestations de ce que l'on appelait jadis DEMENCE SENILE, et dont on sait aujourd'hui que, dans 80 % des cas, elles ont pour cause, non pas une détérioration vasculaire, mais une DESTRUCTION LOCALISEE des cellules cérébrales (protéine bêta-amyloïde et partéine TAU) mais dans tous les cas les anomalies résultent de la disparition sélective des récepteurs nicotinique neuronaux à l'acétyl-choline avec probablement implications des radicaux libres. Il s'agit d'un état démentiel caractérisé par l'atteinte massive de la mémoire et de l'orientation dans l'espace (mais non dans le temps) et par un syndrome aphaso-apracto-agnosique (en pathologie, dans la maladie d'Alzheimer, relatif à un stade final de la maladie où le sujet ne parle plus, ne comprend plus et ne reconnaît plus) contrastant avec l'absence de fabulation et de fausse reconnaissance, survenant soit progressivement, soit dans un tableau psychotique (mélancolie, bouffée délirante) autour de cinquante-cinq ans, donc bien avant l'âge de la démence sénile. Le malade est irritable, turbulent ; la conscience du trouble peut engendrer un état dépressif ; quand il y a des troubles neurologiques, ils sont de types extrapyramidal (trouble de la marche et du tonus) et épileptique. L'évolution se fait en quelques années vers la cachexie, démentielle et la mort. Bien que la maladie entraîne des changements, elle ne modifie pas la capacité de la personne à éprouver des sentiments comme la joie, la colère, la peur, l'amour ou la tristesse, et à réagir à ces sentiments. Il est impossible de rétablir les fonctions des cellules du cerveau endommagées par la maladie d'Alzheimer ; toutefois, il existe des traitements et des stratégies qui peuvent aider à la fois la personne atteinte de la maladie et son aidant principal. PLUS DE 855 000 PERSONNES MALADES Bien que décrite pour la première fois, en 1906, par le docteur allemand Aloïs Alzheimer chez un patient de moins de cinquante ans, la maladie qui porte son nom est en réalité rarissime à cet âge là. En revanche, elle concerne, selon les estimations, de 2 à 6 % des gens de plus de soixante-cinq ans, et près de 20 % des personnes de plus de quatre-vingts ans. Au stade de la démence, elle constitue la moitié des démences observées.Cette maladie survient donc après 60 ans, sauf exception très rares. En 2005 on comptait 855 000 personnes atteintes –ou apparentée- dont les trois quarts se trouvent en situation de maintien à domicile, 40 % des malades vivent dans des institutions, et aujourd'hui on dénombre 225 000 nouveaux malades par an. Si l'on inclut l'entourage familial ce sont ainsi près de trois millions de personnes qui sont directement touchées par la maladie d'Alzheimer. (1) La prévalence de la maladie d'Alzheimer, plus élevée chez la femme, augmente très fortement avec l'âge. Elle est de 1,5 % à l'âge de 65 ans et double tous les 4 ans pour atteindre 30 % à l'âge de 80 ans. Si les formes précoces de la maladie d'Alzheimer, survenant avant 65 ans, ne représentent que 5 % des cas, elles ont toujours des répercussions très importantes pour le malade et son entourage. La maladie d'Alzheimer et les troubles apparentés réduisent significativement l'espérance de vie avec une survie moyenne estimée à 5 ans à partir de l'établissement du diagnostic. Alzheimer touche aujourd'hui près de 10% des plus de 65 ans. Or, cette tranche d'âge qui représente actuellement 9,4 millions de personnes, a atteint les 14 millions d'individus (+ 48%) en 2025. (1) Chiffres : rapport parlementaire du 06 juillet 2005
LES PREMIERS SIGNES Il faut attendre vingt à vingt-cinq ans pour que les premiers symptômes montrent le bout de leur nez. Les plus connus sont les troubles de la mémoire. Mais attention, il ne s'agit pas d'avoir perdu ses clefs ou sa paire de lunettes, de ne plus se souvenir d'un nom ou de ne pas retrouver un mot de temps en temps. Les pertes amnésiques qui doivent alerter l'entourage sont d'un tout autre ordre. Lorsque le malade oubli un événement familial de première importance par exemple (mariage, deuil...), se perd sur un trajet qu'il connaissait depuis toujours, ne sait plus comment se servir d'un couteau ou ne parvient plus à s'orienter dans son quartier. Des problèmes de langage, le recours quasi systématique à des circonlocutions ou une perte de poids visible peuvent aussi mettre la puce à l'oreille. Certaines personnes ne pensent plus à se nourrir. AVOIR UNE BONNE HYGIENE DE VIE Les facteurs génétiques ne sont pas les seuls déterminants dans la maladie d'Alzheimer. Il existe une longue liste de facteurs environnementaux très courants qu'il est intéressant de connaître.Toutes ces conclusions ont été établies à partir de multiples études indépendantes. · L'obésité double le risque de développer une maladie d'Alzheimer. · L'excès de cholestérol ou l'hypertension multiple ce risque par six. · Un diabète accélère également le déclin cognitif. · Il en est de même pour toutes les maladies cardiovasculaires. · En revanche, l'usage d'antidiabétiques et d'anti-hypertenseurs prévient le risque. · Un taux élevé de HDL-cholestérol (" bon cholestérol ") aux âges moyens de la vie, influence positivement la santé cognitive, le LDL (" mauvais cholestérol ") ayant l'effet inverse. Et bon à savoir : une activité physique, une consommation modérée d'alcool et d'acides gras mono-insaturés (huile d'olive par exemple), permettent d'augmenter le HDL-cholestérol. · Une consommation régulière de fruits et légumes préserve les fonctions cognitives. · Il en est de même des activités physiques, même si elles sont légères à modérées comme la marche, mais également des activités mentales et sociales, qu'elles soient culturelles, politique ou manuelles. Finalement, l'arme contre la maladie d'Alzheimer est l'adoption d'une bonne hygiène de vie : 1. alimentation équilibrée riche en fruits et légumes et réduite en alcool, 2. lutte contre l'excès de poids, l'hypertension artérielle et l'excès de cholestérol, 3. activité physique, mentale et sociale régulière. La médecine dispose actuellement de plusieurs traitements, qui permettent
une amélioration des fonctions intellectuelles du patient mais ne guérissent pas la maladie. Parallèlement, différentes stratégies de stimulation des capacités cognitives retardent la perte d'autonomie. La recherche offre néanmoins des perspectives encourageantes, parmi lesquelles la mise au point d'un vaccin curatif. Les médecins disposent aujourd'hui de trois médicaments s'attaquant aux symptômes de la maladie d'Alzheimer. Ces composés permettent d'améliorer les facultés intellectuelles et le comportement des malades, sans toutefois les guérir. C'est dans un tel contexte qu'apparaissent en 1999 les premiers résultats d'une vaccination thérapeutique sur des souris. Des souris et des hommes Une souris senior pataugeant au milieu d'un labyrinthe aquatique… Curieux tableau plus digne d'un cirque que des premiers stades de l'un des plus formidables espoirs pour les 800 000 patients atteints de la maladie d'Alzheimer en France. Et pourtant… En 1999, Dale Schenk, chercheur à Elan Pharmaceuticals, une société américano-irlandaise, décide de travailler à la mise au point d'un vaccin.A l'origine de la maladie d'Alzheimer, on note l'accumulation anormale de peptides amyloïdes bêta (Aß), responsables de la formation des plaques amyloïdes caractéristiques des dégâts cérébraux. Produits en trop grande quantité, ils ne sont pas éliminés à un rythme suffisant. Ce chercheur a ainsi l'idée de stimuler le système immunitaire pour qu'il produise des anticorps qui désigneront les Aß come indésirables, rétablissant par la même occasion l'équilibre.Il restait à passer de la théorie aux premiers tests. Depuis le milieu des années 1990, les scientifiques disposent d'un modèle d'expérimentation animale : des souris génétiquement modifiées pour développer ces plaques amyloïdes caractéristiques. Schenk a ainsi vacciné des souris de six semaines. Résultats : le vaccin baptisé appelé AN-1792 les a complètement protégées contre la formation de plaques. Chez celles déjà malades, les plaques semblaient même disparaître. Le vaccin présentait donc des vertus préventives mais également curatives ! En décembre 2000, deux équipes (l'une de l'Université de Floride2, l'autre de l'Université de Toronto3) confirment ces résultats. Grâce à des tests cognitifs sur des souris, ils prouvent que la disparition de ces plaques réduit les pertes de mémoire liées à la maladie d'Alzheimer. Forts de ces résultats, les chercheurs ont commencé les premiers essais chez l'homme. Malheureusement plusieurs cas d'encéphalites se sont déclarés chez les volontaires. Les laboratoires irlandais et américains qui promouvaient l'essai ont préféré interrompre immédiatement les essais. Les recherches ont aussitôt repris afin de déterminer la cause de l'incident. Quoique les laboratoires restent discrets, on évoque la possibilité d'un problème d'ordre méthodologique. Elan Pharmaceuticals semble se montrer optimiste en tablant sur le lancement d'un nouvel essai dans 2 à 3 ans. Il est vrai que les enjeux de la mise au point d'un tel vaccin avive la concurrence entre chercheurs.
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