Le 11 février 1990, des millions de femmes et d'hommes à travers la planète regardent la télévision les yeux mouillés de larmes.Un homme, le plus vieux prisonnier politique du monde, sort de vingt-sept ans de bagne. Cet homme, Nelson Mandela, va devenir, en mai 1994, président de tous les Sud-Africains. Dans son discours d'investiture, il fixe le cap : " Construire une société dans laquelle tous les Sud-Africains, noirs et blancs, pourront marcher la tête haute, une nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde. " Imagine-t-on assez l'ampleur du défi pour ce pays alors saigné par l'une des plus grandes violences faite à l'humanité, l'apartheid ? Dix ans plus tard, l'Afrique du Sud est toujours sur ce chemin difficile, bataillant dans d'extrêmes contradictions pour éradiquer les discriminations, la violence, la pauvreté, l'analphabétisme, le sida, et défricher les voies de son développement.
LES ORIGINES La République d'Afrique du Sud, qui succède en 1961 à l'Union sud-africaine , est née de l'implantation au XVe siècle de colons néerlandais et britanniques, peuplée primitivement de Bochimans et de Hottentots , est progressivement envahie à partir du XVe siècle par les Bantous venus du nord.Les premiers établissements néerlandais de la Compagnie des Indes orientales sont créés à partir de 1652 et reçoivent, après la révocation de l'édit de Nantes (1685 ), le renfort de huguenots chassés de France. Ces colons, agriculteurs et éleveurs, utilisent des esclaves noirs locaux ou amenés d'Indonésie, de Malaisie et de Madagascar, avec lesquels ils se métissent souvent. Les Hottentots, repoussés par les éleveurs blancs, sont décimés en 1713 par une terrible épidémie de variole qui laisse le terrain libre aux Bantous. Hollandais et Bantous entrent en conflit lors de la guerre des Cafres (1779 ). Par ailleurs, la colonie subit le contrecoup des guerres révolutionnaires, qui permettent aux Britanniques de s'emparer du Cap, provisoirement de 1795 à 1803, puis définitivement en 1805 . AUJOURD'HUI Le 1er avril 1989 commence le processus d'indépendance de la Namibie, dont la réussite, au bout d'un an, semble montrer que l'Afrique du Sud peut opérer une transition démocratique sans heurts. Le 11 février 1990, Nelson Mandela , leader de l'ANC, principal mouvement d'opposition noir, détenu depuis plus de vingt ans, est libéré. Dès lors, une transition négociée commence : le Parti national accepte de céder le pouvoir alors que l'ANC renonce à l'essentiel de son programme de nationalisations et offre des garanties de sécurité aux anciens dirigeants. Après l'instauration d'une démocratie multiraciale et l'abolition de l'apartheid (30 juin 1991 ), Nelson Mandela est élu à la présidence de la République d'Afrique du Sud le 30 avril 1994, devenant le premier président élu au suffrage universel de la première puissance d'Afrique. Mais, en 1997, il abandonne la présidence de l'ANC et choisit en 1998 de ne pas solliciter le renouvellement de son mandat en 1999. Le vice-président Thabo Mbeki, dauphin désigné, lui succède en juin 1999, à l'issue d'un scrutin marqué par la victoire de l'ANC (66 % des voix), la chute du Parti national (il passe de 20,3 à 7,2 %) et la percée du Parti démocratique (DP) de Tong Leon (9,8 %). L'Inkatha, pour sa part, obtient 8,3 % des suffrages. Thabo Mbekidevra faire face à la montée des tensions sociales (la puissante confédération syndicale, la Cosatu, reproche au gouvernement de ne pas s'attaquer vraiment aux inégalités) et atteindre les objectifs de croissance (passer de 2 à 6 % par an) ainsi que la réduction du chômage (le taux de 29,3 % est le plus élevé depuis 1981). Il est également confronté à la revendication de la communauté afrikaner qui réclame un État blanc séparé. RESSOURCES Le sous-sol constitue la principale richesse de l’Afrique du Sud, qui possède les plus importantes réserves mondiales de platine, de chrome, de manganèse et d’or. Ce dernier est surtout extrait dans la région du Witwatersrand , où se trouve le plus riche gisement aurifère du monde, découvert en 1886.L’Afrique du Sud fournit le tiers de la production mondiale d’or. L’uranium est également extrait dans le Witwatersrand. D’importants gisements de charbon sont exploités au Transvaal et au Natal. L’Afrique du Sud est le cinquième producteur de diamants, dont la plupart proviennent de la région de Kimberley . Le sous-sol sud-africain est aussi riche en cuivre, nickel, amiante, chrome, fluor, phosphates, vanadium, étain, titane et en minerai de fer ; en revanche, il manque de réserves en hydrocarbures. Les contraintes du milieu naturel sont liées essentiellement au manque d’eau et au relief. En effet, les précipitations sont rares et surtout irrégulières occasionnant des périodes de sécheresse. En outre, le relief, marqué par de fortes pentes, et l’altitude entraînent une réduction du pourcentage des terres cultivables. VEGETATION ET FAUNE La flore d’Afrique du Sud varie selon le niveau des précipitations. La côte orientale, où les pluies sont les plus abondantes, se caractérise par une végétation tropicale, tandis que sur le littoral méridional dominent les conifères, les lauriers du Cap et les charmes. Le Highveld, presque entièrement déboisé, est couvert d’herbages. Dans le Transvaal , la végétation du plateau s’apparente davantage à celle de la savane , l’ouest étant couvert d’une végétation typique des zones arides. La faune sud-africaine comporte de nombreux mammifères, dont le lion, le zèbre, le léopard, le singe, le babouin, l’hippopotame et l’antilope. Aujourd’hui, la plupart d’entre eux se trouvent uniquement dans les réserves naturelles, dont l’une des plus remarquables est le parc national Kruger, jouxtant la frontière du Mozambique. Les eaux froides du littoral sud-africain sont très poissonneuses. LE CLIMAT Située, pour la plus grande part, sous le tropique du Capricorne, l’Afrique du Sud jouit d’un climat tropical, soumis cependant à de grandes variations en raison du rétrécissement du continent africain. L’influence océanique est importante et l’altitude est également un facteur prédominant, en particulier sur les hauts plateaux. Froid sur les reliefs, le climat est marqué par une saison sèche au nord. La façade orientale, soumise à la mousson, bénéficie des alizés provenant de l’océan Indien. Ces vents humides apportent, d’avril à octobre, environ 890 mm de précipitations annuelles de la plaine côtière jusqu’au Drakensberg. Les précipitations diminuent au fur et à mesure de leur progression vers l’ouest. Les deux tiers du pays reçoivent moins de 500 mm de pluie par an. Le Natal est un bon exemple de région soumise à un climat tropical, chaud et humide, favorable à l’agriculture. En revanche, la région du Cap , au sud-ouest, subit l’influence des vents occidentaux de l’océan Atlantique et possède plutôt un climat de type méditerranéen, avec des étés secs et des hivers humides, tandis que la région des Karroo est aride. Mais ce sont surtout les déserts du Kalahari et du Namib qui sont dominés par un climat semi-désertique et relativement froid. |
